T2 AUX RELIGIEUSES, ETC
Ce désir de la perfection est ce qui éclatait davantage dans la vie et les actions de sainte Françoise de Chantai. Mais qu'est-ce qui animait en elle, qu'est-ce qui soutenait dans son cœur ce désir de tendre sans cesse à une vertu plus pure et plus parfaite? C'est l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cette charité si vive, si ardente, l'avait poussée un jour jusqu'à écrire sur sa poitrine avec un fer rougi au feu le nom du divin Époux de son âme. Ah ! je comprends qu'un tel amour l'ait fait passer par-dessus les répugnances de la nature, les convoitises de la chair, les résistances de la volonté, pour la conduire au sommet de la sainteté. Car l'on est bien fort, alors qu'on aime bien. L'amour, en effet, rend léger ce qui est pesant, agréable et doux ce qui est amer. L'amour est généreux, il ne calcule pas, il court, il vole ; rien ne lui coûte, rien ne l'arrête : c'est une flamme libre et vivante, qui pénètre où elle veut, qui embrase ce qu'elle touche. Car «l'amour est fort comme la mort », fortis est ut mors dilectio (i). Aimons Jésus-Christ, et nulle difficulté ne pourra nous arrêter , et les obstacles disparaîtront devant nous. Aimons Jésus-Christ, et le devoir deviendra pour nous un plaisir, le sacrifice et la souffrance elle-même un bonheur. Aimons Jésus-Christ, à l'exemple de sainte Françoise de Chantai, et comme elle nous travaillerons sans relâche à l'œuvre de la sanctification de notre âme, pour recueillir, après une vie pleine de mérites, la récompense que Dieu réserve à ceux qui le servent jusqu'au bout de grand cœur et résolument. Ainsi soit-il.
(i) Cantique des cantiques, vin, 6.
ALLOCUTION