‹ Sermons et discours inéditsChapitre 63 sur 63 · POUR UNE PROFESSION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

POUR UNE PROFESSION RELIGIEUSE

donc point vrai que Dieu ne récompense pas les Justes sur la terre. Dites-le nous, vierges de Jésus- Christ, si jamais votre époux vous a été infidèle, si jamais il a manqué à ses promesses, s'il ne vous donne point ce centuple qu'il vous avoit annoncé , s'il ne vous fournit point autant de secours que vous avez de devoirs à remplir, autant de consolations que vous faites de sacrifices,' autant de grâces qu'il exige d'épreuves. Dites-nous si vous changeriez votre état, si le monde excite votre envie , si vous quitteriez les pavillons de Jacob pour les tabernacles de Gédar : dites-le nous.

Peut-être que les mondains ne vous croiront pas : parce qu'ils ont vu quelquefois des vierges insensées qui ont laissé éteindre leur lampe, des victimes infortunées que l'intérêt ou la crainte ont traînées à l'autel ; parce que ces victimes gémissent sous des chaînes qu'elles ne se sont pas imposées, ou qu'elles ont prises trop légèrfement, et parce que les dégoûts et les murmures régnent dans ces maisons où s'est introduit le relâchement , ou s'est altérée la ferveur primitive , ils croient que toutes les maisons de Sion ne sont que des maisons de deuil , de repentir

et de contrainte Non, ils ne le croient pasj

ce n'est dans eux qu'un vain langage, ce n'est pas une persuasion. Ils savent que l'ennui, que les murmures ne régnent que là où règne la tiédeur , que le repos ne fuit ici qu'avec la régularité , que le dégoût de la règle n'est jamais que le fruit de la dissipation , qu'on ne trouve d'autres chagrins dans le cloître que ceux que le monde y apporte,

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que la vierge, la plus fervente est toujours la plus heureuse, et qu'enfin un seul jour passé dans le sanctuaire vaut mieux que mille sous les tentes des pécheurs.

Un seul jour, ma chère sœur! et qu'est-ce donc que d'y passer toute sa vie? Toute sa vie! ô Dieu, l'ai-je hien entendu? toute la vie dans votre maison, dans le secret de votre face , dans l'assemhlée des justes! toute la vie dans les doux liens de la fraternité, d'une sainte union ^ d'un support mutuel I toute la vie dans la consolation des Écritures, dans les chants de Sion, dans le recueillement et le silence, l'adoration et la prière! ô Dieu, toute la vie à vos pieds , pour mourir un jour dans vos hras! Hâtez-vous donc, ma chère sœurj fidèle servante, entrez dans la joie de votre Seigneur j entrez dans cet ùsile saint, où vous n'allez plus respirer que l'air de Tinnocence , que l'odeur des parfums de répoux; arrachez généreusement toutes ces dépouilles du siècle, ces tristes gages de votre servitude ; parez-vous du vêtenaent du salut et des ornemens de la justice ; qu'en ce moment tout le vieil homme s'anéantisse; prononcez à la vanité son arrêt, et au monde son anathème. L'insensé, iliélas! peut-être il pleure en ce moment sur vous : ah! dites-lui de pleurer sur lui-même. Vous entrez, dans le port, et il reste exposé à la merci des flots; vous hrisez tous vos liens , et il gémit sous le poids de ses chaînes ; vous allez vous asseoir dans la beauté de la paix , et il s'agite dans les fureurs de la discorde. Grand Dieu! achevez donc votre

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5l4 l'OUR UNE PROFESSION RELIGIEUSE,

ouvrage 5 purifiez entièrement cet holocauste; parez vous-même la victime que vous destinez à Tautel; ratifiez du haut du ciel la résolution généreuse que vous lui avez vous-même inspirée ; et comme vous en êtes le dépositaire, daignez aussi en être pn jour la récompense. Ainsi soit^il.

FIN PU TOMf: SECOND,

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