‹ Sermons, discours et mandementsChapitre 1 sur 74 · TOME · texte numérisé non relu

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PARIS J. LEROUX ET JOUBY, LlBRAffiES-ÉDITEURS

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DISCOURSjET MANDEMENTS

DE SAINT LODIS

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DEVANT L*âGADÉMIE FRANÇAISI:;

LB i5 AOUT 1821

Non est inventas similis illi in gloria. n n'a point trouvé son pareil en gloire. EccLBs.,XLnr, 16.

Lorsque la religion se rend de bonne heure mattresse du cœur des hommes^ lorsqu'elle rencotitre des esprits dociles à ses préceptes, dans ce premier âge de la vie où de nos pensées et de nos sentiments s'exhale un délicieux parfum de candeur et d'innocence, elle grave dans les âmes en traits ineffaçables cet amour de Tordre et des devoirs qui donne à la société les magistrats intègres et les citoyens toujours vertueux.

Mais, lorsqu'on laisse à la religion lesoin d'élever Tenfance des rois, elle se hâte de déployer l'éclat de ses lumières, la pompe de ses promesses, la terreur de ses menaces, pour étouffer le germe des vices naissants qui souilleraient la majesté du trône, et pour féconder les grandes vertus qui préparent au monde des règnes mémorables de justice et de sainteté.

Elle ne leur dit pas qu'ils sont les divinités du monde, que tout est fait pour eux, qu'ils peuvent disposer à leur gré et des lois dont ils sont les auteurs, et des peuples dont ils sont les maîtres.

Ce sont là les maximes des flatteurs auxquels il est donné de corrompre et d'avilir les princes. '

Elle ne leur dit pas non plus que leur souveraineté n'est qu'empruntée, qu'au lieu de descendre du ciel sur la terre le pouvoir remonte des peuples jusque dans leurs mains, et que, mandataires passagers des passions et des intérêts de la terre, ils doivent porter ou quitter à leur gré la couronne qu'ils en ont reçue.

Ce sont là les maximes qui renversent les trônes. Également éloignée et des dogmes qui en feraient des tyrans, et des dogmes qui n'en feraient que des esclaves, la religion enseigne aux rois que, si Dieu les élève au-dessus de leurs semblables, ils n'en demeurent pas moins dans la dépendance des lois et

du vengeur des lois; que la royauté, quoique divine dans sa source, est un ministère dans son usage, qu'elle n'est indépendante que pour servir les peuples sans obstacle, inviolable que pour respecter à son tour les droits sacrés de la justice et de l'humanité, héréditaire de sa nature que pour perpétuer le bonheur de la société.

Sublimes enseignements qui, bien mieux que les raisonnements et les systèmes, protègent à la fois les sociétés humaines et contre le despotisme et contre l'anarchie.

Saint Louis ouvrit de bonne heure son esprit et son cœur à leur divine influence; et quel prince mérita comme lui l'amour de ses peuples et les éloges de la postérité? Quel règne plus fécond en prodiges? quelles acclamations pendant sa vie, quel culte après sa mort! Non, il n'a point trouvé son pareil en gloire : Non est inventus similis illi in gloria. Mais cette gloire elle-même lui vient de sa sainteté, c*està-dire de la justice chrétienne portée jusqu'à l'héroïsme. Je vieps donc essayer de vous le représenter comme le restaurateur de la monarchie par sa justice, et le héros de la monarchie par son courage. Mais comment développer devant vous, messieurs, son éloge? nous n'apportons dans cette chaire ni la majesté des saints oracles, si propre à la louange des grands rois, ni la piété vive et entraînante, seule

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capable de peindre les hautes vertus des saints. Nous réclamons avec confiance l'indulgence de nos auditeurs et l'assistance du Saint-Esprit.

Ave, Mariai

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