‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 85 sur 223 · Ps. Lxxxm · texte numérisé non relu

Ps. Lxxxm

4. Foiiis acies mentis et végéta, cum multa vera et incommutabilia c«rta ratione couspeierit, dirigit se in ipsam veritatem qua cuncta monstrantur, eique inhaerens tanquam obliviscitur caetera, et in illa simul omnibus friiitur *... Da toto mundo ad se conversis, qui diligunt eam, omnibus proxima est, omnibus sempitema : nullo loco est, niisquam deest : loris admonet, intus docet; cernentes se commutât omues in melius, a nullo in deterius commutatur : nulhiL de illa judicat, nuUus sine illa judicat beue **... Mentes nostrœ aliquando eam plus vident, aliquando minus, et ex hoc fatenlur so esse mutabiles; cum illa in 6e manens nec proliciat cum plus a nobis videlur, nec deflciat cum minus, scii /ûtegra et inconupta, et cûuversos latificet luraine, et aversos pmniat caBcita'e**".

• S. Aug., De lib. arb., lib. II. n" 86. "• Ibid., u" 33.

•*• Ibid. n» 84.

jouir dans la vérité seule de toutes choses à la fois. La vérité est proche de tous ceux qui du monde entier se convertissent à elle par amour sincère; elle est éternelle pour tous; sans être dans aucun lieu, elle n'est jamais absente. Elle avertit au dehors, elle enseigne au dedans. Elle change en mieux tous ceux qui la voient, et ne peut être changée en mal par ceux qui l'approchent. Personne ne la juge» personne ne juge bien sans elle. Nos esprit la voient tantôt plus, tantôt moins; et de là môme s'avouent muables, puisque la vérité, demeurant en soi-même toujours immuable, ne gagne rien quand nous la voyons davantage , et ne perd rien quand nous l'apercevons aïoins. Mais, toujours entière et inaltérable, elle réjouit par sa lumière ceux qui se tournent vers elle, et punit par l'aveuglement ceux qui lui touraent le dos. »

Rien de plus harmonieux que la vérité : nulle mélodie plus douce, nul parfum plus agréable, non [pour] ceux qui voient la superficie...

Qui ne désire pas? qui ne gémit pas? qui ne soupire pas dans cette vie ? Toute la nature est dans l'indigence. Gloire, puissance, richesse, abondance : noms superbes etmagnitiques, choses vaines et stériles. Les biens que le monde donne accroissent certains désirs et en poussent d'autres, semblables à ces viandes creuses et légères qui, pour n'avoir que du vent et non du suc ni de la substance, enflent et ne nourrissent pas, et amusent la faim plutôt qu'elles ne la contentent. Les gmndes fortunes ont des besoins que les médiocres ne connaissent pas. Cette avidité de nouveaux plaisirs, de nouvelles inventions, marque de la pauvreté intérieure de l'âme. L'ambition compte pour rien tout ce qu'elle tient. Ne vous laissez pas éblouir à ces apparences: ce qui est richement couvert par le dehors n'est pas toujours rempli au dedans, et souvent ce qui semble regorger est vide.

Voulez-vous entendre 1r plénitude de la joie des saintsi AlleluiA, Amen. Louange à Dieu, ils ne prient plus, ils n«!

gémissent plus : In patna nullus orandi lùcus, sed tantum laudandi ; quia nihil deest : quod hic creditur, ibi videtur ; quad hic petiturj ibi accipitur * ; « Dans la patrie il n'y a plus lieu à la pl'ière, mais seulement à la louange, parce qu'on n'y manque de rien : ce qu'on croît ici, là on le voit; ce qu'on demande ici, là on le reçoit. » La créature ne soupire plus et n'est plus dans les douleurs de l'enfantement. Elle ne dit plus : « Malheureux homme que je suis! qui me délivrera de ce corps de mort *? » Elle loue, elle triomphe, elle rend grâces. Amen, Est verum : tota actio îiostra. Amen et Alléluia erit * : « ^wie?i, Gela est vrai, toute notre action sera un Amen^ un Alléluia. »

V. * Mais n'allez pas vous attrister en considérant ces choses d'une manière toute charnelle, et ne dites pas ici que si quelqu'un entreprenait, étant debout, de répéter toujours, Amen, Alléluia, il serait bientôt consumé d'ennui, et s'endormirait enfin tout en répétant ces paroles. Cet Amen, cet Alléluia ne seront point exprimés par des sona qui passent, mais par les sentiments de l'âme embrasée

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