LE SOUVERAIN SACEHDOGE M JÉSUS-CHRIST
Nous avons vu Jésus-Ghrisl annoncé pendant quatre mille ans comme le Messie apportant aux hommes la bonne nouvelle, comme le Rédempteur de toute rhumanité. Nous l'avons montré pendant ces quatre mille ans prédit aux patriarches » figuré dans la loi , ^ annoncé par tous les oracles; nous avons vu tous les événemens de Tunivers concourant à son arrivée sur la terre ^ toutes lès monarchies préparant cette grande monarchie spirituelle prédite par Daniel. Depuis deux mille ans TEglise n'a cessé de défendre Tauguste personne du divin Sauveur , et de repousser toutes les^ erreurs contraires à sa divinité, afin de conserver précieusement au monde ce symbole adorable de TuniondeThomme et de Dieu. Il nous reste encore à considérer THomme-Dieu comme le prêtre du temps et de l'éternité, selon ces paroles de David: Tu es sacerdos io aternum secundhm ordinem Melchisedech , vous êtes le prêtre de réternité selon Tordre de Melchisédeclu . Tel sera le sujet de cet entretien..
Les rapports prîmitîf^ entre l'homme et Dieu avaient été altérés par la chute. Dans le paradis torreslrc^
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Adam ne priait pas, dit saint Augustin , il louait : Non orabaty laudabat. En effet, il avait seulement à remercier Dieu de toutes les grâces reçues par lui, et le culte de la reconnaissance était alors toute la religion. Lorsque Thomme se fut abandonné à Torgueil , tout changea pour lui, et les sacrifices d'expiation s'établirent sur la terre.
Abel et Gaîn^ au sortir du paradis terrestre « Noé au sortir de Tarche, présentent des sacrifices à Dieu; Moïse institue la ' religion des yictimes parait les Hébreux, et enfin Salomon immole des animaux innombrables , lorsqu'il élève le temple préparé par David. Ghec toutes les nattons de la terre, nous voyons également le cultede Dieu fondé sur les sacrifices^ et partout lliomme est convaincu qu'une grande offense a étècommîse primitivement, partout il croit devoir expier cette faute par des sacrifices , et apaiser ainsi la eolère de Dieu. C'est pourquoi nous entendons dire a un incrédule païen : La crainte a lait les dieux ^ tirnor Jecit dâos.
Telle était la religion des peuples avant Jésus-Christ; religion fondée sur les sacrifices , sur la crainte, sur la nécessité des expiations. Les peuples étaient persuadés que quelqu'un devait mourir pour le salut de tous , Cl que la rémission devait s'opérer par le sang.
L'opinion générale parmi les Juifs , quand Jésus- Christ vint sur la terre , étal t que ces immolations an nonçaient un grand sacrifice, le sacrifice célébré par nous aujourd'hui. L'agneau pascal avait été institué CM commémoration de la sortie des Israélites de la terre d Egypte; tous devaient nmn^r cet agneau et teindre de son sang le seuil de leur porte.
ISous trouvons encore chez les Juifs les holocaustes , s hosties spirituelles, les victimes pacifiques. Dans holocauste , on ne réservait aucune partie de Panilal ; il était entièrement consumé.
Telles étaient les figures du grand sacrifice ^ue Jéjks- Christ devait instituer. Ainsi , avant Jésus-GhrisI, lous voyons sur la terre le culte de la peur, et ce \Hie est encore établi aujourd'hui chez toutes les lations idolâtres. Les Chinois jettent leurs enfans lans les rivières et les livrent ainsi à l'esprit du fleuve. [Ihez les sauvages existent ces superstitions. Les mahométans ont une religion sans sacrifice , et cette religion est le culte de la volupté. Les protestans, qui ont renoncé à la messe , ont prétendu que le sacrifice de la croix avait été le sacrifice complet, et qu'il n'est pas nécessaire de le renouveler. Ils ont fait de la raison humaine le principe de toute l'action de l'homme. Leur culte est le culte de l'orgueil.
Ainsi se reproduisent chez les mahométans et chez les protestans les anciennes erreurs des philosophies grecques et romaines , ainsi que le culte du paganisme, le culte de la volupté. Jésus-Christ seul a établi sur la terre le sacrifice réel qui unit l'homme à Di eu, cl il nous a donné le modèle de la religion en esprit el en vérité.
