‹ Sermons inédits de Bergier. --Chapitre 1 sur 17 · VI AVIS DES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

VI AVIS DES ÉDITEURS

d'hui euré de Sèvres, avec qui nous avons traité de la propriété et de l'impression.

En parcourant attentivement l'ouvrage, on ne tarde pas à découvrir quel en est l'auteur.

1° Une feuille de papier, d'autre qualité que celui du cahier, sert de couverture à l'un des panégyriques de saint Michel. Elle porte à l'extérieur, de la même main qui a écrit le sermon : « Pour la fêle de saint Michel, 1761 ; » à l'intérieur et d'une autre main : «A Monsieur, Monsieur l'abbé Bergier, Curé à Flangebouche. » L'explication la plus naturelle de ce fait est que Bergier aura converti en enveloppe de son discours cette feuille envoyée à son adresse.

2° Les dates des sermons, écrites de la même main que le texte, concordent parfaitement avec l'époque où Bergier prêchait. Elles s'étendent de Tannée 1748 à l'année 1767.

3" On trouve également, et toujours de la même main . l'indication des lieux où plusieurs de ces discours ont été prononcés : ainsi Loray, Passonfontaine, villages voisins de Flangebouche où Bergier était curé ; Ornans, chef-lieu du district ; Poligny, petite ville de Franche-Comté ; le collège et différentes paroisses de Besançon. Plusieurs autres, sans désignation de lieu, ont été composés pour des fêtes de pa'trons, et les paroisses qui ont ces saints pour titulaires se trouvent la plupart dans le voisinage de Flangebouche. Nous regrettons de n'avoir pensé qu'un peu tard à imprimer en leur place, dans le corps de l'ouvrage, toutes ces indications que donne la couverture des cahiers.

4° Le passage suivant du panégyrique de saint Louis fournit encore de précieux indices :

« Ce sujet est intéressant, Messieurs, il mériterait d'occu- » per des talents aussi éminents que les vôtres; il n'appar- » tient qu'aux grands hommes de louer dignement les hé- » ros. Ne soyez pas étonnés si cette entreprise m'effraie : » accoutumé à annoncer l'Evangile aux ignorants et aux » pauvres, je connais peu l'usage de cette éloquence maji so tueuse et sublime dont vous seuls pouvez donner des le-

A\1S i)t.s ÉDITEURS. VII

B cous ; mais votre piété me rassure contre la délicatesse de „ rotre goût : occupés à admirer les vertus d'un roi qui fut „ le protecteur des lettres et des savants, vous oublierez les »» défauts de l'orateur, et peut-être que la simplicité du dis- „ cours pourra servir à relever davantage la grandeur du

» sujet. »

L'Académie de Besançon, où les discours de Bergier ont été plusieurs fois couronnés, célèbre solennellement chaque année la fête de saint Louis et tient à ce qu'il y ait en ce jour un panégyrique du Saint qu'elle a choisi pour protecteur. Ce que l'orateur dit de lui-même montre qu'il remplissait alors les fonctions du ministère pastoral dans une campagne. A la lecture des lignes que nous venons de citer, le souvenir de l'ancien curé de Flangebouche se présente immédiatement à l'esprit, et l'on n'hésite pas à attribuer le discours au célèbre apologiste.

Malgré les nombreux motifs de cette nature, qui tous ont leur valeur propre et dont l'ensemble laisse peu de place au doute, les preuves d'un autre genre n'ont pas été négligées. A la prière de M. le curé de Sèvres, M. Champolhon avait déjà confronté le manuscrit, à la Bibliothèque royale, avec des autographes certainement authentiques de Bergier. Il en était résulté pour lui une conviction si entière d'authenticité qu'il offrit d'acheter cette collection pour le compte de la Bibliothèque. M. le curé de Sèvres ne crut pas pouvoir acquiescer à ce désir, à cause de la recommandation de son prédécesseur de faire imprimer l'ouvrage. La question d'authenticité demeurait donc définitivement résolue. Cependant, pour notre satisfaction personnelle et afin de ne rien laisser désirer à la critique même la plus exigeante, devenus propriétaires du manuscrit, nous l'envoyâmes à M. l'abbé Busson , ancien secrétaire général du Ministère des affaires ecclésiastiques , chanoine de Besançon et vicaire général de Montauban , en le priant de vouloir bien le confronter avec les autographes de Bergier qu'il pourrait découvrir à Besançon. Nous lui demandions

Mil AVIS DES EDITEURS.

aussi son avis sur le mérite des compositions considérées en elles-mêmes. Voici la réponse qu'il a eu la bonté de nous adresser sous la date du 14 mars 1852 :

« Aussitôt après la réception du Recueil que vous m'avez envoyé , je suis allé , comme vous le désiriez , à la Bibliothèque de Besançon, avec l'espoir d'y trouver quelque autographe de Bergier; mais j'ai été trompé dans mon attente. J'ai été plus heureux au séminaire; on m'y a communiqué un discours écrit de la main du célèbre apologiste, et qu'il avait préparé pour le concours de l'Académie de notre ville , en 1758. Mon frère possédait aussi l'autographe d'un autre discours du même écrivain , composé pour le concours de 1763. Ces deux discours avaient pour thème, l'un : Combien les mœurs donnent de lustre aux talents ; l'autre : Pourquoi le grand homme est-il souvent la dupe de l'homme ordinaire ?Le premier fut couronné par l'Académie.

» J'ai confronté ces deux manuscrits avec celui que vous m'avez confié; j'ai fait de l'écriture un sérieux examen , et le résultat a été pour moi la conviction que la même main a écrit les trois ouvrages. Je n'ai pu , en effet , remarquer dans les lettres aucune différence essentielle; elles présentent partout le même corps , la même forme , le même arrangement, les mêmes liaisons, la même pose et, si je puis le dire, la même attitude. Cette conformité est si parfaite, qu'elle frappe les yeux à la première vue. On ne peut donc, suivant moi, élever le moindre doute sur l'authenticité de votre manuscrit , il est de Bergier.

» A cette preuve s'en joint une autre non moins décisive. J'ai parcouru le livre selon votre désir, j'ai retrouvé dans tous ces sermons le style du savant écrivain , un style simple, mais noble , clair, coulant, châtié , précis, pur de néologisme, dégagé de toute superfluité, même oratoire , classique en un mot. J'y ai retrouvé la même orthodoxie, la même force de logique, la même manière de raisonner que dam les autres ouvrage? de l'auteur du Dictimnain théologique

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