DE RELIQUES DE S^INT DEN|S
l'odeur de la sainteté , l'esprit sacerdotal et la vigueur apostolique (i) : enfin cette iminense, concours de fidèles de tout âge et de tout état, rivalisant d'empressement et de piété , et disputant à qui leur rendra plus d'hommages et Jeur offrira plus d'encens !... Quel lieu et quel moment pour un ministre de la parole! Ici tout parle aux yeux, ici tout parle au cœur : et combien donc, nous regrettons et le temps qui nous a manqué , et ies forces que nous n'avons plus , pour célébrer dignement en ce jour ces héros immortels , non moins dignes d'exciter, notre vénération et notre reconnoissance , que d'intéresser à la fois tous les cœurs chrétiens et tous les cœurs français l En effet , Messieurs , que ne devons-nous pas , comme chrétiens , à ceux qui les premiers nous ont annoncé la bonne nouvelle^ qui les premiers ont 'fait reculer devant eux les ténèbres de la superstition pour nous appeler , dit l'apôtre (i petr. ^1 9 9O 1 ^ une admirable lumière, et qui ont ensuite scellé de leur sang la vérité de leur docr trine et l'authenticité de leur mission ; qui les premiers ont planté au milieu de nous cet arbre de vie dont les feuilles ^ dit l'Esprit saint (apoc. xxu 5 2. ) ^ sont destinées à la guérison des nations j et qui ont commencé cette belle chaîne et cette listé glorieuse de pontifes plus illustres les uns que les autrejs , et aussi éclatants de vertus que de lumières !
({) Le séminaire de Saint- Sulpice»
* Comme Français , quelles actions de grâcçs n'a- Tons^DOUs pas à rendre à ces hommes apostoliques , tiuxquels la France doit , non-seqlement sa conversion, mais sa civilisation; non '^seulement sa foi, mais son existence sociale; non - seulement ses premiers pasteurs, mais ses premiers législateurs, mais ses premiers instituteurs , qui , en fondant parmi nous le chritianisme , y ont posé les premiers fondemens du trône, et ont préparé, par leurs conseils comme par leurs exemples^ le règne paternel de nos rois chrétiens ; ce qui fait dire , à un historien non suspect (gibbon.) que la France est un royaume bâti par des és^êques, et si hien constitué, qu'il vit encore après quatorze» siècles , et qu'il n'a pu chanceler un instant sans éhranler le monde : de sorte qu'on peut dire , en ttn sens , qu'appuyé sur la religion il repose sur la pierre ferme ^ et que l'État , comme l'Église , est etahli sur le fondement À.e^ apôtres ; super fundamen^ tum ûpostolarum (ephes. 11, 20) / ; Ainsi, tandis que, par un scandale sans exem* pie dans l'histoire des nations, la législation fait divorce avec le Dieu de nos pères , que la religion est exilée de notre code , et qu'on est parvenu à rougir jusque de son nom et à craindre jusqu'à son ombre , les restes vénérés de nos premiers apôtres ^viennent se replacer auprès des cendres de nos rois, et attester par ce rapprochement que Fautel et le trône ne peuvent pas se séparer , qu'ils se soutiennent l'un par l'autre , et que si jamais ils cessoient d'être unis, tout l'État seroiten confusion 9 et fîniroit par tomber en ruines.
DES RELlQtES DE SAISIT DEMIS. Z'JQ
'. Ainsi I tandis que des plumes impies autant que factieuses versent sur nos saints et intrépides misw sionnaires les flots envenimés de leurs outrages et de leurs calomnies, tout s'empresse de rendre hommage aux augustes dépouilles des premiers missionnaires de la France, qui l'ont arrachée à la barbarie, comme les nouveaux s'efforcent aujourd'hui de l'enlever à une corruption sans bornes , à une impiété $ans exemple , et à une idolâtrie plus déplorable et plus honteuse encore que celle dont nous ont délivrés nos premiers pères dans la foi.
Qu'avons-nous dit, Chrétiens, et seroît'-il donc vrai que nou$ sommes encore sous l'esclavage des Idoles , et quç le paganisme revitencore parmi nous? Qui pourroît en douter? et comment ne pas voir que, bied loin d'avoir été détruit, il n'a fait [que changer d'esprit et de forme , et que lei^ nouvelles idoles, pour n'être pas l'ouvrage de nos mains ni des images taillées, n'^nsont pas moins viles, ni leur culte moins honteux et moins criminel? Com^ ment donc nommerons-nous tous ces grands philosophes qui pullulent au sein de la France, et qui sont pour elle une plaie non moins triste et aussi cruelle que celle des insectes malfaisans dont fut frappée la malheureuse Egypte ; ces fiers propagateurs de la lumière, qui nous[ donnent leurs rêves pour des découvertes, et qui, se croyant plus savans que le genre humain, doutent de tout, même du ^en$ commun; ces superbes esprits, enflés de leur mérite , qui se croient inspirés parce qu'ils /i'isnjg[0uent de tout , même de l'absurde et de l'im*
38o POUR LA TRANSLATION
possible; ces grands géoîes qui savent tout, -et veulent à peine nous permettre de savoir quelque chose ; ces penseurs par excellence , qui , comme ceux dont parle Job , croient être les seuls hommes (job XII, 2.), et seuls, a voir reçu le don de penser pour eux, et la mission de penser pour les autres, et que sont41s donc , que des idolâtres qui se paissent ^eux-mêmes ^ dit l'apôtre (jcd. 12.), qui se déifient eux-mêmes, qui n'adorent plus que leurs chimères et leurs propres inventions , et qui , dans leur fol orgueil , appellent Dieu tout ce qu'ils pensent? car quel est celui d'entre eux qui ne dise en son cœur, comme ce roi d'Assyrie : Je suis, et il rCya que moi sur la terre (soph. h , i5. ) ; ou qui ne voulût, comme ce roi de Babylone (dan, ni,), élever sa statue sur les débris de toutes les autres?
Comment nommerons-nous ces grands réformateurs qui se croient nés pour régenter le monde ; ces fastueux précepteurs du genre humain , qui , après nous avoir fait recommencer notre éducation politique , voudroient encore nous faire recommencer notre éducation religieuse? Et que sont-ils donc , que des idolâtres qui ne veulent aucun contre-poids à leur toute-puissance , qui se rendent maîtres du présent comme de l'avenir , qui n'aspirent à rien moins qu'à disposer tout à la fois de nos corps et de nos âmes, et qui hasardent ainsi, sur leur parole aventureuse , notre bonheur dans cette vie et notre salut dans l'autre?
Comment nommerons-nous ces hardis scrutateurs de la divine Majesté , qui , ne pouvant saisir