SUR LA SAINTE MESSE
le docte Suarès , il vient lui-même nous servir de Grand-Prêtre et de commun Avocat pour nous obtenir du Ciel tous les secours nécessaires. Ah ! chrétiens , si vou# êtes donc si paresseux à garder la Loi de Totre Dieu , et à remplir les devoirs de votre état , si vous n'approchez qu'avec peine des Sacremens , si vous avancez si peu dans la vertu , si vous ne pouvez vous résoudre à quitter cette compagnie dangereuse et à rompre cette habitude criminelle 9 n'est-ce pas à vous seuls que vous devez "vous en prendre ? N'êtes -vous pas 1 vous-mêmes l'unique source de vos malheurs , puisque vous mépriser en la Messe un trésor qui peut remédier à vos misères, et pourvoir à tous vos besoins ? Voulezvoufr en ressentir les doux effets ? venez unir vos prières à celles que J^sus-Christ fait pour vous dans le saint Sacrifice , de la manière la plus humble et la plus respectueuse , et vous recevrez infailliblement f effet de vos demandes. Eh quoi 9 le Père éternel pourroit-il ne pas se laisser attendrir par les prières de son Fils ? Pourroit-il se refuser aux tendres cris , aux supplications réitérées que ce Fils bien-aimé fait pour* nous ? Mon , sans doute. Il faut donc avouer ,
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avec saint Chrysostôme , que le temps de la Messe est un temps très-précieux , un temps de bénédiction et de grâce pour quiconque sait en profiter.
. Nous devons , en troisième lieu , remercier le Seigneur des biens qu'il lui a plu de nous faire : obligation très -étroite et très-indispensable , obligation néanmoins dont il nous est impossible de nous acquitter parfaitement. Car , comment pouvoir le remercier de tous ces inestimables bienfaits ? il nous a tirés du néant , et formé de ses mains ; il nous a rachetés par son Sang , et sanctifiés par sa grâce ; il nous a délivrés de l'enfer pour, nous procurer le séjour de sa gloire ; il est notre nourriture dans l'Eucharistie , et il veut être encore dans le Ciel notre éternelle récompense. t O mon Dieu ! devons-nous nous écrier avec Jacob , ne sommes- nous pas . infiniment au-dessous de vos miséricordes ? et que pouvons-nous vous rendre qui ait quelque, proportion avec des bienfaits si rares ? Ah ! chrétiens , ne vous troublez point ; Jésus* Christ y a pourvu par l'établissement du plus auguste de tous les Sacrifices. Nous avons j dit saint {renée , avec Je Sacrifice de la Messe de quoi nous empêcher d'être ingrats envers Je Seigneur.
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.C'est à la faveur de ce Sacrifice eucharistit tique , qu il nous est permis de nous présenter devant le Très -haut! et que nous pouvons lui dire avec confiance : Il est vrai. Père céleste , que vos grâces et vos faveurs sont sans nombre et sans mesure ; mais le don que nous vous faisons en vous offrant votre Fils , ses mérites , ses souffrances , . son Sang , ( car enfin tout cela nous appartient , ) ne surpasse-t-il pas infiniment tous ceux que nous avons reçus de vos libérales mains 9 et ne doit-il pas nous tenir lieu de .la plus juste reconnoissance ?
Quatrièmement enfin , nous devons apaiser la colère de Dieu. Ah ! pécheurs , tant d'impuretés , tant de sacrilèges, tant de blasphèmes , tant de débauches , et tant d'injustices que vous avez commis ont irrité le Seigneur contre vous. Il a déjà le bras .levé pour vous frapper dans sa colère , et . pour vous précipiter dans les feux éternels. Songez donc à le désarmer , et à calmer
son courroux. Verserez-vous des larmes ?
jeûnerez- vous pendant plusieurs jours ? sa* crifierez-vous vos richesses et votre vie pour attendrir ce Père justement irrité ? Mais comment quelques jeûnes , quelques soupirs ,' quelques aumônes j comment la vie d'un
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homme , et même la vie de tous les homCmes ensemble , pourroient - ils expier h grièveté de vos péchés , qui , de leur nature , vont jusqu'à faire mourir un Dieu.
