‹ Sermons, discours et mandementsChapitre 71 sur 74 · II · texte numérisé non relu

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sence ! Là les bons livres enseignent aux parents à donner à leurs enfants de saints et salutaires exemples, et ces exemples, à leur tour, sont le premier livre où les enfants, en ouvrant les yeux, apprennent à lire tous leurs devoirs. Là, abrités sous les ailes d'une prudente mère, ils croissent, loin du souffle des passions, pour être un jour la joie de son âme, l'orgueil de sa vie et la couronne de ses vieux ans. Elle sait qu'un enfant sans innocence n'est plus qu'une fleur sans parfums, et qu un coup d'œil, un regard attentif porté dans un mauvais livre, a suffi souvent pour flétrir l'éclat et la beauté de son âme. Parents chrétiens, imitez cette tendre mère. Assez d'objets dangereux cherchent, autour de vous, à éveiller les passions naissantes de vos enfants; assez de pièges leur sont tendus; assez de périls assiègent leur âme. Chassez les romans, et ne surchargez pas votre sollicitude d'un soin de plus et d'une frayeur de tous les instants. Pour les préserver sûrement de la contagion pestilente qui s'exhale de ces livres, ne lisez point, même en secret, ce que vous n'oseriez lire en leur présence. La curiosité de cet âge est toujours en haleine; elle leur livrera, tôt ou tard, l'ouvrage que vous croyez tenir hors de leur portée; plus vous leur aurez fait un mystère de ce qu'il renferme, plus ils mettront de ruse à le découvrir. Au nom de Famour que vous avez pour

VOS enfants, qu'ils n'arrivent jamais par votre meurtrière imprudence à la source des plaisirs qui tuent. Choisissez vos lectures et les leurs; ne croyez pas avec les insensés qu'il faut que les enfants connaissent le mal pour savoir l'éviter, La vertu n'est qu'une sainte ignorance, et le mal est commis dès qu'il est connu. Oh ! nos très-chers frères, respectez vos enfants, car ils sont l'image de Dieu, et ce n'est pas en vain que le Sauveur du monde les a bénis, et qu'il a laissé tomber de sa bouche ce foudroyant anathème : « Qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui que Ton suspendit à son cou une meule de moulin, et qu'on le précipitât dans les profondeurs de la mer*. »

^ Qui autem scandalizaverit unum de pusillis istis, qui in me credunt, bxpedit ei ut suspendatur mola asinaria in collo ejus, et demergatur in profundum maris. Matth., xviii, 6.

DE MONSEIGNEUR L'EVËQUE D'ORLtANS

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