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autoriser les révoltes ; qu*il faut révérpr l'ordre du ciel, et le caractère du Tout-Puissant dans tous les princes, quels qu'ils soient; puisque les plus beaux temps de l'Église nous le font voir sacré et inviola-ble , même dans les princes persécuteurs de l'Évangile. Ainsi leur couronne est hors d'atteinte ; l'Église leur a érigé un trône dans le lieu le plus sûr de tous et le plus inaccessible, dans la conscience môme où Dieu a le sien ; et c'est là le fondement le plu» assuré de la tranquillité publique.
Nous leur dirons donc sans crainte, môme en publiant leurs bienfaits, qu'il y a plus de justice que de grâce dans les privilèges qu'ils accordent à l'Église; et qu'ils ne pouvaient refuser de lui faire part de quelques honneurs de leur royaume, qu'elle prend tant de soin de leur conserver. Mais confessons en même temps qu'au milieu de tant d'ennemis, de tant d'hérétiques, de tant d'impies, de tant de rebelles qui nous environnent, nous devons beaucoup aux princes qui nous mettent à couvert de leurs insultes ; et que nos mains désarmées, que nous ne pouvons que tendre au ciel, sont heureusement soutenues par leur puissance.
Il le faut avouer, messieurs, notre ministère est pénible ; s'opposer aux scandales, au torrent des mauvaises mœurs, et au cours violent des passions qu'on trouve toujours d'autant plus hautaines qu'elles sont plus déraisonnables, c'est un terrible ministère, et on ne peut l'exercer sans riguear. C'est ce que nos prédicateurs, assemblés dans les conciles de Thionville et ds Meaux, appellent « la rigueur du salut des hommes, » rigorem saluîig humana^. L'Église assemblée dans ces conciles demande l'assistance des rois pour exercer plus facilement cette rigueur salutaire au genre humain; et convaincue par expérience du besoin qu'elle a de leur protection pour aider les AiDeg
t, Gaoe. ad Theodon. ril., ean. yi; Conc. Nal.; Gone. Meld., un. in.
SUR L'UNITE DP L'KOLISE Hl
Infirmes, c'est-à-dire le plus grahd nombre de ses enfants, elle ne se prive qu'avec peine de ce secours ; de sorte que la concorde du sacerdoce et de l'empire , dans le cours ordinaire des choses humaines, est un des soutiens de l'Église eJt fait partie de cette unité qui la rend si belle.
Car qu'y a-t-il de plus beau que d'entendre un saint empereur dire à un saint pape : « Je ne vous puis rien refuser, puisque je vous dois tout en Jésus-Christ : Nihil tibi wgare possum, cui per Beum omnia debeo^. Tout ce que votre autorité paternelle a réglé dans son concile pour le rétablissement de l'Église, je le loue, je l'approuve, je le confirme comme votre fils ; je veux qu'il soit inséré parmi les lois, qu'il fasse partie du droit public, et qu'il vive autant que l'Église : et in œternum mansura, et humanis solemniter îegibus inscribmda, et inter publica jura semper recipienda hac auctoritate, vivente Ecclesia, victura ! » ou d'entendre un roi pieux dans un concile, c'était un roi d'Angleterre; ahl nos entrailles s'émeuvent à ce nom, et l'Église, toujours mère, ne peut s'empêcher dans ce souvenir de renouveler ses gémissements et ses vœux ; passons et écoutons ce, saint roi, ce nouveau David, dire au clergé assemblé : « Ego ComtorUini, vos Pétri gJadium habeiù inmanibus; jungamus dexteras, gladium gladio copulemus*: J'ai le glaive de Constantin à la main, et vous y avez celui de Pierre; donnons-nous la main, et joignons le glaive au glaivto ; que ceux qui n'ont pas la foi assez vive pour craindre les coups invisibles de votre glaive spirituel tremblent à la vue du glaive royal. Ne craignez rien, saints évoques ; si les hommes sont assez rebelles pour ne pas croire à vos paroles, qui sont celles de Jésus* Christ, des châtiments rigoureux leur en feront, malgré
i. Henric. II a'I Bened, VU.
