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Sermons inedits

Quand M&r Freppel mourut, le 22 décembre 1891, son écrin littéraire renfermait déjà trente-trois volumes (1). Quinze avaient paru avant 1870; puis, comme une série de bonnes récoltes grossissent d'année en année le fonds du moissonneur, dix-huit tomes d'oeuvres épiscopales et parlementaires étaient venus s'ajouter aux leçons, aux polémiques, aux discours de l'ancien professeur de Sorbonne. On s'étonnait de voir germer tant de livres d'une vie relativement courte, où l'action n'avait pas tenu moins de place que l'étude et la parole. Néanmoins, dans les cartons de l'Evêque d'Angers, il restait encore d'abondantes réserves ; si bien que, depuis sa mort, on a pu, sans glaner trop ras, trouver matière à neuf autres

(1) Cours d'éloquence sacrée (10 vol.) ; Sermon sur la vie chrétienne (1 vol.) ; Conférences sur la Divinité de Jésus-Christ (1 vol.) ; Œuvres oratoires et pastorales (11 vol.) ; Œuvres polémiques (9 vol.) ; La Révolution française à propos du centenaire de ij8g (1 vol.)

volumes (i). De ce nombre est l'ouvrage que nous offrons au public sous le titre de Sermons de M?r Freppel.

Certains jugeront que nous avons été quelque peu téméraires , en éditant beaucoup de manuscrits que Fauteur avait craint ou négligé de produire, et dont peutêtre il avait perdu la trace. De fait, quand un écrivain s'est acquis de la distinction dans les lettres, c'est souvent compromettre la gloire du maître que d'exposer à la critique les essais du jeune homme.

Nous répondrons d'abord que ce jeune homme fut maître de bonne heure. A l'âge où d'autres cherchent péniblement leur voie à travers l'obscurité d'un début, l'abbé Freppel n'était pas sans renom dans le clergé de Paris. En i852, il avait 25 ans : déjà, il avait été professeur à l'Ecole des Carmes et supérieur d'un collège libre à Strasbourg ; il venait d'obtenir au concours une stalle de chapelain à Sainte-Geneviève, poste d'honneur où il connut les applaudissements du quartier latin. Ses Conférences à la jeunesse n'indiquent point un médiocre talent. En i855, âgé de 28 ans, il occupait à la Sorbonne la chaire d'éloquence sacrée ; et l'on peut dire qu'il jouissait dès lors , et comme professeur et comme prédicateur , d'une réputation qui ira toujours grandissant. Or, les sermons que nous publions aujourd'hui, avec quelques

(1) Bossuet et l'éloquence sacrée au xvn« siècle (2 vol); Cornmodien, Arnobe, Lactance ; fragments divers (1 vol.); Conférences de Sainte-Geneviève {2 vol.) ; Sermons (2 vol); tome XII des Œuvres oratoires et pastorales ; tome X des Œuvres polémiques. Ajoutons que M. l'abbé Merklin, aumônier des Dames de l'Assomption, à Paris, a eu la bonne pensée de résumer tout le cours de Sorbonne en un volume in-80, intitulé : Les Pères de l'Église des trois premiers siècles ; Portraits et notices, extraits du Cours d'éloquence sacrée de Mzr Freppel.

allocutions postérieures, appartiennent à cette époque déjà brillante, comprise entre les années i852 et i859 : a priori, il y avait donc chance de trouver parmi eux des compositions de valeur.

Ensuite nous ferons remarquer que nous n'avons pas puisé à pleines mains, et sans discernement, dans les discours qui nous restent de cette période initiale. Quelques-uns sont des notes informes ou paraissent inachevés ; d'autres, ceux-là surtout qui sont antérieurs à i852, ne méritent guère d'aller aux presses ; beaucoup enfin ont été tellement pillés ou mutilés par l'auteur qu'on n'en retrouve plus la suite. Qui dira dans quel désordre gisaient tous ces manuscrits troublés par vingt déménagements? Mais, pourtant, à travers cette paille nous avions l'espoir de trouver du bon grain. Nous avons élagué résolument ce qui était ou trop défectueux, ou incomplet ou de minime importance. Après ce premier triage, en rapprochant comme dans un jeu de patience des fragments de même encre et de même écriture, des feuilles plus ou moins numérotées, nous avons pu reconstituer, dans leur texte intégral, les sermons qui remplissent nos deux volumes. Nous devions au lecteur ces explications : il appréciera si nous avons fait d'heureux choix.

