LA. PROVIDENCE
PBÉCHÉ k LÀ GOQB
Sagesse cachée que la foi nous découvre dans le gouvernement dn monde. Mystère du conseil de Dieu dans les désordres qu'il permet. Sage économie de cet univers. Pourquoi Dieu ne précipite pas l'exé- Oution de ses desseins. Différence des biens et des maux; raisons de la conduite que Dieu tient à l'égard des bons et des méchants. Sentiments que la foi de la Providence doit nous inspirer.
Filt, reeordare quia recepisti bona in vita tua, Lazarus similiter mala; yiun^ autem hic consolatur, tu vero cruciarit.
Mon fils, souvenei-vous que tous avez reça vos biens dans votre vie, et que Lazare n'y a eu que des maux; c'est pourquoi il est maintenant dans sa consolation, et >ous dans les tourments.
Luc, XVI, 25.
Nous lisons dans l'histoire sainte' que le roi de Samarie ayant voulu bâtir une place forte, qui tenait en crainte et en alarmes toutes les places du roi de Judée, ce prince assembla son peuple et fît un tel effort contre l'ennemi, que non-seulement il ruina cette forteresse, mais qu'il en fit servir led matériaux pour construire deux grands châteaii.2 par lesquels il fortifia sa frontière.
1 Ul^Reg., X7, i7-*«
Je médite aujourd'hui, messieurs, de faire quelque chose de semblable; et, dans cet exercice pacifique, je me propose l'exemple de cette entreprise militaire. Les libertins déclarent la guerre à la providence divine, et ils ne trouvent rien de plus fort contre elle que la distribution des biens et des maux, qui paraît injuste, irrégulière, sans aucune distinction entre les bons et les méchants. C'est là que les impies se retranchent comme dans leur forteresse imprenable, c'est de là qu'ils jettent hardiment des traits contre la sagesse qui régit le monde, se persuadant faussement que le désordre apparent des choses humaines rend témoignage contre elle. Assemblons-nous, chrétiens, pour combattre les ennemis du Dieu vivant; renversons les remparts superbes de ces nouveaux Samaritains. Non contents de leur faire voir que cette inégale dispensation des biens et des maux du monde ne nuit en rien à la Providence, montrons au contraire qu'elle l'établit. Prouvons, par le désordre même, qu'il y a un ordre supérieur qui rappelle tout à soi par une loi immuable, et bâtissons les forteresses de Juda des débris et des ruines de celle de Samarie. C'est le dessein de ce discours que j'expliquerai plus à foHd après que nous aurons imploré, etc.
Le théologien d'Orient, saint Grégoire de Nazianze*, contemplant la beauté du monde, dans la structure duquel Dieu s'est montré si sage et si magnifique, l'appelle élégam- .\ient en sa langue, le plaisir et les délices de son Créateur. Il avait appris de Moïse que ce divin Architecte, à mesure qu'il bâtissait ce grand édifice, en admirait luioiôme toutes les parties : Vidit Deu$ lucem quod esset bona*; t Dieu vit que la lumière était bonne ; » qu'en ayant composé le tout il avait encore enchéri, et l'avait trouvé « parfaitement beau :» M^ fifafU valde bom^; piiiin qu'ii avaii
i. Orat. JÎ.XXIT.
«. Gènes., i, 4.