‹ Sermons et discours inédits (volume 2)Chapitre 50 sur 51 · SACRE · texte numérisé non relu

SACRE

sidération et leur autorité y si nécessaires au bien quils veulent faire, et -sans lesquelles ils ne pourront faire aucun bien. Si le prince est Yéi^êque 4lu dehors et le protecteur des canons ( i ) 9 ayant le droit d'interposer son autorité pour les faire exécuter , il n'est point Pévêque du dedans, pour sVu rendre le juge et l'arbitre : il doit ^être con-^ vaincu que TÉglise et l'État sont indépendans l'un de lautre , que si les rois ne tiennent pas leur sceptre de la main des pontifes , les pontifes ne tiennent pas de la main des monarques leur houlette pastorale ; et que si l*Église doit être la première à obéir au prince dans l'ordre politique , le prince doit obéir aux ministres de Jésus-Christ dans les choses de Dieu et dans ce qui touche là conscience. Enfin le prince protégera la religion , non sans doute en se prêtant aux fausses crain^ tes et aux conseils perfides de tous ces politiques ombrageux, si communs de nos jours^ qui ne voient dans la religion qu'une rivale dangereuse contre laquelle un souverain ne sauroit trop se précautionnçr et se mettre en défense; mais en ne voyant dans cette fille du ciel qu'une puissante auxiliaire , qui prête d'autant plus de force à l'auto*** rite , que l'autorité lui en donne ; mais en faisant disparoître ce scandale affligeant d'une religion de l'État qui est hors de TÉtàt, et en se pénétrant de ciette grande vérité , que plus le ressort

(i) Féneloh , Disc, pour le sacre de l'Électeur ie Cologne , 1^' part, Œu^n tpDflp XVJI, p3g, i47f

religieux s'affoiblit, plus l'État s'afibiblit lui-même; de même que , par la raison contraire, tout ce que lautel acquiert de vénération ajoute au respect dû au trône ; que plus la religion sera main* tenue dans sa divine indépendance , plus 1$ souverain aura de puissance et d'autorité; et que plus elle acquerra d'empire sur les cœurs, plus les rois inspireront de confiance et d amour.

Par là , mes Frères, seront à jamais confondus ces hypocrites delà tolérance, qui, ne rêvant que liberté plenière pour les sacrilèges et les profanateurs, ne veulent que des chaînes pour les ministres de Jésus-Christ , ou tout au plus ne leur accordent qu'une protection simulée , qui les tiendront sous la main bien plus que sous Tégide tutélaire du pouvoir souverain : feinte tutelle , ou plutôt humiliante dépendance et véritable asservissement, -que Féneion appeloit un Joug déguisé (i), plus fatal à la religion qu'une persécution ouverte , et non moins indigne de la majesté de la religion que de la majesté du trône»

Ici, mes Frères, notre confiance est d^autant plus grande et plus fondée , que nous en ayons pour garant la parole même de notre Roi , qui , du haut de son trône, nous a fait la solennelle promesse //a proposer successivement les améliorations que réclament les intérêts sacrés de la religion et les parties les plus importantes de notre législation (2)4 Que d'améliorations et de réclamations doivent

(i) Discours déjà cité, pag. i48.

(2) Discours du Roi à louvertui^e de la session des cham- }m*c«, 22 décembre 1824*

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se présenter en foule à un prince que possède l'amour du bien ! Ainsi le mariage sera rendu à sa Traie dignité , le jour du Seigneur à sa rigoureuse observance I Téducation publique à ses anciens principes , aux interprètes nés de la morale, à ses tuteurs naturels et à ses surveillans nécessaires, sans lesquels l'éducation et Tinstruction seront également insuffisantes et incomplètes. Ainsi seront revisées ces lois appelées organiques, qui retiennent encore dans une vraie servitude cette belle église de France, laquelle, dans letat précaire où elle vit, n'est plus qu'une ombre d elle-même ; et pour tout dire enfio , nous verrons notre Code affranchi de tant de lois dont gémissent les vrais Français et les dirélîens fidèles , de lois sorties du sein de la révolution, et qui portent la tache de leur origine, de lois aussi impies dans l'esprit que dans la lettre , de lois enfin que l'on ne peut voir sans douleur figuier encore auprès de celles que la légitimité a marquées de 50 Q sceau , et qui , si elles restoient en ligueur feroient languir la religion , ébranleroient

• rÊtat et corromproient l'esprit national.

