‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 42 sur 223 · Conc Lentov. II. sess. n · texte numérisé non relu

Conc Lentov. II. sess. n

î. Ibid.

France de proposer les canons, c'a toujours été la coutume du saint-siége d'écouter volontiers de tels discours, et le môme concile nous en fournit un exemple mémorable. Un évêque * s'était plaint au même pape Jean XVIII d'une Rbsolution que ce pape avciit mal donnée au préjudice de la sentence de cet évoque. Le pape lui fit cette réponse vr&imont paternelle, qui fut lue avec une incroyable congoidtion de tout le concile' : a C'est votre faute, mon trèscher frère, de ne m'avoir pas instruit; j'aurais confirmé votre sentence , et ceux qui m'ont surpris n'auraient remporté que des anathèmes. A Dieu ne plaise, poursuit-ib qu'il y ait schisme entre moi et mes coévêquesl Je déclare à touc mes frères les évoques que je veux les consoler et les secourir et non pas les troubler ni les contredire dans l'exercice de leur ministère. » A ces mots, tous les évoques se dirent les uns aux autres : « C'est à tort que nous osons murmurer contre notre chef; nous n'avons à nous plaindre que de nous-mêmes et du peu de soin que nous prenons de l'avertir. »

Vous le voyez, chrétiens, les puissances suprêmes veulent être instruites , et veulent toujours agir avec connaissance. Vous voyez aussi qu'il y a toujours quelque chose de paternel dans le saint-siége et toujours un fond de correspondance entre le chef et les membres, qui rend la paix assurée, pourvu qu'en proposant la règle on ne manque jamais au respect que la même règle prescrit, L'Église de France aime d'autant plus sa mère l'Église romaine, et ressent pour elle un respect d'autant plus sincère, qu'elle y regarde plus purement l'institution primitive et l'ordre de Jésus-Christ. La marque la plus évidente de l'asjistance que le Saint-Esprit donne à cette mère des Églises, c'est de la rendre si juste et si modérée, que jamait

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