‹ Sermons et discours inédits (volume 2)Chapitre 25 sur 51 · G8 POUR L OUVERTURE · texte numérisé non relu

G8 POUR L OUVERTURE

les catlioUques le suivront, parce que partout où il ise fixera , partout sera la tige de la succession , le centre du gouvernement et le dépôt sacré des traditions apostoliques.

Tels sont nos sentimens invariables, quenous pro^ clamons aujourd'hui à la face de Tunivers, à la tace de toutes nos églises dont nous portons en ce moment les vœux , et dont nous attestons la foi ; à la face des saints autels , et au milieu de cette basilique où nos pères assemblés vinrent plus d'une fois cimenter la paix de rÈglise', et apaiser par leur sagesse des troubles et des différends , bêlas ! trop ressemblans à ceux qui nous occupent aujourd'hui. Il me semble en ce moment les entendre , il me semble voir leurs ombres vénérables apparoître au milieu de nous, comnie pour nous dire de ne rien faire qui ne soit ^igned'eux, qui ne soit digne denous, etdenejamais dévier de l'a titiqe chemin qu'ont tenu nos ancêtres. O sainte église gallicane! fille aînée des églises, après celle de Rome la plus auguste et la plus vénérable ; toi qui , tombée avec tant de grandeur , t'est relevée avec tant de gloire ; plus digne encore de toi-même ^ux jours de tes tribulations qu'aux plus beaux siècles de ta splendeur et de ta gloire , jamais, non jamais, tu ne dégénéreras de ta noble origine ni de ta belle renommée et les siècles futurs te verront telle que t'ont vues les siècles passés, Y ornement de V Église universelle (i) ^ et une des plus illustres parties de cette Église à laquelle

(i) Bossuel, sermon sur rUoité de l'Eglise , II* part.

Jésus-Cbrist a promis les nations pour héritage et

pour dui'ée rimmortalité.

Mais que vois- je , et quel doux avenir s'oflfre donc à mes yeux? Est-ce illusion? est-ce ce besoin d'espérer qui fait le charme et le soutien de notre foiblesse? Je vois un nouveau siècle de grandeur et de gloire qui s'ouvre devant moi , je vois la paix s'embrasser avec la justice, et la paix dans l'Eglise courronner la paix dans l'État : je vois le soleil de l'Évangile j qui unit, féconde, et embellit tout, chasser bien loin devant lui ce ténébreux fantôme de l'impiété qui divise , dessèche et enlaidit tout : .je vois l'instruction publique , débarrassée de tous les alliages qui pourroient encore altérer sa pureté et rendre ses enseignemens incertains , tendre noblement vers son but, vers cette régénération morale, sans laquelle ne se fera jamais la régénération politique : je vois les mœurs nationales reprendre avec les arts une nouvelle vie , et les lettres contracter avec les vertus cette auguste alliance qui n'auroit jamais dû se rompre , lïmpiété reculer de honte devant les maux qu'elle a causés , et la philosophie elle-même, éclairée par son expérience, se réconcilier enfin avec la religion , sans laquelle il n'y a pas de vraie philosophie , et faire ainsi Tessaî de ce que peut , pour le bonheur du monde , le noble accord de toutes les lumières que le génie peut répandre, et de toutes les vertus qu'inspire la religion.

Mais en attendant que les temps s'accomplissent, et que les desseins de Dieu se développent, pontifes du Très-Haut, nous les hâterons par J ascendant

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de notre ministère. Armés du glaive de la parole , et nous aussi nous aurons nos conquêtes , en obtenant par la persuasion ce que les rois les plus puissans ne sauroient cqmmander par la force. Nos saints et vénérables prédécesseurs ont civilisé la nation des Francs , nous mettrons tout notre bonheur à travailler au sien; ils ont consolidé Tancienne monarchie, nous défendrons la monarchie nouvelle; ils ont fondé la plupart de ilos hôpitaux, nous les secourrons de tout notre pouvoir, et, s'il faut, nous les servirons ; ils ont fondé la plupart de nos écoles, nous mettrons tous nos soins à ranimer le goût des saintes lettres et des études cléricales: enfin U ont su être riches en faisant de grands biens, nous saurons être pauvres en excitant d'autant plus la charité publique , que nous avons moins de moyens d'être charitables; et c'est ainsi qu'honorant notre ministère comme saint Paul , et ne séparant jamais notre amour pour la religion de notre amour pour la patrie , nous obtiendrons cette considération que le monde ne peut pas nous donner , puisqu'elle se^a toute à nous , let qu'indépendante des richesses et des honneurs , nous ne la devrons qu'à nos services et à nos travaux, à nos vertus et à nos exemples.