La confiance que nous avons, mes Frères, de voir bientôt ces heureuses et indispensables améliorations , s'accroît et se fortifie encore par l'assurance que nous a donnée notre Roi , que connaissant tous les devoirs de la royauté^ et fort de son q^mour

pour ses peuples ^ il aura, avec l'aide de Dieu, le courage et la fermeté nécessaires pour les bien

remplir (i). Il est donc convaincu, ce prince re-

(i) Discours du Roi, déjà cité.

ligieùx , que Ton ne fait rien de grand sans la raison unie à la force , que la vérité et la justice ne sont que force , que la paix même n est que dans la force, que régner c'est vouloir fortement, et que rien de ce qui est fotbl^ ne saurait jamais être ni utile ni bon. Il s'est donc dit à lui-même , qu'où il n'y a pas un roi qui gouverne , le peuple tombé et se perd j ubi non est gubernator, populus corruet

(PROV. XI, i40«

Il les a donc entendues ces paroles du Seigneur à Josué , lorsqu'il fut établi prince , après Moïse : Soyez ferme et courageux , et je serai a^ec vous ^DEOTER. XXXI, 23.). N'en doutons pas, mes Frères, Dieu sera avec ce pieux monarque; il le couvrira de l'ombre de ses ailes, il l'investira de sa force et de ses lumières , il lui donnera le vouloir et le faire (philip. ii , i3. ). Armé du casque de la foi et du bouclier de la justice , ce prince magna* nime forcera le vice audacieux à rougir de lui-mê* me, le vil blasphémateur à se cacher dans les ténèbres, et, pour parler avec l'Esprit saint, ///e confondra d'un souffle de sa bouche, et rexter^' minera d'un seul de ses regards (II thess. u , 8. ). 11 mettra fin à cette eflFroyable circulation des livres empoisonnés , avec laquelle il faudroit désespérer du salut de la France , fléau qui n^a point d'exemple chez aucun peuple civilisé. Ainsi disparoîtront , avec l'aide de Dieu, tant de honteuses concessions, et un fatal système d'accommodemens et de pal-» liati& qui fait toute la politique du siècle, et qui jusqu'ici n'a profité qu'aux méchans et aux ennemiis

de Tordre public j trêve honteuse avec toutes les règles, balance sacrilège entre le vice et la yertu , entre la vérité et le mensonge 3 alliance perfide avec toutes les opinions et toutes les croyances , et enfin oubli et confusion de tous les principes , vraf marasme moral, avec lequel un État ne peut que tomber en lambeaux et en pourriture.

Mais pour que Dieu vienne à son aide , mes Frères, il faut que nous l'aidions nous-mêmes, que noas nous hâtions de le seconder dans ses magnanimes résolutions, et de nous rendre dignes de lui, en répondant par nos efforts aux élans généreux de son ame» Et de quoi serviroit, pour notre renaissance à la vie , sa fermeté et son xourage ? comment paurroit-il réformer TÉtat, si nous ne commencions par nous réformer nous-mêmes?

