S. Ir«îi., lih. IIJ, Contra httreê., cap. m
Appuyée sur ces solides fondement», l'Église gallicane a étô forte comme la tour de David. Quand le perfide Arius voulut renverser, avec la divinité du Fils de Dieu, le fondement de la foi prôchée par saint Pierre, et changer en création et en adoption la génération éternelle de ce Fils unique, cette superbe hérésie, soutenue par un empereur, ne trouva point de plus grand obstacle à ses progrès que .a constance et la foi de saint Athanase d'Alexandrie et de saint Hilaire de Poitvîrs ; et, malgré l'inégalité de ces deux sièges, les deux évêques furent égaux en gloire comme ils l'étaient en courage.
Pour perpétuer cette gloire d© l'Église gallicane, le célèbre saint Martin fut élevé sous la discipline de saint Hilaire, et cette Église, renouvelée par les exemples et par les miracles de cet homme incomparable, crut revoir le temps des apôtres, tant la Providence divine fut soigneuse de réveiller parmi nous l'ancien esprit et d'y faire revivre les premières grâces.
Quand le temps fut arrivé que l'empire romain devait tomber en Occident, et que la Gaule devait devenir France, Dieu ne laissa pas longtemps sous des princes idolâtres une si noble partie de la chrétienté; et, voulant transmettre aux rois des Français la garde de son Église, qu'il avait confiée aux empereurs, il donna non-seulement à la France, mais encore à tout l'Occident, un nouveau Constantin en la personne de Glovis. La victoire miraculeuse qu'il envoya du ciel à ces deux princes guerriers fut le ^age de son amour, et le glorieux attrait qui leur fit embrasser le christianisme. La foi fut victorieuse et la belliqueuse nation des Francs connut que le Dieu de Glotilde était le vrai Dieu des armées.
Alors saint Rémi vit en esprit qu'en engendrant en Jésus-Christ les rois de France avec leur peuple, il donnait à l'Église d'invincibles protecteurs. Ce grand saint et ee nouveau Samuel, appelé pour sacrer les rois, sacra ceux-
ûi, comme il le dit lui-môrae, pour ôtre « les perpétuels défenseurs de TÉglise et des pauvres* : » digne objet de la royauté. Après leur avoir enseigné à faire fleurir les Églises et à rendre les peuples heureux (croyez que c'est lui-même qui vous parle, puisque je ne fais ici que réciter les paroles paternelles de cet apôtre des Français), il priait Dieu nuit et jour qu'ils persévérassent dans la ibi, et qu'ils régnassent selon les règles qu'il leur avait données, leur prédisant en môme temps qu'en dilatant leur royaume, ils dilateraient celui de Jésus-Christ; et que, s'ils étaient fidèles à garder les lois qu'il leur prescrivait de la part de Dieu ', l'empire romain leur serait donné ; en sorte que des rois de France sortiraient des empereurs dignes de ce nom, qui feraient régner Jésus- Christ.
Telles furent les bénédictions que versa mille et mille fois le grand saint Rémi sur les Français et sur les rois, qu'il appelait toujours ses cbers enfants ; louant sans cesse la bonté divine de ce que, pour affermir la foi naissante de ce peuple béni de Dieu, elle avait daigné, par le ministère de sa main pécheresse, c'est ainsi qu'il parle, renouveler, à la vue de tous les Français et de leur roi, les miracles qu'on avait vus éclater dans la première fondation des Églises chrétiennes. Tous les saints qui étaient alors furent réjouis; et dans le déclin de l'empire romain ils crurent voir paraître dans les rois de France « une nouvelle lumière pour tout l'Occident : In otcidvis •pattibus nom ji*-
aris lumen effuîgurat*; » et non-seulement pour tout l'Oo ient, mais encore pour toute l'Église, à laquelle ce rou-
eau royaume promettait de nouveaux progrès. C'est ce jue disait saint Avite, ce docte et saint évoque de Vienne,