Sermons
Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec
ligne.
Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont
trop souvent difficilement accessibles au public.
Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.
Consignes d'utilisation
LBR. SCH. THEOLOOTi DE PAUW UNIV.
LBR. SCH. THEOU>OT| DE PAUW UNfV.
s. R. L. a&US8EN.
Au â^tt général De la Société pour impression de Livres religieui , ATOUUHISE, <
CHEZ K.-CADAUX, ÏMPRIMEOR-UBRAIBE,
RUE DE LA TRiniTË, 8.
Publié par la Société pour impression de Livres religieux,^
à Toulouse.
SUHLUG, XIII, 1-5.
^ Alors f dans ce même moment y quelques-uns qui se trou^ taient là présens lui racontèrent ce qui était arrivé 4 des GaliléenSy dont Pilote avait mêlé le sang avec leurs sacrifices ^ 0t Jésus répondant, leur dit: Croyezrvous que ces GalUéens fussent plus pécheurs que tous les autres GalUéens, parce quHls ont souffert de telles choses? Non, vous dis-je; mais si vous ne vous convertissez, vous périrez tous aussi bien qu^eux.
Ou croyezrvous que ces dix-huit, sur qui la tour de Siioé s^est écroulée et les a tués , fussent plus coupables que tous les habitans de Jérusalem! Non, vous dis-je; mais si vous ne vous convertissez j vous périrez tous aussi bien qu'eux.
Un prédicateur célèbre, plein d'une énergie toute chrétienne et d'une onction touchante , à qui Ton demandait quelle était surtout la pensée dont il se sentait pénétré , pendant que les accens inimitables de sa charité faisaient passer dans toutes les flmes l'ébranlement d'une émotion si religieuse et si profonde , répondit qu'il ne montait jamais en chaire sans cette émouvante réflexion : a Peut-être est-il » dans cette assemblée une âme à qui va se faire entendre, » pour la première fois, la parole de la réconciliation : peut- )) être aussi en est-il une qui va l'entendre pour la der- » nière fois ! »
Oh ! que les auditeurs de la Parole la recevraient avec efBcace, Mes Frères, s'ils n'entraient eux-mêmes dans nos temples qu'avec. cette pensée : «Peut-être la parole du salut me sera-t-elle, en quelque sorte , annoncée aujourd'hui pour la première fois; — peut-être aussi serai-je cette âme qui va l'entendre pour la dernière fois ! — Quoi I ne m'est-il pas dit que cette parole est la voix même de mon Dieu , que c'est a la Bonne Nouvelle^ » que c'est « pour tout » le peuple de Dieu le sujet d'une grande joie (1)? » et cependant je l'ai jusqu'ici reçue avec tant d'indifférence ! — Ne m'est-il pas dit que c'est « une «rme puissante ^ par la » vertu de Dieu, pour amener toutes les pensées captives à » l'obéissance de Christ (2) ? » et cependant elle a produit jusqu'à ce jour si peu d'impression sur mon cœur; et cependant je suis toujours le méme^ depuis tant d'années que \q la lis en la Sainte Bible et que je l'entends prêcher! — Peut-être donc ne l'ai-je point encore bien saisie ^ — peutêtre , hélas ! serais-je du nombre de ces malheureux que le
(1) Luc, II, 10. (9)2, Cor., X , 4 , 5,
àeigneur désignait en sa parabole du semeur, et qui reçoirent sa parole sans efficace» parce qu'ils Tont entendue sans la comprendre ; peut-être me sera-t-elle » en quelque sorte y annoncée aujourd'hui pour la première fois. »
Hais surtout y surtout ^ Mes Frères, que les auditeurs de la Parole la recevraient, avec efficace^ s'ils savaient se dire : (( C'est peut-être ùnjourd'hui la dernière fois que j'entends les invitations de l'Évangile et la voix d'un Dieu Sauveur. Bientôt les scènes de cette vie d^épreuve auront toutes passé pour moi comme le drame d'une heure et comme un songe au matin. Le temps s'envole; les heures continuent de sonner ; rétemité s'avance ; le Seigneur va paraître ! Ah ! a c'est donc maintenant pour moi le temps favorable ; c'est ii donc aujourd'hui le jour du salut (1 ) ! »
Écoutez-la, Mes Frères, écoutez-la donc en ces dispo^ sitions f la voix que le Sauveur du monde vous adresse en^ eore aujourd'hui -, et dites-voûs bien que^ s'il fut jamais un sujet que vous dussiez entendre dans ce religieux recueillement d'une âme qui rentre en elle-même et qui pense aux jours étemels, certes > c'est celui que vous présente le texte de ce jouf .