comment pourroit-il nous défendre au dehors , si l'Etat étoit piqué au cœur par le venin des doctrines licencieuses et par la lèpre de lathéisme , mille fois plus fatale que celle qui jadis affligea nos pères ? comment , eut-il même toute la sagesse de Salomon, tout le courage deDa vid ,.et toute la piété de Josias, pourroit-il être maître d'une nation indisciplinée , impatiente.de tout joug, mécontente de tout, et d'autant plus difficile et exigeante pour ses chefs et ses guidas , qu'elle seroit plus facile et plus indulgente pour elle-même ? Et si l'on a dit qu'il faut être des dieux pour gouverner les hommes, que faudroit-il donc être pour gouverner cette nouvelle race d'hommes, où il y auroit autant d opinions 4)ue de tciesj autant de folies que d'opinions , et qui^

n'ayant plus d'autre esprit que l'intërêt particulier et le vil égoïsme , resteroit aussi perverse et aussi immorale que la révolution elle-même qui l'a créée? Que faire donc , mes Frères, dans cette grande circonstance , où l'État va être béni et consacré ea quelque sorte dans la personne de son chef, âinon de jurer avec lui (T être fidèles à la loi de Dieu, afin quelle nous soit fidèle ( eccli. xxxiii > 3. ) ; sinon de nous rallier déplus en plus sous Toriflamme de Clovis et sous la bannière de saint Rémi , son illustre consécrateur; de ranimer en nous le respect pour les traditions de nos pères; et de ne perdre jamais de vue ce conseil salutaire que nous donne l'Esprit saint , de remontera la source, et de consulter les anciens dans lesquels seuls réside la sagesse ; in an^ tlquis sapientia (job. xu, i2.)? Que faire? sinon de nous défendre de plus en plus de cet esprit d'innovation^ la plus funeste maladie qui puisse travailler un empire; de fermer l'oreille à toutes les suggestions de ces perfides enchanteurs dont parle le prophète (isai. xlviî, 12.)', qui veulent être plus habiles que le temps, plus savans que lexpérience , plus forts que la nécessité ; et de repousser bien loin de nous tous ces nouveaux dispensateurs de la lumière, ces apôtres sans mission , qui , dégoûtés de tout , excepté de détruire , poudroient nous ramener à l'enfance du inonde, et qui , tout fiers de n'avoir point d'aïeux , et de ne plusse reconnoître eux-mêmes, vont cherche^ leurs publicistes chez des peuples révoltés , leur organisation sociale parmi les hordes sauvages ,

et leur civilisatîon dans des pays livrés à ranarcfate. Cest alors ,' mes Frères , mais alors seulement qae. commeocera DOtre véritable restauration , et que la France reprendra sa grandear première ; c'est par œt heureux concours du prince et des sujets que s'affermira le sol encore mouvant sur . leqod nous marchons , et que seclaircira tota- IcBoent notre horizon , encore rembruni de tant de nuages. Oui, nous aimons à nous laisser aller i cese^raoces^ le plus riant avenir semble s'of- ùir à nos yeux , et l'aurore du nouveau règue est pent-^tre pour nous une nouvelle ère, non de rmisortj mais de sagesse, de juslice et de foi; nous Terrons les camp^oes abandonnées , où n'ont crû josqu'à présent que des ronces et des épines, renaître à la vie , se ranimer à la voix de leurs nouveaux pasteurs, et pour parler avec l'Esprit saint, refleurir comme les lis (isai. xxxv, i.),- ]es lis eux-mêmes acquérir parmi nous un nou' veau degré de splendeur , et se ..relever encore plus sur leur tige 8uperbe> La race auguste de nos rois nous deviendra de plus en plus chère et précieuse j leur trône s'affermira plus que jamais , et durera , comme celui de David , autant que le soleil f (ps, lxxxviii , 38.). La France, abjurant ses erreurs , redeviendra le royaume chéri de Dieu , sa nation privilégiée ; et avec la religion tous les biens nous seront donnés , les biens de la vie et les biens de la grâce , l'union des cœurs an dedans et la sûreté au dehors , la confiance pour le pi'ésent et la sécurité pour l'avenir. L'hydre saD-

SVK LE SACUE. 4'^^,

glante des résolutions, pour jamais étouffée , rentrera daos les enfers d'où elle étoit sortie ; enfin le génie du mal étant enchaîné sans retour, m)us jouirotis en paix de ces consolantes promesses que le Seigneur nous fait dans ses Écritures : Le roi sera pour son peuple comme un refuge et une retraite après la tempête.

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