S Aug., berm. cccLxn, n
4. Sed uolite iterum carnali cogitatioae contristari, quia si forte aliquls ve»t^um steterit et diierit quotidie Amen et Alléluia, taedio marcescet et in îpsi» vocibus dormitabit. Non sonis transeuntibus dicemus Amen, Alléluia, sed affecta animi. Qiiid e>i enim Amen? quid Alléluia? .'.men, Est verum : Alléluia, Laiidate Deum... Deus veritas est, incommutabilis, sine defectu, sine pro vectu, sine deirimento, sine augmente, sine alicajus falsiiatis inclinatione, perpétua et stabilis, et semper incorruptibilis manens... Amen utique dicemus, sed insatiabili satietate. Quia enim non décrit aliquid, ideo saiietas : quia verc illud quod non deerit semper deleciabit, ideo quaedam, si dici potest, insatiabilis satietas erit. Quam ergo insatiabiliter satiaberis veriiate, tara insatiabili veritate dices : Ame.; * .. Vacate et videte... sâbb?>tum perpeinum **... Et bac erii vita sanctorum, haec actio quietorum ***... Stabilitis ibi niagiia erit, et ipsa iiomorialitas corporis nostri jam suspendelnr in contemplatione Dei... Noli timete ne uon possis semper laudare qnem seuiper pteris amîvre •***.
• s. Aug., serm. cccLxii, n» 89, ubi .uyr».
•• Ibid., n» 28.
«• Ibid., n« 30.
*»»• In Pml. J.X3txiii. H» §
POUR LA FÊTE DE TOUS LES SAINTS 5ta
J'amour. Car que signifie cet Jmm? que veut dire cet Alléluia ? Jmen, Il est vrai ; Jlleluia, Louez Dieu. Dieu est la vérité immuable, qui ne connaît ni défaut ni progrès, ni déchet ni accroissement, ni le moindre attrait pour la fausseté : éternelle et stable, elle demeure toujours incorruptible. Ainsi nous dirons effectivement Amen^ mais avec une satiété insatiable : avec satiété, parce que nous serons dans uae parfaite abondance ; mais avec une satiété toujours insatiable, si l'on peut parler ainsi, parce que ce bien, toujours satisfaisant, produira en nous un plaisir toujours nouveau. Autant donc que vous serez insatiablement rassasié de la vérité, autant direz-vous par cette insatiable vérité : Amen, 11 est vrai. Reposez-vons et voyez : ce sera un sabbat continuel. Et telle sera la vie des saints, telle l'action de leur paisible inaction. Là il y aura une grande stabilité, et l'immortalité même de notre corps sera attachée à la contemplation de nctre Dieu. Ne craignez donc pas de ne pouvoir toujours louer celui que vous pourrez toujours aimer. »
a * Quand on dit que tout le reste nous sera désormais
1. Quando dicitur quod cœtera subtrahnntur et solu» Deus erit quo delectemiir, quasi angustatar anima quœ consiievit mnltis delectari, et dicit ..ibi anima carnalis, caini addicta, visco malaram cupiditatum involutas pennas habens ne volet ad Denm, dicit sibi : Quid mihi erit ubi non manducabo, ulji non bibam, obi cum uxore non dormiam? qiuJe gaudium mibi tune eritf Hoc gaiitliimi tuum de œgritudine est, non de sanltate... Sunt quadam œgrotantium desideria: ardent desiderio ant alicujus fontis aut alicujus pouii, et sic ardent ut existinient quia... frui debeant desideriis suis. Venit sanitas, et i erit cupiditas : quod desiderahat, fastidit; quia hoc in il'o febris quaerebat... Cum njuiia sint «grotantium desideria quae ista sanitas toliil :... sic omnia tollit iniiaûiUliti4>., quia sanitas nostra imùortalitas est •.
Spes lactat nos, nutrit nos, confirmât nos.
Bossuet avait placé dans son màunsci it ces textes latins dans l'ordre où nOŒ les rangeons ici. C'étaient autant de matériaid qui devaient servira compléter son discours : ils nous ont paru mériter d'être ici donnés de suite, pour mieux faire sentir le dessein de l'auteur, qui en avait lui-même mis en français qu«i. ques phrases, que nous axons eu soin de conserver dias notre t iduction. (Édit de Léloris.^
* S. Avig., serm. cclii. n» 7
soustrait, et que Dieu fera le sujet continuel de notre délectation, l'âme, fctccoutumée à se délecter dans la multiplicité deF objets, se trouve comme angoissée. Cette âme charnelle, attachée à la chair, dont les ailes engluées par ses mauvaises cupidités l'empêchent de voler vers Dieu, se dit : De quoi jouirai-je quand je ne mangerai,- ne boirai, ni ne vivrai plus avec ma femme? quel plaisir me restera-t-il alors ? C'est la maladie et non la santé qui vous fait goûter ce plaisir imaginaire. Les malades sont sujets à certaines envies : ils brûlent d'ardeur pour une telle eau, ou pour un fruit de telle espèce, et les souhaitent si passionnément qu'ils s'imaginent devoir jouir de l'objet de leur désir. La santé revient, et ces appétits s'évanouissent. Le malade commence d'avoir du dégoût pour les choses qui lui causaient un appétit si immodéré, parce que ce n'était pas lui, mais la fièvre, mais la maladie qui cherchait ces choses. Or, comme il y a beaucoup de désirs de malades que la santé dissipe, ainsi l'immortalité enlève toutes les cupidités, parce que notre santé consiste dans l'immortalité. L'espérance nous allaite, nous nourrit, nous fortifie. »
Les esprits inquiets n'entendent pas cette joie, «t Ce peuple inquiet qui veut toujours être en mouvement et ne sait point se reposer ne plaît point au Seigneur : » Ilœc dicit Dominus populo qui dilexit movere pedes suas, et non quievit, et Domino nonplacuit^. « Goûtez et voyez. Restez en repos et voyez : « Gustate et videte. Vacate et videte *. Ils ne connaissent point d'action sans agitation, et ne croient pas s'exercer s'ils ne se tourmentent : Vcucate et videte : « Restez en repos et voyez. » Action paisible et tranquille. Voulez-vous, mes frères, que je vous «n donne quelque idée? Souffrez que je voua fasse réflè-