Le Seigneur le fit entendre après un long discours où il avait pressé la nécessité de profiter, pour nous convertir, des jotirs incertains et rapides où la parole du salut nous est prêchée; et comme alors, quelques personnes présentes à cette exhortation lui citaient, en confirmation de son discours, la fin subite de quelques Galiléeiis égorgés par Tordre de Pilate : m Imagineries-^ous ^ leur dil-il, que ces genS'là fussent plus coupables envers Dieu que TOis les autres
(1) 2, Cor., VI, 3.
GAULÉfiNS? — Non, VOUS Hs-jt} — motf Yous-mêmes , $i toui n$ vous convertissez^ vous périrez tous aussi bien qu^eux.y) Telle est la grave instruction de ce jour.
Après vous avoir donc» en peu de mots, exposé les circonstances accessoires de notre texte, nous nous empresserons d'arriver à la grande leçon qui nous y ^t présentée. — * Et dans ce but , en vous occupant d'abord de cette question : Pensez-vous que ces GalUéens fussent plus coupables devant Dieu que tous les autres habilans de la Gaiilée f nous vous montrerons que vous avez tous a vous convertir. — Puis , en répondant à cette question : Qu'estkx que se convertir? iious vous supplierons de vous demander à vous-mêmes si vous êtes convertis. — Enfin^ en répondant à cette dernière question : Comment se cotïvertir (4)?. nous vous montrerons que y SI vous le voulez , vous le pouvez tous.
parole de mon Dieu , voix miséricordieuse de mon Sauveur » « parole puissante pour renverser les forteresses^ » et pour détruire tous les raisonnemens et toute hauteur » qui s'élève <;ontre la connaissance de Dieu , » viens agir sur nos consciences > viens parler à toutes ces âmes ! Que nous t'écoutions tous avec Thumilité d'un petit enfant » avec
(1) Noas tradaiâons, avec plasieiirs Tersions, par le mot de gon« VBRSioN, le mot de psravoiai qui signifie proprement changement d^esprit , changement de disposition , e( qui n^ayant point son équivalent en notre langue, a souvent, quoique moins à propos, été rendu par le mot de repentance. — La repentance n'est qu^une partie de la conversion. Il est dit de Judas Iscariot , qu'avant de s'étrangler , il se repentit (^STâcpt^Tîôelff. Malth., XXVII, 3); mais il n'est point dit qu'il se soit converti. La tristesse selon Dieu, dit St. Paul, produit une conversion à salut dont on ne se repent point. (3 , Cor., YII , 10,
l'a ttentioD d'an être immortel , comme si nous rentendioiis sur notre lit de mort, à rapproche de notre dernière heure, à la lueur du jour de Christ !
Seigneur , Seigneur Jésus ! qui (c es toujours le méme^ » hier^ aujourd'hui et aux siècles des siècles (1 ) , » parle don6 toi-même (2) à toutes ces consciences^ donne-nous de leur annoncer clairement « tout le conseil de Dieu , comme » devant Dieu» de la part de Dieu et en Christ (3); » sois avec nous , et mets dans nos cœurs » comme sur nos lèvres , la simplicité d'une Ame qui t'aime, qui te cherche et qui ne cherche que toi ! jimen.
