‹ Sermons et morceaux choisis de MassillonChapitre 9 sur 145 · E 1.A PURIFICATION · texte numérisé non relu

E 1.A PURIFICATION

louable que de laisser des exemples qui deviendront les titres les plus précieux de la monarchie , et les monuments publics de la justice et de la vertu ! enfin , quoi de plus grand que d'être né pour le bonheur même des siècles à venir , de compter que nos exemples seuls formeront une succession de vertu et de crainte du Seigneur parmi les hommes , et que de nos cendres mêmes il en renaîtra d'âge en âge des princes qui nous seront semblables !

Telle est, Sire , la destinée des bons rois ; et tel fut votre auguste bisaïeul , ce grand roi que nous vous proposerons toujours pour modèle : hélas ! il le sera de tous les rois à venir. N'oubliez jamais ces derniers moments où cet héroïque vieillard , comme aujourd'hui Siméon , vous tenant entre ses bras , vous baignant de ses larmes paternelles , et offrant au Dieu de ses pères ce reste précieux de sa race royale , quitta la vie. avec joie , puisque ses yeux voyaient l'enfant miraculeux que Dieu réservait encore pour être le salut de la nation et la gloire d'Israël.

Sire, ne perdez jamais de vue ce grand spectacle , ce père des rois , mourant , et voyant revivre en vous seul l'espérance de toute sa postérité éteinte ; recommandant votre enfance à la tendre et respectable dépositaire ' de votre première éducation , laquelle , en formant vos premières inclinations , et pour ainsi dire vos premières paroles , fut sur le point de recueillir vos derniers soupirs; confiant le sacré dépôt de votre personne au pieux prince > qui vous inspire des sentiments dignes de votre sang ; à l'illustre maréchal ^ qui a reçu comme une vertu héréditaire la science d'élever les rois , et qui , devenu un des premiers sujets de l'État, vous apprendra à devenir le plus grand roi de votre siècle; au prélat fidèle < qui, après avoir gouverné sagement l'Église, lui formera en vous son plus zélé protecteur; enfin à toute la nation, dont vous êtes en même temps et le précieux pupille et le père.

Puissiez- vous , Sire, n'effacer jamais de votre souvenir les

' Madame la dachesse de Ventadour. -- ^ Le duc du Maine. — ^ Le niart'chaLde Viliecoi. — * L'ancien Ovèiiue de Fréjus.

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