î, Eadg.. Ora(. ad BUr.
qu'ils en aient, sentir la force, et la puissance royale me vous manquera jamais ! »
A cet admirable spectacle, qui ne s'écrierait encore une fois avec Balaam : Quam pulchra tabernacula tua, Jacob I 0 Église catholique, que vous êtes belle I le Saint-Esprit vous Anime, le saint- siège unit tous vos pasteurs, les rois font la garde autour de vous : qui ne respecterait votre puissance ?
SECOND POINT
Paraisse» maintenant, sainte Église gallicane, avec vos évoques orthodoxes et avec vos rois très-chrétiens, et venez servir d'ornement à l'Église universelle. Et vous, Seigneur tout-puissant, qui avez comblé cette Église de tant de bienfaits, animez-moi de ce même esprit dont vous remplîtes David, lorsqu'il chanta si noblement les grâces de l'ancien peuple ; afin qu'à son exemple je puisse aujourd'hui, avec tant d'évêques et dans une si grande assemblée, célébrer vos miséricordes éternelles : Quoniam bonus, quoniam in œternum misericordia ejus^. C'est vous, Seigneur, qui excitâtes saint Pierre et ses successeurs à nous envoyer dès les premiers temps les évoques qui ont fondé nos Églises. C'était le conseil de Dieu que la foi nous fût annoncée par le saint-siége ; afin qu'éternellement unis par des liens particuliers à ce centre commun de toute l'unité catholique, nous pussions dire avec un grand archevêque de Reims : « La sainte Église romaine, la mère, la nourrice et la maîtresse de toutes les Églises, doit être consultée dans tous les doutes qui regardent la foi et les mœurs, principalement par ceux qui, comme nous, ont été engendrés en Jésus-Christ par son ministère, et nourris par elle du lait de la doctrine catholique*.*
i, Ps, crxxT, 1.
t- HiBoœ., Df ditm-l. Loth. et Te.tb.
ïl est vFiii qu'il nous est venu d'Oriajit. et par le ministère de saint Polycarpe, une autre mission qui ne nous g pas été moins fructueuse. C'est de là que nous avons eu le vénérable vieillard saint Pothin, fondateur de la célèbre Église de Lyon; et encore le grand saint Irénée, successeur de son niartyre aussi bien que de son siège ; Irénée digne de son nom, et véritablement pacifique, qui fut envoyé à Rome et au pape saint Éleutbère de la part de l'Église gallicane * ; ambassadeur de la paix, qui, depuis, la procura aux saintes Églises d'Asie, d'où il nous avait été envoyé; qui retint le pape saint Victor, lorsqu'il les voulait retrancher de la communion ; et qui, présidant au concile des saints évêques des Gaules, dont il était réputé le père, fit connaître à ce saint pape, qu'il ne fallait pas pousser toutes les affaires à l'extrémité, ni toujours user d'un droit rigoureux'. Mais comme l'Église est une par tout l'univers, cette mission orientale n'a pas été moins favorable à l'autorité du saint-siége, que ceux que le saint-sit'ge avait immédiatement envoyés; et le môme saint Irénée a prononcé cet oracle révéré de tous les siècles' : « Quand nous exposons la tradition que la trèsgrande, très-ancienne et très-célèbre Église romaine, fondée par les apôtres saint Pierre et saint Paul, a reçue des apôtres, et qu'elle a conservée jusqu'à nous par la succession de ses évoquer, nous confondons tous les hérétiques; parce que c'est avec cette Église que toutes les Églises et tous les fidèles qui sont par toute la terre doivent s'accorder, à cause de sa principale et excellente principauté, et que c'est en elle que ces mômes fidèles, répandus par toute la terre, ont conservé la tradition qui vient des apôtre?. »