Le Verbe divin , en s'immolant à Dieu pour sauver les hommes, s'est uni à l'humanité tout entière. Un Dieu immolé, un Dieu anéanti devant un Dieu, voilà la religion du christianisme. Un philosophe du dernier sièele a compris la grandeur de l'homme dans son anéantissement devant le Tout-Puissant. C'est là, selon lui ; le culte véritable , le culte qui seul peut
plaire à la divinité. En effet, qu'avons-nous en nousmême qui soit à nous? Notre esprit , notre corps, notre cœur, notre faculté de vivre , de connaître, d'iamer, viennentde Dieu^ il faut donc que tout se rapporte à Dieu eu nous ; il faut donc que Dieu non-seulement soit notre roi , mais encore notre pontife , pontife dans le temps , pontife dans Téternité. Un roi peut régner sur notre corps, même sur notice intelligence , mais pour que nous donnions Tempire absolu de notre cœur, il faut que nous nous unissions complètement à cette royauté, et cette royauté ne peut être qu'un sacerdoce, le sacerdoce d'unDieu. Jésus-Christ, comme pontife, peut seul nous demander le sacrifice complet de notre volonté, parce qu'il nous a donné l'exemple du plus grand des sacrifices ; il est mort par amour pour nous, comment pourrions-nous lui refuser notre amour, refuser de le laisser régner complètement sur tout notre être, sur notre corps, notre esprit, notre cœur? Et Jésus-Christ, que veut-il en nous demandant de nous abandonner tout entier à lui ? Nous apprendre comment nous devons honorer Dieu.
La papauté est l'image visible de ce sacerdoce invisible de Jésus-Christ, et cette papauté s'étend sur toute la terre. C'est un pontife-roi qui , s'élevant au-dessus detous, règnesurlesconsciences,parcequeJésus-Christ doit à jamais régner sur les esprits et sur les cœurs. La monarchie des Assyriens , des, Mèdes , des Perses, des Grecs, des Romains, toutes ces grandes nations n'ont servi qu'à préparer le jour où le Christ est venu; et depuis, voyez comme tous lesévénemens ont amené la puissance spirituelle des papes, et même leur puissance temporelle. La papauté seule aujourd'hui
peut civiliser le inonde. C'est d'elle que partent sans cesse des prêtres pour aller porter Tunité de Dieu aux peuples encore assis dans les ombres de la mort ; e^ tout se fait au nom de Jésus-Christ j parce que Jésus- Christ est le commencement et la fin de toutes choses. Du haut de la croix il contemple son empire ^ et il forme son Eglise , l'assemblée des adorateurs en esprit et en vérité. Il est roi parce qu'il est pontife. Sa royauté a pour objet d'établir le culte véritable; il est le roi des esprits parce qu'il va régénérer les âmes. Sa royauté est toute spirituelle parce qu'elle est la royauté du Pontife du Très- Haut. Le monde lui a été donné parce qu'il va donner le monde à Dieu.
Qu'est-ce que la monarchie spirituelle ? La monarchie spirituelle ne peut être complète que si , comme nous l'avons déjà dit, le monarque est un Pontife ; car un Pontife, et[un Pontife-Dieu, peut seul régner sur l'intime du cœur, les rapports de l'homme avec Dieu. En effet, s'il ?y a dans l'intelligence ou dans le cœur de l'homme une pensée et un sentiment indépendans du monarque, la monarchie temporelle peut exister, mais la monarchie spirituelle n existe pas.
Il y a plus : un Pontife qui n'aurait pas été victime ne pourrait pas me demander cette immolation de moimême que Dieu exige. C'est donc parce qu'il a été victime de son amour pour moi que mon amour est acquis à Jésus-Christ. Pour être le Roi de l'homme , Jésus-Christ devait être à la fois Pontife et victime.
Aussi pendant sa vie mortelle Jésus-Christ sacrifie tout à sa mission sublime , et il meurt pour consommer sa vie sur nos autels, où il continue ce grand sacrifice de la croix, cet holocauste où il n'a rien
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épargné de lui-même. Que voyoos-oous au Calva Jésus-Christ anéanti, humilié; sur la croix , sai i nité a disparu y mais son humanité subsiste, quo obscurcie par ses opprobres. Mais sur nos autek ii seulement sa divinité ne se révèle pas, son humai ne se montre plus & nos yeux ; nous ne voyons qoi pain et le vin. Voilà tout ce qui reste d'un D anéanti pour nous.