On voit que nous n'avons dans ce recueil que la moindre part des sermons de M»'1* Freppel. Il en a laissé perdre un grand nombre ; il en a utilisé beaucoup d'autres, les meilleurs sans doute, pour ses discours de circonstance, panégyriques, oraisons funèbres, allocutions de toutes sortes. Qu'il se servît de son fonds de réserve, c'était assurément son droit et nul ne l'en blâmera. Tout orateur agit de même. Obligé de parler sans cesse, souvent presque à l'improviste, il s'estimait heureux

d'avoir, comme on dit, du pain sur la planche. Si le temps de la réflexion lui manquait, il tirait à la hâte, de ses liasses jaunies, une idée générale que jadis il avait mise en forme pour quelque vieux sermon. Mais la feuille envolée ne revenait plus au tiroir et le discours primitif restait démembré. C'est ainsi que nous ont échappé la plupart de ses instructions de Carême et d'Avent, et plusieurs panégyriques dont nous retrouvons à peine quelques fragments épars.

M. l'abbé Freppel prêcha beaucoup durant les dix-huit années de son séjour à Paris. Ni le ministère très doux et très fructueux qu'il exerçait à Sainte-Geneviève auprès des étudiants, ni les graves travaux de la Sorbonne ne suffisaient à son activité dévorante. Puis , comment résister au flot des solliciteurs ? A Paris, pour peu qu'un orateur se révèle, il s'aperçoit bien vite qu'il ne s'appartient plus, et les piédestaux ne manquent point à sa gloire. Le vénérable M. Deguerry, curé de la Madeleine, fut de ceux qui, dès le principe, contribuèrent le plus à mettre en évidence l'abbé Freppel et qui lui firent l'honneur de l'apprécier davantage. L'Evêque d'Angers lui en garda toujours une affection reconnaissante. « C'est dans cette même église de la Madeleine, disait-il en 1873, que j'ai débuté il y a quelque vingt ans, jeune prêtre de l'Alsace, arrivé à Paris sur l'invitation d'un Prélat dont le zèle et l'esprit d'initiative égalaient la bonté. La chaire où je viens de monter fut la première qui s'ouvrit devant moi, et celui qui voulut bien m'y introduire était l'un de ces hommes dont le souvenir ne s'efface plus jamais du cœur de tous ceux qui ont eu le bonheur de les connaître. Il aimait la jeunesse et se plaisait à l'encourager ou à l'aider de ses conseils, comme il pouvait d'ailleurs lui servir de modèle

par sa parole et par ses actes Pour moi, qui plaçais

son amitié parmi les bonheurs de ma vie, je n'approchais jamais de cet homme si simple et si grand sans me sentir meilleur (i). » C'est à la Madeleine que ce jeune prêtre de 26 ans donna, pour la première fois, le Vendredi-Saint de Tannée i854, devant le plus bel auditoire de Paris, son sermon des Sept Paroles (2). On sait que, dans ces sortes de discours mêlés de symphonies, l'orateur doit savoir se plier aux exigences un peu théâtrales de la piété parisienne et, sous peine de passer pour inhabile, achever son dernier mot sur les coups de trois heures, signal de la prostration. L'abbé Freppel réussit aussi bien qu'on pouvait l'espérer. Il prêcha au moins deux Carêmes à la Madeleine (i863 et 1867), un Carême (i855) et deux Avents (i854 et i85q?) à Saint-Roch. Son carême des Tuileries (1862), sur la Vie chrétienne, est le seul qui soit imprimé. Comme la renommée de l'orateur fait d'ordinaire les bonnes quêtes, on le retenait à chaque instant pour des sermons de charité : on le demandera même de Mulhouse et d'Orléans. Fêtes patronales, adorations perpétuelles, retraites d'hommes, toutes ces solennités qui animent la vie paroissiale étaient prétextes à l'inviter. On trouvera , dans notre recueil , un écho de ces prédications multiples. Pour le classement nous avons adopté l'ordre des sujets, sans tenir compte des dates : il ne faudra donc pas s'étonner si des discours qui se suivent ne se ressemblent parfois ni de ton ni de forme. Au surplus, cette variété ne saurait déplaire et peut prêter à de curieux parallèles.