Quand notre Seigneur fit entendre la déclaration solennelle qui va nous occuper , il était environné d*un peuple immense, et les troupes se pressaient « par milliers autour de p lui, » nous dit TÉvangéliste^ Il venait de leur adresser les exhortations les plus pressantes à veiller sur Tétat de leur âme en la présence de Dieu, pendant qu'il en était temps en-* eore. « Ayez vos reins ceints , disait-il , et vos lampes allu- » mées , comme des serviteurs qui, d'un instant à l'autre^ » attendent leur maître. — Vous savez bien discerner les » apparences du ciel et de la terre ', comment donc ne recon^ » naissez- vous pas aussi la saison où vous êtes ! — Puis donc » que vous allez vers le magistrat avec votre partie adverse^
(1) fléhr., XIII, 8. (^) 2, Cor., XHI, 3. {Z)Ib{d., II, 17.
6 LA CONVERSIOÎ^.
» prenez peine en chemin de sortir d'affaire avec elle y de » peur qu'eMe ne vous tire devant le juge , et que lis juge ne » vous livre aux exécuteurs de Fa justice , » qui vous jetteraient (( dans une prison , d^où vous ne sortiriez point avant » d'avoir payé jusqu'à la dernière obole. » Cfest-à-dire : « O âmes immortelles y pourquoi « ne distinguez-vous pas la sai^ » son » de la longue attente et des invitations d'un Dieu Sauveur? Vous avez « une partte adverse, »• et cette-partie adverse, c'est le Dieu que vous avez tant offensé ; vous êtes « en chemin » vers le tribunal de Christ , et ce chemin , c'est votre courte vie : a puis donc » que vous êtes encore « en chemin., prenez peine 4e sortir d'affaire avec votre » partie adverse , » de peur que vous n'arriviez « devant le » Juge » éternel, sans caution, sans rémission des péchés,, sans réconciliation y sans Sauveur. »
Alors j dans^ee même momefU^ dit notre texte^ quelqueê^um^ qui et irourûoitni là présens y lui roeontêreni ce qui éiait*arrivé A des GaliUens, dont PUnte avait mêlé h sang avec celui ék kurs sacrifiées; — soit quNIs voulussent confirmer la grande ïeçon que le Seigneur venait de leur faire entendre , en lui citant l'exemple tragique de ces malheureux , traduits ainsi devant leur juge, au moment où sans doute ils imaginaient que le chemin de la vie devait se prolonger encorelong-temps pour eux ; — soit aussi que, tout préoccupés d'un événement qui venait d'exciter dans Jiérusalem une indignation générale, ils désirassent connaître queï jugement le Seigneur avait porté sur ces Galiléens , et sur Fodieux gouverneur qui , depuis cinq ans , faisait gémir toute la Judée sous le poids de ses concussions et de ses cruautés^.
On n'a que des conjectures sur le motif qui put exciter rUate à profaner ainsi le culte et les lieux saints, par ua
meurtre qui ne ressemble que trop d'ailleurs aux autres actes déjà connus de son gouvernement. Fiers ^ toujours armés et passionnés pour l'indépendance , les Galiléens vi« Talent sous l'empire d'Hérode-Antipas^ et ne relevaient point directement de Tautorité romaine ; mais au retour des solennités de Pâques et de Pentecôte , ils accouraient par milliers à lérusalem, pour se joindre aux autres Juifs qui, du fond de l'Orient et de toutes les provinces de TEmpire , venaient y célébrer la fête. Il est donc bien possible que ceux dont il est ici question , eussent provoqué la colère de Pilate par des propos indiscrets et séditieui. Hais il n'en fallait pas tant pour porter aux excès les plus cruels cet homme de guerre, ombrageux et violent, qui les haTssait , eux et leur roi, et qui d'ailleurs était si prompt à répandre le sang.
H^as ! il est un autre sang qui doit , au dernier jour , s'élever bien plus haut encore, en. témoignage contre ce magistrat inique et cruel. -— L'année suivante devait acquérir à Ponce-Pilate le sinistre privilège d'un immortel renom* — A la Pàque suivante, il devait livrer à la mort le Prince de la vie, contre les cris de sa conscience et les avertissemens d'en-baut^ et consommant ainsi le grand sacrifice que la Pâque préfigurait depuis quinze cents années^ détruire le temple de Dieu dans la personne du Messie, et verser le sang de l'alliance éternelle.
