‹ Sermons et morceaux choisis de MassillonChapitre 31 sur 145 · ECCL., C. 3, V · texte numérisé non relu

ECCL., C. 3, V

DE GABÊMB. ' 8d

entres sur le trône ! La gloire des conquêtes et des triomphes a-t-elle rien qui égale ce plaisir? Mais de plus, Sire, si la gloire des conquérants vous touche, commencez par gagner les cœurs de vos sujets; cette conquête vous répond de celle de l'univers. Un roi cher à une nation valeureuse comme la vôtre n'a plus rien à craindre que l'excès de ses prospérités et de ses victoires.

Écoutez cette multitude que Jésus-Christ rassasie aujourd'hui dans le désert; ils veulent l'établir roi sur eux : ut râpèrent eum, etfacerent eum regem ^ Ils lui dressent déjà un trône dans leur cœur , ne pouvant le faire remonter encore sur celui de David et des rois de Juda ses ancêtres : ils ne reconnaissent son droit à la royauté que par son humanité. Ah! si les hommes se donnaient des maîtres, ce ne serait ni les plus nobles ni les plus vaillants qu'ils choisiraient ; ce serait les plus tendres , les plus humains , des maîtres qui fussent en même temps leurs pères.

^Bureuse la nation, grand Dieu, à qui vous destinez dans votre miséricorde un souveram de ce caractère ! D'heureux présages semblent nous le promettre : la clémence et la majesté , peintes sur le front de cet auguste enfant, nous annoncent déjà la félicité de nos peuples; ses inclinations douces et bienfaisantes rassurent et font croître tous les jours nos espérances. Cultivez donc , ô mon t)ieu , ces premiers gages de notre bonheur ! rendez-le aussi tendre pour ses peuples que le prince pieux auquel il doit la naissance, et que vous n'avez fait que montrer à la terre. Il ne voulait régner , vous le savez , que pour nous-rendre heureux; nos misères étaient ses misères, nos afflictions étaient les siennes, et son cœur ne faisaitqu'uncœur avecle nôtre. Que la clémence et la miséricorde croissent donc avec l'âge dans cet enfant précieux, et coulent en lui avec le sang d'un père si humain et si miséricordieux ! que la douceur et la majesté de son front soit toujours une image de celle de son âme! que son peuple lui soit aussi cher qu'il est

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lui-même cher à son peuple ! qu'il prenne dans la tendresse de ia nation pour lui la règle et la mesure de Tamour qu'il doit avoir pour elle ! par là il sera aussi grand que ton bisaïeul , plus glorieux que tous ses ancêtres ; et son humanité sera la source de notre félicité sur la terre et de son bonheur dans le ciel. Ainsi soit-il.

SERMON

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