(1) Disc, en faveur du patronage cathol. des Alsaciens-Lorrains ; Œuvr. orat. et past., II [, 184, i85.

(2) Sermons, T. I.

io PREFACE

Ces sermons , qui donnèrent à l'abbé Freppel son premier éclat d'orateur, n'ont point été revus ni corrigés par lui : il est fort probable qu'il en eût élagué plusieurs ou même qu'il n'en eût publié aucun de son vivant. Sa gloire s'était couronnée de tant de palmes vigoureuses, qu'elle pouvait négliger les jeunes pousses. Puis, chaque auteur arrive à se faire des habitudes de style qui sont sa marque distincte devant l'histoire et aux yeux de la critique. La plume de M?r Freppel avait appris très vite et avait perfectionné par l'usage une certaine façon d'écrire qu'il jugeait être la bonne et qu'il voulait être la sienne. De là vient qu'il se sentait moins d'attrait pour les œuvres de sa première manière. Nous ne prétendons point qu'il eût tort, mais nous avons pensé que le public se montrerait moins sévère et suivrait avec intérêt la progression d'un beau talent.

Qu'il y ait des imperfections dans ces pages, écrites non pour être lues, mais pour être parlées, nous le reconnaissons sans peine. Concevrait-on qu'il en fût autrement ? Tel discours s'embarrasse d'idées générales et de lieux communs, oubliant d'aller droit au but. Ici ou là, l'expression, toujours correcte, souvent étincelante, conserve un peu d'emphase, ou bien l'auteur pousse trop loin l'effort pour produire sa phrase et son effet. Peut-être aussi, à vouloir tout expliquer, abuse-t-il quelquefois de la raison a priori, voisine de l'esprit de système : c'est l'écueil d'une logique inflexible qui, tenant le milieu du fil, n'a de cesse qu'elle n'ait touché les deux bouts.

Mais, combien de qualités rachètent ces légers défauts ! Le style est net et de bonne venue , cherchant plutôt à éclairer qu'à éblouir. Professeur même en chaire, l'abbé Freppel s'applique avant tout à instruire l'auditoire et à faire pénétrer la doctrine : ce qu'il voit d'un œil lucide, il

PREFACE ii

le présente dans un jour excellent. Cette transparence de Tidée fut toujours sa principale force : quiconque a manié la parole ou la plume conviendra que c'est l'art difficile et la marque du vrai talent. Or, un prêtre qui perçoit clairement la beauté de nos dogmes, et dont l'esprit s'est comme imprégné des divines lumières de la foi, arrive naturellement à l'éloquence. Tel est le cas de M^r Freppel. A part quelques mouvements où la rhétorique se laisse encore deviner, on sent que la chaleur vient d'une conviction profonde ou d'une indignation généreuse. Comme il se plaît à flageller devant la crèche l'orgueil des sophistes, philosophes aux vues étroites , qui feignent « de se scandaliser de cette apparition de Dieu dans la chair ! » Quand il dépeint « la grande procession de l'humanité vers Dieu », les gloires et les déchéances de notre nature, les ignominies et le triomphe de la croix, ses tableaux ont de puissants reliefs et des traits qui enfoncent. Regardez ces deux peuples que Dieu a menés par la main sur le mont du Calvaire :

