‹ Sermons, discours et mandementsChapitre 23 sur 74 · AUTRE DISCOURS · texte numérisé non relu

AUTRE DISCOURS

Monsieur et mademoiselle,

Je ne suspendrai pas par un long discours la touchante cérémonie qui consacre votre union au pied des saints autels, mais je ne puis m'empêcher d'adresser au ciel mes vœux et mes prières pour qu'il daigne la bénir et la rendre à jamais fortunée. Vous la formez en son nom, pénétrés des sentiments de piété qui attirent toujours dans les familles la paix, l'union, la concorde et le bonheur, compagnon inséparable de la religion.

Élevez en ce moment vos esprits et vos cœurs au-dessus des pensées terrestres et profanes. Les engagements que vous contractez sortent des bor-

nés du temps qui passe, et touchent aux intérêts de l'éternité, qui ne passe pas. Ici, les témoins ne sont plus des hommes, ce sont les prêtres du Dieu vivant et véritable, ce sont les autels, ce sont les anges, c'est Dieu même. Ici, l'alliance que vous contractez prend son modèle dans la plus haute, la plus auguste, la plus sublime alliance de Jésus-Christ avec son Église. Ici, tout est religicyx, tout est pur, tout est saint, tout est divin. Ici, pour tout dire en un mot, ce qui n'était qu'une société purement civile chez les païens, qu'une cérémonie extérieure chez les juifs, devient un sacrement, et un grand sacrement, dans l'Église de Jésus-Christ.

La religion, monsieur, remet en vos mains une compagne qu'elle a élevée dans la pratique et dans l'amour de tous ses devoirs; elle vous donne une épouse dont les vertus douces et modestes ont fait le bonheur de sa première famille. Si jamais vous deviez être éprouvé par les tribulations de la terre, celle qui doit achever avec vous le pèlerinage de la vie adoucira vos peines en les partageant; et, puisant son courage à la véritable source, fera passer dans votre cœur la céleste espérance qui n'abandonne jamais la femme forte et chrétienne.,

Et vous, mademoiselle, étrangère encore aux agitations delà vie, n'oubliez pas, en entrant dans un état nouveau, que le moment est venu de don-

POUR UN MAHIÂ6E. 109

ner de nouveaux exemples. Confiance sans bornes, égards délicats^ soins empressés, paix, douceur, concorde, voilà l'abrégé des devoirs que la religion impose aux époux véritablement chrétiens.

0 mon Dieu! bénissez une union qui commence sous d'aussi heureux auspices; donnez-lui des jours calmes et sereins; conservez-lui les biens de la vie en augmentant ceux de la grâce; prolongez longtemps sa durée, et qu'unis ici par la pratique des mêmes devoirs ils soient unis à jamais dans le séjour de la félicité !

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