DE SAINTE GENEVIÈVE
ainsi que parmi nous il suscite Geneviève , et qu'il fait d une fille ignorante l'oraele de son siècle , d'une bergère obscure un thaumaturge tout-puissant qui remplit l'univers du bruit de ses merveilles , et qui , après avoir été pendant sa vie le boulevard et la libératrice de cette capitale , mérite d'en devenir, après sa mort, l'avocate toutepuissante et la glorieuse patronne.
Ainsi la mémorable commémoration que nous célébrons aujourd'hui peut être regardée comme une solennité tout à la fois religieuse et nationale , et pour ne pas y prendre part , il faudix>it renoncer à sa foi comme à sa patrie.
Ainsi la Providence se plait à consoler , par cette fête expiatoire , les enfans de la foi , et à mêler parmi tant de sujets de découragement et de tristesse les plus touchans motifs de joie et d'espérance.
Ainsi nous avons vu disparoitre et Panthéon français d'exécrable mémoire , aussi vil et aussi immonde que celui de l'ancienne Rome où régnoient les immortels, dédié, non aux grands hommes par la patrie reconnois santé , mais aux dieux infernaux de la révolution par Timpiété en délire : et tout nous dit qu'ils disparoîtront bientôt jusqu'aux derniers vestiges , ces^ trophées sacrilèges , ces profanes emblèmes qui affligent encore les regards des gens de bien , de même que les restes de ces écrivains trop fameux , non moins déshonorés aux yeux de la raison qu'aux yeux de la ,foi , non moins coupables devant les
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hommes que devant Dieu , qui , tout cachés qu'ils pourroïent être dans les plus, obscurs souterrains , se trotiveroient encore trop roisius de t'autel de la pureté virginale et de la maison du Saint des saiots.
Ainsi les novateurs et les artisans de ruines ont beau s'enoi^ueilUr de leurs victoires et se vanter de leurs affreux succès , ils n'en seront pas moins forcés de rendre hommage, tôt ou tard, à cette religion impénssahle , à cette fille du ciel et de 1 éternité, qui fait servir ses malheurs à ses vertus, ses humiliations à sa gloire, ses contra dictions à son triomphe, les orages et les tempêtes à son affermissement , et qui sait ainsi puiser jusque dans les efforts de ses persécuteurs le principe même de sa force et de sa durée.
Ainsi , après treize cents ans, la dévotion envers Geneviève est devenue plus vive, son culte plus éclatant , sa mémoire plus chère et son nom . plus vénéré. Tout est tombé autour de nous, son autel est resté debout , des mains augustes l'embellissent et l'ornent chaque jourj et si la .femme forte, dont parle l'Esprit saint (pROVERB. xxxt, i3.), iîloit la laine et le lin pour en vêtir les serviteurs de sa maison , la femme forte de la France , . la fille de nos rois , file l'or et l'argent pour en parer les serviteurs de cet autel : de sorte que, malgré, tous les attentats des profanateurs qui avoient violé le tombeau de Geneviève et' déshonoré son teniinli^ 1 on peut lui appliquer encore cet éloge de la lillfi '1'.: Béthulie : p^ous êtes Vliçnneur de nplre
DE SA.1NTE GENËVIÈYE, 4^Q
peuple , la gloire de Jérusalem, et la Joie d^Is-^ raêl ( JUDITH. XV , lo. )
Grandes et importantes vérités , qu'on rie sauroît trop faire entendre aux àmîs de la religion pour les consoler , et à ses ennemis pour le con*fondre! Que ne pouvons-nous donc le développer en ce jour, dans un temple où les pierres çUesmêpies parlent si éloquemmefat pour les attester! Que ne ,nous est-il donné de pouvoir célébrer ce grand triomphe de la vérité , surnageant à travers les siècles, dans ces temps d'emportement et de vertige , où tout conspire contre J)ieu , où l'im?- . piété , se débordant comme un torrent, fait les derniers efforts pour engloutir dans une même cliute. les trônes et les autels !
Ici Tauteur a intercalé un fragment du discours sur la Vérité \ Ici^ mes Frères, quel spectacle y etc. page i6o de ce volume.
Après ces mots de la page i65 , vous n'en serez que plus voisins de mon tonnerre , il continue ainsi :
Ou plutôt vous triompherez ; je vous donnerai de troniper le peuples et de prévaloir contre moi, mais le triomphe ^ sera court , et pour déshonorer à jamais vos fatales doctrines et vos systèmes insensés , il ne faudra que les réaliser , et pour vous perdre sans retour, je n^aurai qu'à vous laisser faire : vous nous parlerez de morale , et les peuples n'en auront plus ; vous invoquerez le bonheur, et les peuples seront misérables j vous appellerez Ja lumière , et le chaos a^-rivera , et iin opprobrg