« Ils sont là, sous le gibet du Golgotha, l'un tenant en main ce flambeau de la foi qui l'aveugle au lieu de l'éclairer, l'autre, ce glaive des batailles qui va se retourner contre lui et se briser entre ses mains. Ils sont là, ces deux plus hauts représentants des vieux âges , le peuple juif avec son temple, ses Ecritures et ses quinze siècles de vie prophétique et de royauté divine ; le peuple romain avec son sénat, ses consuls, et ses huit cents ans de vie

guerrière et de souveraineté terrestre Ils sont là ,

debout au pied de la croix ; toutes les nations y sont avec eux : grand Dieu ! que vont-ils faire ? Ce qu'ils vont faire ? Ils vont consommer la malice humaine dans le déicide. Puis, lorsqu'ils auront accompli cette suprême iniquité, Dieu les repoussera de la croix de son Fils et, avec eux,

le vieux monde ; l'un s'en ira, meurtri sous les coups de l'autre, sans temple, sans sacrifices, sans patrie, promener ses débris étranges sur toute la surface du globe ; et l'autre, ce colosse de fer et d'argile, frappé par la pierre de la montagne, traînera sur la terre ses restes épars, jusqu'à ce qu'un jour des vengeurs inconnus en balayent la poussière aux quatre vents du ciel ; et alors de nouvelles nations, partant du pied de la croix, élèveront sur les ruines du passé un édifice nouveau , la république chrétienne : consummatum est I « tout est consommé ! » M. l'abbé Freppel fut, dès sa jeunesse, l'esprit sérieux, l'homme de science et de tradition, qui veut marcher sûrement dans les grands chemins de la doctrine. Hostile aux nouveautés , il se tient aussi en garde , comme dit Pascal, contre cette « piperie » qu'une fausse sentimentalité apporte à la raison. Pour qu'il se sente à l'aise, il faut qu'il ait le pied sur le dogme, sachant bien que ce roc est le fondement nécessaire de l'Eglise. « A quoi bon les mystères ? Mais les mystères, c'est la source des commandements et la racine des préceptes. Eh ! quelle serait donc, je vous le demande, quelle serait auprès de vous notre force et notre autorité si, sans recourir à ces dogmes profonds, d'où part et où revient toute morale, nous montions dans cette chaire , pour vous dire tout uniment : Soyez pauvres, devenez humbles, faites-vous petits? Vous ririez de nos maximes, ou bien vous les entendriez, l'œil sec et le cœur froid , comme on écoute les rêveries d'un dilettante ou d'un idéologue. Mais Dieu nous garde de vous parler de la sorte ! Nous appuyons notre doctrine sur ces actes mystérieux de la divinité, sur ces hautes leçons, sur ces grands exemples; nous vous plaçons entre Bethléem et le Calvaire, en vous disant, une main étendue vers la crèche et l'autre vers la croix :

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Voyez, chrétiens, c'est Dieu lui-même qui s'humilie, qui s'abaisse, qui s'anéantit ! Puis donc qu'il fait si peu de cas de ce que vous recherchez le plus, il faut bien que les richesses, les honneurs, les plaisirs ne soient que vanité et néant ! Voilà pourquoi notre parole revêt comme la puissance des dogmes qu'elle prêche. »

Dans ses sermons de jeunesse, comme dans les œuvres de sa maturité , on trouve à chaque page les larges synthèses et les vues d'ensemble. Il a de l'envergure et plane au-dessus des détails qu'il observe moins que d'autres, regardant de plus haut et plus loin. Certains se sont demandé si cette méthode n'est pas la seule qui convienne à l'éloquence populaire : Mgr Freppel n'était pas loin de le penser et il avait coutume de dire , en plaisantant, qu'un lieu commun habilement présenté ne manque jamais de produire impression sur les masses. Pratiquement, c'est ce qui permettra toujours au clergé de consulter avec fruit les œuvres de l'Evêque d'Angers : les prêtres trouveront là une mine féconde, où les idées générales, ces bons outils de la prédication, sont apprêtées de main d'ouvrier.

Il y a aussi, dans les sermons de l'abbé Freppel, un grand accent de foi , le ton du zèle apostolique et même une sorte d'abandon qu'on retrouve plus rarement dans ses autres discours. Nous pourrions en citer maints exemples, si nous ne craignions de faire tourner cette préface en dissertation littéraire. Il nous reste d'ailleurs à dire quelques mots des allocutions qui complètent notre recueil.