Que devons-nous donc faire pour nous rendre di^ du sacrifice de Jésus-Christ? Nous anéantir an comme lui. Devant rSucharistie, la foi qui nous esn mandée n'est plus appuyée que sur une parole. > sens, notre raison, tout semble nous dire que le do^ de TEucharistie est une illusion; mais nous saTot que Jésus-Christ, avant sa mort, a dit à ses discipit| en leur présentant le pain : Ceci est mon corps ; ^^ fsi mon sang^ en leur présentant le vin. Cette paro!| a toujours été conservée dans l'Eglise depuis dix-htij cents ans. I
Ceci est mon corps-, oui, Seigneur, puisque voii] l'avez dit et que vous êtes sorti du tombeau après Ta voir dit, le pain que je vois est votre corps. Cowm( saint Thomas je le répète : Vous êtes mon Seigneur ei m<m Dieu; je crois, parce que vous avez parlé. San»^ doute notre foi est appuyée sur toutes les promesses de Jésus*Christ, sur les prophéties qui le montrent avant sa naissance conmie le Sauveur de toute la race humaine-, nous avons vu le changement de l'univers, miracle plus étonnant que tous les miracles, mais il n'en est pas nmns vrai que nos sens ici sont confondus. Notre raisoD s'étonne qu'un Dieu puisse être dans cette situatioa d'humiliation et d'anéantissement. Mais notre raison r
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P sens anéantis, sont devant Dieu dans l'état où Jésus* ..rist est lui-naéme, et la véritable adoration de la pâture est Texercice de son anéantissement devant le éateur. Quel hommage plus grand que cette déela- ^lion faite à Dieu : « Mon EHeu , nous ne sommes rien \Y nous-mêmes, nous ne voyons rien que par vous, >us ne pouvons rien que par vous, nous attendons ut de vous?»
Voilà le culte des chrétiens, culte bien différent c tous les autres^ et ce culte ne se terminera pas avec î temps. Dans l'autre vie, nous ne cesserons pas un 3ul instant d'être en adoration devant TEternel; et ocnmentadorerons-nousaIors?Nousadorerons,comrae aujourd'hui,, par Jésus- Christ, que les anges, les irehauges et les dominations révèrent; par Jésus- Ilhrist , le Pontife de l'éternité,, comme il est le Ponlife du temps.
L'Ecriture dit que l'Agneau a été immolé dès l'origine du monde. L'agneau est immolé encoredans le cieL Dans l'Apocalypse , les vieillards sont autour d'un autel et d'^un agneau sacrifié, pour nous apprendre que le grand sacrifice de Jésus-Christ sera sans cesse présent à tous les esprits célestes, pendant l'éternité tout entière. Ce spectacle d'un Dieu anéanti devant un Dieu nous donne en effet l'idée la plus complète de la puissance divine, de l'éterneUe majesté.
Un seul péché a tellement offensé Dieu qu'un Dieu est obligé de mourir pour l'effacer. Cherchez dans tout ce qui vous environne , dans le monde entier , rien qui vous donne une idée plus grande de la puissance et de la sainteté de Dieu que le sacrifice de Jésus- Christ, et vous reconnaîtrez que, pour les anges.
entassés, accuserait la sagesse de l'architecte; en un peu de temps, et à la place de ces matériaux co qui choquent les regards va s'élever un temple gnifique , le temple du Pontife dans l'éternité.
Sacerdoce de l'ancienne loi , vous n'étiez donc pai véritable sacerdoce -, sang des génisses , vous n'ë pas le sang qui purifie ; pontife d^Israêl , vous n'éi pat le Saint des saints ; arche d'alliance élevée et ah sée dans le désert , vous n'étiez pas le véritable tah nacle. Pain de proposition, parfums, chandeliers d'o lévites, anges qui reposiez vos ailes sur Tarehe saÎBi autel des sacrifices ^ victimes, oblation , vous étiez d^ ombres et des figures du sacrifice de la croix et deFsf tel, les ombres du sacerdoce du temps et de Fétemik Les voiles sont levés maintenant , et l'human/re e introduite dans le sanctuaire étemel, dans le séini la Trinité même. C'est de là que Jésus-Christ répaK sur son Eglise et sur chacun de nous les grâces de 9 1 divine médiation-, c'est là qu'il nous introduira lu jour , pour offrir à Dieu le sacrifice étemel. I
Jésus-Christ est le seul pontife, le seul niédtetear entre Dieu et l'homme. Il peut toujours sauver^ diil saint Paul , ceux qui s'approchent de Dieu par son entremise, parce qu'il est toujours vivant, afin d'intccéder pour nous 5 en son nom se font toutes les prières, elles pénètrent dans les cieux parce qu'il fde pour nous. Lui seul est écouté , et toutes les voix qui montent vers les tabernacles éternels viennent se fondre dans sa grande voix. Nous n'avons d'accès auprès du trône de Dieu que par lui. Il est notre avant-coureur, ajoute saint Paul , il est entré pour nous dans le ciel, afin d'inspirer nos prières et de recevoir nos vœux.