Non , mes frères , la chose est si difficile, qu'elle ne se peut faire que par rentremise d'un divin Médiateur , tel qu'est fe [Verbe éternel , devenu homme pour notre amour. C'est sur la Croix qu'il a satisfait pour nos péchés , et c'est encore sur nos autels qu'il devient tous les jours notre Victime ; c'est là que son Sang et ses plaies sollicitent notre pardon , crient sans cessa miséricorde pour nous. Et soyez persuadés, pécheurs , que si le Seigneur n'a pas bit éclater jusqu'ici sur vous ses plus terribles Vengeances , c'est que Jésus-Christ , qui est tous les jours offert en qualité de Victime, retient les effets de sa colère , et arrête les foudres que son Père tient suspendues sur vos têtes. Pour moi je ne doute point que la terre, étant chargée de tant de crimes et de tant de criminels , n'eût été depuis longtemps entièrement abîmée , si le grand Sacrifice de la Messe ne se fût plusieurs fois opposé à sa ruine.
Voilà , mon cher Confrère , quels sont
en quatre mots les précieux avantages que
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*4ioùs retirons du Sacrifice auguste que vous allez offrir avec tant de piété et d'édifica* tion. N'en soyez point surpris , chrétiens ; ce nouveau Prêtre qui fait aujourd'hui le sujet de notre joie , a été partout, depuis son "enfance , la bonne odeur de Jésus-Christ.
La prière , le recueillement , l'humilité , la retraite , l'étude , ont toujours fait ses plus chères délices. Le témoignage que je vous tends de l'innocence de ses mœurs et de là régularité de sa conduite doit voua être d'autant moins suspect , Messieurs , que j'ai eu la consolation de vivre plus long-temps avec lui. Nourri des vérités les plus saintes de notre foi , parmi des parens très-pieux 9 et rempli des lumières les plus pures de la science sacerdotale dans un célèbre séminaire j ce jeune Ministre connut de bonne heure quelle étoit l'excellence et le prix de sa vocation. Aussi en a-t-il déjà rempli en partie les obligations les plus importantes , par les catéchismes , et la prédication ide l'Evangile qu'il a annoncé avec autant de fruit que de zèle. A sa parole pleine de douceur et d'onction , que de consciences ^ébranlées , que d'impies confondus , que de pécheurs convertis , que de justes consolés ! Il ne vous manquoitplus, mon cher Confrère,
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pour coopérer entièrement avec Dieu dan* le salut des âmes , que la puissance d'appliquer aux hommes les grâces et les mérites de Jésus-Christ par le canal des Sacremens; il ne vous manquoit plus que le pouvoir d'offrir pour les pécheurs l'Hostie de propitiation , qui est la seule que Dieu regarde ; pouvoirs divins dont vous venez detre revêtu par le sacré Sacerdoce , et dont nous espérons que vous userez avec toute la prudence , toute la douceur et toute la sainteté qu'exige de vous un si haut, ministère.
Mais , mes frères , pendant que ce nouveau Prêtre portera vos hommages et les siens aux pieds du trône du Dieu vivant , ne serez-vous pas vous-mêmes assez malheureux que de déshonorer ce gratid Dieu par .vos irrévérences et vos immodesties ? Pendant qu'il préservera vos besoins à ce divin Agneau , pour vous obtenir des grâces , ne serez-vous pas assez insensés que de tarir la source de la miséricorde par vos profanations et vos sacrilèges ? Pendant qu'il offrira au Seigneur des actions de grâces pour vous , ne commettrez-vous pas à l'égard de ce Dieu de bonté les plus noires et les plus énormes ingratitudes ? Enfin , pendant qu'il tâchera 7 par le Sacrifice , de
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désarmer la colère du Tout-puissant irritée contre vous , ne l'enflammerez -vous pas davantage par les exécrables péchés que vous commettrez dans nos Eglises , durant même la célébration de nos saints Mystères ? Car enfin , n'est-ce pas là ce que vous avez fait jusqu'ici ; et ce que vous ferez peut-être encore dans la suite ? Quelle horreur ! quelle abomination ! Anges du Ciel, combien de fois n'avèz-vous pas été témoins de ces horribles scandales , et n'avez-vous pas geipi sur l'insolence et la témérité des chrétiens qui venoient insulter leur Dieu jus» ques dans sa propre Maison ? Et vous, Ministres dû Seigneur , tambien de fois n'avezypus pps été obligés d'interrompre le Service divin pour arjrêter ces impiétés au milieu, même du Sanctuaire. Ah ! mes frères , j'espère que vous rentrerez en vous-mêmes , et qu'à l'avenir , plein d'une vive foi sur ce Mystère redoutable , vous assisterez en tremblant au Sacrifice non sanglant de nos autels , qui sera pour vous une source de grâces; et de bénédictions , que je vous souhaite , mes frères , Au nom du Père , etc. ,