LÀ MORT DU PBCHEUB
ves et des tribulations est fini ; voici enfin le juste Juge qui vient brisi^ les liens de votre mortalité ; retournez dans le sein de Dieu d'où vous étiez sortie; quittez enfin un monde qui n'était pas digne de vous : Prqficiscere, anima chris- -tiana. Le Seigneur s'est enfin laissé toucher à vos larmes ; il vient enfin vous ouvrir la voie des saints et les portes éternelles : Partez, âme fidèle, allez vous réunir à l'Église du ciel qui vous attend ; souvenez-vous seulement de vos frères que vous laissez sur la terre, encore exposés aux tentations et aux orages ; laissez-vous toucher au l^iste état de l'Église d'ici-bas, qui vous a engendrée en Jésus -Christ, et qui vous voit partir avec envie ; sollicitée la fin de sa captivité , et sa réunion entière avec son Épou», dont elle est encore séparée : Prqficiscere , anima chrisUana, Ceux qui dorment dans le Seigneur ne périssent pas sans ressource ; nous ne vous perdrons sur la terre que pour vous retrouver dans peu avec Jésus-Christ dans le royaume de ses saints : le corps que vous allez laisser en proie aux vers et à la pourriture , vous suivra bientôt immortel et glorieux ; pas un cheveu de votre tête ne périra ; il restera dans vos cendres une semence d'immortalité jusqu'au jour de la révélation , où vos os arides se ranimeront, et paraîtront plus brillants que la lumière. Quel bonheur pour vous , d'être enfin quitte de toutes les misères qui nous affligent encore; de n'être plus exposée comme vos frères à perdre le Dieu que vous allez posséder ; de fermer ' enfin les yeux à tous les scandales qui nous contristent ; à la vanité qui nous séduit, aux exemples qui nous entraînent , aux attachements qui nous partagent , aux agitations 'qui nous dissipent ! Quel bonheur de sortir enfin d'un lieu où tout nous lasse et tout nous souille ; où nous nous sommes à charge à nous-mêmes, où nous ne vivons que pour nous rendre malheu reux ; et d'aller dans un séjour de paix , de joie , de sérénité, où l'on n'a plus d'autre occupation que de jouir du Dieu que l'on aime! FrqficUcere, anima christiana.
Quelle nouvelle de joie et dlm mortalité alors pour cette âme juste ! Quel ordre heureux ! Avec quelle paix , quelle con-
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fiance , quelle action de grâce Taccepte-t-elle ! £lle lève au ciel , comme le vieillard Siméon , ses yeux lAOurants ; et, regardant son Seigneur qui vient à elle : Brisez , ô mon Dieu , quand il vous plaira , lui dit-elle en secret , ces restes de mortalité , ces faibles liens qui me retiennent encore ; j'attends dans la paix et dans l'espérance l'effet de vos promesses éternelles. Ainsi , purifiée par les expiations d'une vie sainte et chrétienne , fortifiée par les derniers remèdes de TÉglise , lavée dans le sang de l'Agneau, soutenue de l'espérance des promesses , consolée par l'onction secrète de l'esprit qui habite en elle , mûre pour l'éternité , elle ferme les yeux avec une sainte joie à toutes les créatures, elle s'endort tranquillement dans le Seigneur, et s'en retourne dans le sein de Dieu, d'où elle était sortie.
Mes frères , les réflexions sont ici inutiles. Telle est la fin de ceux qui ont vécu dans la crainte du Seigneur : leur mort est précieuse devant Dieu comme leur vie. Telle est la fin déplorable de ceux qui l'ont oublié jusqu'à cette dernière heure : la mort des pécheurs est abominable aux yeux de Dieu comme leur vie. Si vous vivez dans le péché, vous mourrez dans les horreurs et dans les regrets inutiles du pécheur , et votre mort sera une mort éternelle. Si vous vivez dans la justice , vous mourrez dans la paix et dans la confiance du juste , et votre mort ne sera qu'un passage à la bienheureuse immortalité. Ainsi soit-il.
POUR LU VENDREDI DE Lk SECONDE SEMAINE DE CARÊME.