‹ Sermons et morceaux choisis de MassillonChapitre 140 sur 145 · II.VSSILLON · texte numérisé non relu

II.VSSILLON

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tion; le censeur de la licence publique; enfin un de ces hommes qui semblent être comme les restes des anciennes mœurs , et qui ne sont pas de notre siècle'.

L'autre *, d'un génie vaste et heureux ; d'une candeur qui caractérise toujours les grandes âmes et les esprits du premier ordre ; l'ornement de l'épiscopat, et dont le clergé de France se fera hoi^ neur dans tous les siècles ; un évéque au milieu de la cour ; l'homme de tous les talents et de toutes les sciences; le docteur de toutes les Églises; la terreur de toutes les sectes; le Père du dii-Mptième siècle, 0l à qui il n'a manqué que d'être né dans les premiers temps, pour avoir été la lumière des conciles , l'âme des Pères assemblés , dicté des canons , et présidé à Nicée et à Êphèse.

Deux hommes uniques chacun dans leur caractère , et qu'on aurait cru ne pouvoir plus être remplacés après leur mort, si ceux qui leur ont succédé dans l'éducation du prince qui doit régner ne nous avaient appris que la France ne fait guère de pertes irréparables.

(Orais. funéb. du Daupkin.)

PORTRAIT D'aBEILARD.

Cet homme enflé d'une vaine science , et pourvu de ces talents naturels propres à séduire les esprits, et à donner au mensonge tout l'air de la vérité; éloquent, poli, artificieux dans ses discours, vain de mille connaissances singulières, avait entrepris de rendre les mystères de la foi palpables à la raison humaine ; et, au lieu de cette lampe qui luit dans un lieu ténébreux , y introduire une lumière qui ne paraîtra que lorsque nous serons transformés de clarté en clarté. Déjà les fidèles, attirés parles charmes de son éloquence et par l'ascendant de la nouveauté , toujours inévitable en matière de religion sur l'esprit des peuples , commençaient à franchir les bornes saintes que nos anciens avaient si sagement posées. Ce mystère d'iniquité n'opérait presque plus en secret ; et Abeilard , fier de son succès, défiait hautement le peuple de Dieu, comme ce géant des Philistins, de lui opposer un ennemi digne de lui : mais l'insolence de cet hérésiarque préparait à Bernard une nouvelle

' Bossuct.

DE HASSILLON. 610

gloire. Tous deux se rendent au concile de Sens ; et là , devant les pontifes du Seigneur^ la science qui enfie cède à la simi^icité qui édifie ; les paroles artificieuses de la sagesse hutnaine , à la vertu de la croix et de Fesprit ; et le philosophe le plus orgueilleux de son temps, à un scribe instruit dans le royaume des cieux,

(PanégM saint Bernard . )

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