Qu'est-ce qui importe le plus à Thomme dans la ation que le péché lui a faite ici-bas ? C'est que ses ux et ses prières soient accueillis de Dieu ? Pour une religion et le pontife de cette religion soient connus nécessaires, il faut qu'ils soient avant et après péché de Thomme. Il n'est pas une oblalîon, pas L sacrifice, qui n*ait dû être reçu par le Pontife vé« able du culte divin, il n'est pas un seul soupir f il n'ait dû entendre , une seule larme qu'il n'ait i recueillir.
Le Pontife éternel ne doit pas seulement être le intre d'union de tous les hommes et de Dieu, mais j lien universel de tous les anges, celui par qui 5 monde adore, le eommun propitiatoire de l'ulivers.
Aussi la religion de Jésus-Christ, étant la vraie reigion, a tous ces caractères : le Verbe est l'Agneau imnolé dès l'origine de l'univers; il est le lien du temps ivec l'éternité , la vie d'amour commencée sur la terre et qui se continue à jamais dans les cieux.
Le Pontife de réternité a du nous ouvrir le sanctuaire de Dieu même , et saint Paul nous dit : Notre espérance pénètre au-dedans du voile jusque dans le lieu où Jésus-Christ est entré pour nous. Le grandprêtre des Juifs entrait dans le Saint des saints une ^eule fois après avoir immolé les victimes pour les péchés du peuple^, il devait y prier, teint du sang •des sacrifices. Mes frères, quand Jésus-Christ mourut, le voile qui couvrait le Saint des saints fut déchiré, «t ce voile était la figure du sanctuaire éternel dont îe sang de Jésus-Christ venait de lui ouvrir l'entrée. Jésus-Christ réside dans le ciel des cieux, son huma-
preuve de tendresse, et nous unir au sacrifice Jésus*Ghrist.
Et pourquoi Jcsus-Christ renouvelle- t-îl tous jours son sacrifice ? Afin de nous apprendre à reno vêler sans cesse le nàtre. Le sacrifice perpétuel, voi la vie de Tâme. Si le sang s'arrêtait un seul insla dans nos veines , que serait la vie de notre eorps ?l le sang de Jésus-Christ cessait un moment de couler toute la vie divine s'arrêterait dans le monde ? Cessfi un moment de vous offrira Dieu, et toute la viesp^ rituelle s'arrête à Tinstant pour vous. Pour que Tàiiv respire, il faut qu'elle aspire sans cesse à Dieu. L'homme se divinise par le sacrifice de tout luimême, renouvelé à chaque instant sur Tautel è l'amour. Pour concevoir le bonheur éternel , figureivous Tamoiir d'une mère s^immolant à chaque in^ tant pour son fils , et revivant pour être témoin df sa reconnaissance; la joie du guerrier recevant san« cesse de nouvelles blessures qui sauvent sans cesse sa patrie. Ainsi Tàme, dansFéternité, se consun^era d'amour pour Dieu; elle s'anéantira d'admiration devant lui. Voilà, mes frères, le sacrifice éternel: le sein de Dieu sera le temple , Jésus- Christ le prêtre, le cœur de l'homme la victime et l'autel.
Ne vous êtes- vous pas demandé quelquefois , en songeant à la grandeur de Dieu et à Fimmolation de son Fils, en méditant sur les profondeurs et les trésors de son infinie puissance, de sa sagesse et de sa bonté, ce que vous pourriez pour reconnaître un si grand amour ? et ne vous êtes-vous pas dit que, puisqu'il est mort pour vous, mourir pour lui serait le seul moyen de lui témoigner votre tendresse ? Mou-
rez donc sans cesse en vous-même à ce qui n*est pas lui y et pendant Teternité vous mourrez sans cesse dV mour pour revivre sans cesse dans une extase éternelle d'amour. Votre amour vous consumera ^ Tamour de Dieu vous divinisera; il vous rendra sans cesse la vie que vous voudrez perdre pour lui. Voilà les rapports que Jésus-Christ établit entre nous et Dieu ; voilà le culte, la religion du temps et de l'éternité.
