AU TROISIÈME CIEL
JecoDDaîs un kommo en Christ qui fut ravi jusqu'au troisième rîel, il y a plus de qùatorfe ans; si co fot en sed corps, je Ae sais -, ai cdfut sans ce eorpa, je ne sais : Dieu le sait. Et je sais que cet homme, si co fut en son corps ou si ce fut sans son corps, je ne sais, Dieu lé sait, fili ravi dans le paradis, et y eriieUdlt des paroles ineffables, qu'il n'est pas poiaible d'«sprimer.
s. CdH. XII. s, S; 4.
S'il y a dans nos Ëcritures un texte capable d'embraser, et en même temps de mortifier la curiosité humaine, c'est celui que vous venez d'entendre; nous ne parlons pas d'une curiosité vaine et téméraire, nous parlons même d'une curiosité fondée en apparence sur la raison et sur la justice. Une des principales causes du peu d'ardeur que nous avons pour les biens célestes, c'est qu'il n'y a aucun témoin d'expérience, qui, après en avoir goûté les douceurs, nous en ait donné des idées claires et distinctes; il est difficile d'aimer ce que l'on ne connaît point : saint Paul semble avoir été ré- «ervé de Dieu pour suppléer à ce défaut, et pour remplir, s'il faut ainsi dire, ce vide de la religion ; par une
économie surnaturelle, il va dans l'autre monde avant la piort; il en revient avant la résurrection universelle : toute r Église attentive lui demande un détail touchant l'autre vie : et comme les Israélites, après avoir envoyé des espions dans la terre promise, brûlaient du désir de les voir et de les entendre, afin de sayoir si ce pays méritait les travaux qu'il fallait endurer pour y arriver; de même les chrétiens attendent que saint Paul leur dise ce qu'est cette félicité, dans laquelle ils sont appelés à entrer par une porte si étroite : ils semblent tous lui demander: Qu'avez-vous ouï? Qu'avez-vous vu ? afin de décider sur son rapport la grande question, s'ils travailleront encore à surmonter les obstacles qui se rencontrent dans le chemin du salut, ou s'ils en abandonneront le dessein. Mais saint Paul ne répond point à cette attente; il garde un profond silence sur les objets qui ont été offerts a son esprit; il ne parle de son ravissement que pour confondre ces faux docteurs qui méprisaient son ministère : et pour toute description du païadis, il nous fait l'aveu de l'impuissance <îù il est de le décrire. « Je connais un homme en Christ (un homme en Christ, c'est-à-dire un chrétien, et l'apôtre se désigne ainsi lui-même); je connais un homme en Christ qui fut ravi jusqu'au troisième ciel il y a plus de quatorze ans; si ce fut en son corps, je ne sais; si ce fut sans son corps, je ne sais , Dieu le sait. Et je sais que cet homme, si ce fut en son corps ou si ce fut sans son corps, je ne sais, Dieu le sait, fut ravi dans le paradis, et y entendit des paroles ineffables, qu'il n'est pas possible à l'homme d'exprimer. »
Nous nous proposons aujourd'hui, mes frères, de travailler à résoudre la difficulté qui naît de ce silence de l'apôtre : nous nous proposons d'agiter cette singulière
mais intéressante question ; pourquoi la félicité céleste est-elle ineffable? pourquoi « n'est-il pas permis à l'homme de l'exprimer? » Nous vous donnerons bien d'abord quelques éclaircissements sur les expressions de notre texte, et nous verrons V quelle est l'époque dont il est ici question : a Je connais un homme en Christ qui, il y a plus de quatorze ans.... 2" Ce qui est dit touchant la manière de ce ravissement, « si ce fut en corps, si ce fut hors du corps, je ne sais. Dieu le sait. » 3° Ce qu'il faut entendre par le « paradis et par le troisième ciel ; » enfin quelle idée il faut attacher à ces choses « ineffables, » dont parle ici notre apôtre, et ce sera là notre première partie. Mais dans la seconde, qui sera la principale de ce discours, nous examinerons cela même que nous venons d'indiquer, nous verrons si le silence de l'Écriture sur notre félicité à venir n'a rien qui doive ralentir l'ardeur que nous avons d'y arriver; nous vous ferons sentir que rien n'est plus capable de nous donner de grandes idées du paradis, que ces voiles mêmes qui nous en dérobent la vue. Si vous entrez dans le but de ce discours, il fera sur vous l'effet auquel nous rapportons toutes nos exhortations, toutes nos instances ; c'est d'allumer dans vos cœurs un désir ardent d'aller à Dieu, c'est de vous faire dire avec un prophète : « 0 Dieu ! oh ! que tes biens sont grands, que tu as réservés pour ceux qui te Craignent ^ ! » c'est de vous mettre dans la situation de notre apôtre, qui, après avoir été ravi jusqu'au troisième ciel, ne pouvait plus vivre sur la terre, avait les yeux ouverts à tous les chemins de la mort, ne parlait plus que de mourir, que « d'achever sa course, que de quitter ce corps, que de