Pendant les années 1862, i863, 1864, i865, l'abbé Freppel avait coutume, étant professeur de Sorbonne, de dire la messe, chaque dimanche, dans la chapelle du Luxembourg, pour le personnel de la présidence du

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Sénat. Tempi passati t En ce temps-là, le monde officiel allait encore à l'église ; on célébrait le culte aux Tuileries, on y prêchait le carême, l'empereur présent. Quant à M. Troplong, président du Sénat, il ne croyait pas s'abaisser en faisant comme le chef du pouvoir. Aux jours de fêtes, si ce n'est plus souvent, l'abbé Freppel adressait la parole de Dieu à l'auditoire restreint et choisi du Luxembourg. Par discrétion, il évitait d'être long, inaugurant ces Sermons de cinq minutes que l'Amérique affairée s'efforce de mettre à la mode. Nous en avons reproduit plusieurs : ce sont des entretiens substantiels et pieux, sans prétention, que l'assistance entendait volontiers. Après sa messe, l'abbé Freppel déjeunait à la présidence, et M. Troplong, esprit bienveillant malgré des préjugés tenaces, jurisconsulte distingué, lecteur assidu de M. Coquille dans Y Univers et le Monde, se plaisait à l'interroger sur les sciences ecclésiastiques, en particulier sur le droit canonique qu'il admirait sincèrement. Nous avons pareillement inséré dans nos volumes un certain nombre d'allocutions très brèves, adressées par Mgr Freppel aux fidèles et aux enfants, dans le cours de ses visites pastorales. Les Angevins savent par quelles démonstrations brillantes l'Évêque est accueilli dans ses tournées. Il arrive au village, le soir vers cinq heures ; il trouve tous les fidèles réunis, les rues ornées, l'église pleine. Après la procession, le curé lit son rapport et le prélat répond en donnant à la paroisse des avis opportuns. Or, dans les premiers temps de son épiscopat, Mgr Freppel, peu formé aux improvisations, s'astreignait à écrire le fond de ces menus discours. Pour lui, ce n'était pas une perte de temps, car sa mémoire allait aussi vite que sa plume. D'ailleurs, il avait soin de se faire renseigner d'avance sur les qualités ou les défauts dominants.

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Sa parole, grave et simple, sévère quand il fallait, toujours instructive, tombait lentement sur l'auditoire et portait coup. Le lendemain, avant de confirmer les enfants, il leur adressait pareillement les conseils qui conviennent au jeune âge. Il nous a paru qu'on ne lirait pas sans intérêt quelques pages de ces prédications pastorales.

Nous y avons joint plusieurs allocutions prononcées dans des communautés religieuses. Ce ne sont malheureusement que des débris échappés au naufrage : les meilleures pièces ont disparu. Là encore, cependant, il y a quelques bonnes idées dont plus d'un aumônier pourra tirer profit.

Le tome II se termine par une table générale analytique que le clergé attendait depuis longtemps et qui nous semble de nature à rendre de sérieux services. Destinée surtout aux prédicateurs, elle ne comprend guère que les ouvrages ayant trait à l'éloquence de la chaire, soit 18 volumes sur 42, savoir : Œuvres oratoires et pastorales (12 vol.), le Cours d'instruction religieuse (2 vol.) (1) , les Sermons (2 vol.), la Révolution française (1 vol.), la Vie chrétienne (1 vol.), tous édités, sauf le dernier, par la maison Roger et Chernoviz. Nous avons dû laisser de côté le Cours de Sorbonne (i3 vol.) et les Œuvres polémiques (10 vol.) : ce sont là deux séries à part, imprimées par des libraires différents, et qui mériteraient chacune une table particulière.

Virgile a dit quelque part : labor exercet apes. L'abeille de M^r Freppel était née laborieuse, et l'exercice

(1) Dans les Conférences de Sainte-Geneviève, qui forment le Cours (V instruction religieuse, sont comprises les Conférences sur la Divinité de Jésus-Christ.

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avait développé merveilleusement chez elle les beaux talents de la nature. Aussi, que de rayons se pressent en son grenier! Nous sommes allés jusqu'au fond chercher le miel de printemps : même à ceux qui préfèrent la ruchée d'automne, il ne paraîtra pas sans saveur.

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