Et maintenant comprenez, mes frères, ce que veulent dire Toblation du pain et du vin, le sacrifice de la messe, et les profondeurs cachées sous ces apparences. Le sacrifice de la messe est le sacrifice du temps et de Téternité; on y trouve Tamour parfait de Jésus- Christ, Dieu, et deThomme. Dans ce moment, les anges et les hommes, tous les chœurs célestes, adorent par lui , parce que ce sacrifice est Fexpression la plus haute de la puissance, de la sagesse, de Tamour infinis de Dieu pour sa créature, de Tadoration de la créature pour son Dieu.
Le sacrifice visible est donc le signe du sacrifice invisible, le culte du ciel. Mais l'homme ne peut encore s'unir complètement à ce sacrifice ^ voilà pourquoi ce sacrifice est voilé sur la terre. La vérité et la perfection des mystères n'existent pas encore pour nous. Tout , dans nos tabernacles et sur nos autels , est, comme dans l'univers , couvert de nuages, de voiles et de figures : Dieu est un Dieu caché. Dans le ciel nous verrons Dieu face à face, nous verrons tomes les choses dans leur entière perfection , et la perfection est la vérité complète. Voilà pourquoi c'est dans la vérité éternelle, dans le Verbe, que nous verrons Vunivers.
La vérité sera le lien entre Dieu et rbomme, et la vérité nous apprendra sans cesse la grandeur de Dieu et notre néant. Nous verrons éternellement que nous ne sommes rien que par notre union à Dieu, que nous vivons par sa puissance et par son amour; nous rapporterons à Dieu tout ce que nous sommes; les sacrifices accomplis par nous sur la terre seront notre joie dans le ciel, ils auront été la preuve de notre adoration ; nous vivrons dans un perpétuel anéantissement et dans une perpétuelle divinisation; nous communierons à la gloire de Jésus-Christ , à son amour ; nous serons unis éternellement à cette vicdme ineffable dans son état de consommation et de gloire.
Ainsi , mes chers frères , vous le voyez, Tautel de l'univers, c'est la personne du Yeite, la vérité. Laissons-nous donc consumer sur cet autel par le feu de l'amour divin. C'est ainsi que nous serons transformés.
Quand notre sacrifice sera complet, alors le voile de notre corps tombera, et notre âme se trouvera entièrement unie à son Dieu. Lorsque tout ce qui est terrestre en nous sera consumé, toutes les créatures qui sont entre nous et Dieu disparaîtront Dieu a créé l'air qui nous environne, la lumière qui nous inonde, la beauté qui nous attire, les affections qui charment notre vie ; afin que nous nous servions de toutes ses œuvres comme de degrés pour monter jusqu'à lui, afin que nous ayons ici-bas la matière de sacrifices sans cesse renouvelés. Aussitôt que notre âme sortira de notre corps, l'air qui nous environne sera remplacé par l'immensité de Dieu, la lumière qui nous inonde par son Verbe, la joie des affections de notre cœur
par rEsprit saint lui-même -, tous les voiles seront levés; nous respirerons en Dieu^ nous vivrons en lui, nous aimerons en luif notre humanité sera consumée par Famour et divinisée par Jésus-Christ.
Ne FoubliezpaSy mes ehers frères ^ cesacriiSce d'amour commencé sur la terre peut maintenant se continuer immédiatement dans le ciel. Souvenez-vous que pour Tamour pur il n^est pas de purgatoire; que le chemin du ciel est tout frayé aujourd'hui , et la porte du paradis ouverte. Ezéehias hésitait à mourir , parce qu'il fallait descendre dans les lieux inférieurs pour attendre la venue de Jésus-Christ. Les saints maintenant peuvent aspirer à la mort, parce que Jésus-Christ leur a ouvert le sanctuaire étemel. La vie de notre corps, consumée chaque jour par le travail, par la prière, par la charité ^ par les saints désirs de la mort, voilà le sacrifice du temps*, notre ime consumée par l'amour, par l'admiration des perfections divines, et mourant d'amour pour renaître sans cesse, voilà le sacrifice de Tétemité.
L*amour est toute la religion, l'amour est le culte en esprit et en vérité, l'amour est le sacrifice de l'homme uni au sacrifice de l'Homme-Dieu ; l'amour est le sacrifice qui réconcilie à jamais le ciel et la terre dans le Verbe, le Verbe, la vérité, l'autel de l'univers l Grandeur de Dieu , anéantissement de l'homme, union de l'homme et de Dieu par le sacrifice de l'homme, voilà la religion de Jésus-Christ, la religion du Verbe incamé, la religion de la vérité et de l'amour, le culte dé la terre et du ciel.