POUR €NE ASSEMBLÉE DE CHARITÉ
appellerez de tous vos vœux cette compagnie si justement célèbre , dont le nom seul les fait frémir^ dont l'ombre seule les importune , et que l'Église et l'État redemandent à l'envie j cette société illustre qui a fait de si grandes choses , et qui en feroit de plus grandes encore 5 si fortement constituée , qu'elle n'a eu, dit un historien célèbre (i), ni en-* fance ni vieillesse, qu'elle est encore vivace dans ses derniers rejetons, et tellement inhérente au boa-» heur de la France , que sa ruine a été le signal et l'avant-coureur de la nôtre. Eh quoi! nous voulons des corporations pour les lettres, pour les savans, pour les artistes et même pour les acteurs 5 et nous n'en voudrions point pour les pères des pauvres, pour les instituteurs de la jeunesse! et nous impri-^ merions à nos lois la tache honteuse de les juger incompatibles avec ces saintes institutions qui donnent tant dé force aux lois et qui peuvent même y suppléer! et nous n'en voudrions point pour ces écoles fondamentales d'où dépendent les premières mœurs d'un peuple, et qui décident aussi de sa bonne ou de sa mauvaise fortune! Fut-il jamais une plus grande confusion d'idées?
Mais ce que nous espérons de la divine Providence pour la renaissance et la restauration de ce corps si rajonnant encore de la gloire de ses services (a),
(i) M. le cardinal de Bausset , Histoire de Fenelon , liv. L", n.« 10.
(2) Combien étoit belle et noble cette devise de la compagnie de Jésus: Ad majoreni Dei gloriam; et qui osera dire que cette compagnie ne la rempiissoit pas? N'est-ce pas