Esprit saint , au noni de qui nous sommes assemblés , source ineffable de toutes les lumières et de tontes les bénédictions , confirmez par votre grâce ces sentimens que votre grâce a mis en nous. Bénissez l'égise gallicane, cette vigne chérie qu'a plantée votre droite ; relevez-la de son abattement ,

raniiliôz-^là dans, là foi des pfômesses, et faites-lui comprendre qu'au milieu de tous ses malheurs , le plus grand sanë doute ce seroit de désespérer.

Bénissez les fidèles confiés à nos soins, en leur donnant un coeur docile aux décisions de leurs pontifes, et en les préservant de cet esprit d'orgueil 5 de schisme et de révolte , qui pourrôît leur . persuader qu'au mépris de l'autorité établie par vous-même , les disciples peuvent être plus éclairés que les maîtres , les enfans plus intruits que les pères , et les brebis plus savantes que les pasteurs.

Bénissez nôtre invincible et glorieux monarque; conservez cette tête précieuse sur laquelle repose non-seulement le bonheuip de la Pirance , tnaîs le destin de l'univers ; formez en lui une ame aussi grande que sa fortune, en l'ornant de toutes lôs vertus chrétiennes ; donnez-lui de comprendra que si la force ou le génie fonde les empires, la religion seule les affermit et les conserve , et faites qu'en héritant des droits de Ghàrlemagne , il le surpasse en zèle et en sagesse , comme 11 le surpasse en gloire et en puissance.

Bénissez son auguste compagne ; qu'elle Soit une prîncesse accomplie non-seulement devant les hommes , mais encore devant Dieu , et que , tandis que le héros dont elle partage le trôile fera fleurir les lois et triompher la justice , elle mette à la cour la piété en crédit , et fessé régner autour d'elle la véritable dignité , celle des nioeurs, de la décence et de la vertu.

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Bénissez l'auguste enfant que vous ayez accordé à nos vœux et à nos prières ; couvrez son berceau de vos ailes : imprimez en lui de bonne heure l'amour profond de ses devoirs ; l'amour des peu- ' pies , vrai génie de la royauté ; Tamour de la religion , cette vertu des grands princes , et la crainte de Dieu , seul contre-poids de la toutepuissance, et seul moyen de donner un maître à celui qui n'en reconnoît point , afin qu'étant né l'enfant de l'Église, il puisse en devenir un jour le soutien et le père.

Bénissez tout le peuple français , en lui inspirant de plus en plus l'amour et le respect pour le culte de nos aïejux, qui l'a rendu le premier peuple de la terre, et en le préservant de cet esprit d'impiété qui donne la mort aux nations, et qui bientôt le feroit retomber dans la barbarie d'où la religion l'a tiré.

Enfin bénissez cette assemblée, dont vous êtes le suprême docteur j soufilez sur elle, comme autrefois vous soufflâtes sur celle de vos apôtres ; remplissez-la de votre esprit , de cet esprit de conseil qui mêle heureusement le zèle à la prudence , de cet esprit de liber té et de courage pour annoncer et pour défendre cette vérité sainte contre laquelle tout conspire , et dont vous nous avez constitués les gardiens et les sentinelles. Inspirez-lui tout ce qu'elle doit dire , tout ce qu'elle doit faire j tout ce qu'elle doit dire pour l'instruction de ses enfans , tout ce qu'elle doit faire pour la gloire de l'Eglise , a&n que tous^ et peuples et pasteurs, et le chef et

lés membres , et les pères et les enfans , puissent ua jour se réunir dans le royaume des élus, dans l'église des premiers nés ,011 la foi disparoissant devant la claire vue, et Tespérance devant la possession, ne laisseront plus subsister que la divine charité , immuable dans sont objet et éternelle dans sa durée.

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A LA :ÇRAN51ATI0N SOLENNELLE

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