‹ Sermons choisis de J. Saurin sur divers textes de l'Ecriture sainteChapitre 17 sur 33 · XXX NOTICE · texte numérisé non relu

XXX NOTICE

peuple» sotdaU^^itoyens, paaieiirS) troupdav, Yesec^ fléchis8(Hi8 le genou devaut le fiMMiaHpie du monde! £t Vous, voléea d'oiseaux, sonos rongeants, soin» dé la terre, él(Mgnex*Tou$ et ne troublez point notre sacrn Hce. »

. Gomment le cardinal Maury, cet appréciateur si fin de la véritable éloquence, et qui d'ailleurs, le premier parmi les catholiques, a reconnu lé génie de Saurîn, a44l pu se méprendre au pdnt de voir un cri de haine dans cette apostrophe brûlante à Louis XIV, et d'appeler ce vobu magnanime du persécuté pour* ié persécuteur une diatribe forcenée? N'est-on pas tenté de croire qu'en lisant le premier mot, ce mol de prince redoutable, il a fermé le livre avec colère? Od est l'imprécation sauvage? où est ht malédietion Airieuse? Nous n'en voyons pas trace dans cette admirable prière, ni dans aucun autre passage du prédieateur exilé.

Nous pourrions multiplier ces citations, pour faire connaître Saurin sous les aspects les plue divers. Nous pourrions en ajouter surtout dans lesquelles son talent revêt une forme plus tendre et plus touchante. Sa belle âme semble respirer tout entière dans celte exclaination à la fois si simple et si pathétique : Vous m'mmez, et je meurs. Qu'on juge de l'action que dut exercer cette voix inspirée qui retentit pendant vingtrcinq ans sous les voûtes du temple de La Haye! Rien n'en saurait donner une idée, si ce n'est la vénération profonde et le culte pieux dont la mémoire du grand orateur, sans cesse ravivée par

SUR JACOOBS «AORIN. XXHt

la toetufe de «es éorilÀi on raités «itoiiréê m Hol* lande.

11 faut le dire cependant : les dUcours de Sauriii ne sont pas exifflnpts de lâches. On peut lui reprocher des longueurs, des répétition^, la sécheresse de la forme et rabiis de rérudition. Ses beautés vives et naturelles ne eadbent ppts toujours suffisamment des expressions fapuilières et même négligées. On sent plus d*une fois, en lisant ses sermons, qu'ils ont été composés à TétTHnger. Des mots impropres ou viallis font pressentir le style réfugié qui prévaudra bientôt parmi lès exilés. Saurin ne niait pas lui-ménie cette ihfériortté relative. € 11 est difficile» dit*41» que ceux qui ont sacrifié leur putrie a leiir religion parlent leur langue avec pureté. Depuis trente années que nous sommes exilés du lieu de notre naisslince..** nous avons sans doute adopté les phrases des peuples qui nous ont recueillis. » Cet aveu prouve qu*il connaissait le danger et qu'il a essayé de le combattre. S'il n'a pas pleiriement réussi, si lé fils de l'ancien secrétaire de l'Académie nimoise, que l'on consultait à Genève comme un oracle sur la langue française, n'a plus déjà cette exquise pureté de forme qui distinguait le siècle classique de notre |ittératut*e nationale^ la faute en est au milieu dans lequel il était fercé de vivre, et il serait injuste de l'imputer trop sévkràient à l'écrivain proscrit.

, Là oollection complète des sermons de Saurin forme douze volumes, dont cinq seutemeni Airent publiés dit vivanidérauleu^. iiss sept autres furent édités iprès sa mort par son li)B» Us sont inférieurs atix premiers.

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