Cependant, une autre catastrophe^ moins tragique, sans doute , mais non moins funeste , venait encore de donner à Jérusalem une leçon nouvelle sur la nécessité de faire sans retard le compte de ses voies. — Le ruisseau de Siloé , qui , selon St-Jérôme, était la seule fontaine d'où cette ville pût tirer ses eaux , après être sorti du rocher de Sion , vers le &ud-est, coulait quelque temps le long des murailles dVn-
8 hk CONVERSION.
ceinte qui défendaient Jérasalem^ et venait ensuite à travers des jardins et des bosquets délicieux , verser ses eaux limpides dans le torrent de Gédron. Or, il n'y avait pas long-temps qu'une tour élevée près de ce ruisseau s'était inopinément écroulée; et dtx-huit personnes avaient péri sous ses débris.
Cette double catastrophe, et surtout la première, occupait tous les esprits à Jérusalem^ et faisait sans doute l'objet universel des conversations dans cette vaste cité. On en discutait les causes ; on en répétait de bouche en bouche, toutes les circonstances; on se divisait d'opinion sur les torts des uns et sur le malheur des autres; au lieu de se dire quetoutes ces catastrophes , dont la providence de notre Dieu nous rend les témoins, sont autant de prédications muettes ^ mais éloquentes , qu'il a vouhi nous faire entendre ; autant de leçons frappantes qu'un Dieu de longue attente veut donner aux uns par les malheurs des autres. Et pendant que le Prince de la vie (4) ,. descendu parmi les hommes/ par* courait, depuis trente mois, leurs villes et leurs campagnes», pendant que sa voix pénétrante les suppliait de se convertir i alors ^ comme aujourd'hui, le mouvement des choses visibles absorbait tous les esprits.
Hélas^! il en est ainsi dans tous les temps F — On né s'occupe des choses de la vie , que pour oublier le but de la vie ; de la mort de nos semblables , que pour oublier la nôtre qui s'approche ; et des jugemens que Dieu déploie ici bas à nos^ yeux y que pour oublier les jugemens éternels et le tribunal de Christ. Et tandis que le torrent du temps emporte d'un cours si rapide notre frêle nacelle vers l'océan des siècles^
(IJ Act.,Hl,15.
éternels » la saccessioo des tableaux fugitifs que ses rives présentent tour à tour à nos regard^, cette succession même, qui devrait nous rappeler si vivement avec quelle rapidité nous descendons la vie , nous fait oublier que « nous som- » mes étrangers et voyageurs devant Dieu , comme nos pè« j) res (1 ) ^ » que nous sommes « en chemin vers le Magis- M trat» que nous avons à nous convertir, et que nous por« tons une âme immortelle qu'il faut sauver.
Souvent même , on se persuade s^étre saintement occupé des choses de Dieu , lorsqu'on a mis un grand intérêt aux événemens purement extérieurs qui se rattachent à son règne. On se sait bon gré d'avoir exercé la curiosité de son esprit sur les complots de Galphe, d'Hérode audePUaU^ sans cependant en avoir pris occasion de se rapprocher de Dieu ^ de rentrer dans son propre cœur, et de faire soimême le compte de ses voies.
C'était là f sans doute ^ la pensée de ces personnes, qui pour témoigner au Seigneur l'intérêt qu'elles portaient au temple , au culte y à leurs frères de Galilée» lui racontèrent ce qui venait d'arriver à ces adorateurs étrangers ^ dont Pilate avait fait ruisseler le sang avec celui des victimes » dans les parvis sacrés où leur dévotion les avait conduits.
Mais remarquez bien ici , Mes Frères , comment Notre Seigneur, en ramenant aussitôt leurs pensées dans le fond de leurs consciences , va leur apprendre l'usage qui doit être fait de ces jugemens que sa providence déploie à nos yeux pour nous instruire.
« Imagineriez'vous ^ répond-il , que ces GalUéens fus^ s^i plue pécheurs que tous les autres GalUéens^ parce qu'ils
(1) Ps. XXXIX , 12.
ont souffert de telles choses ? — Non , tous dis-je ; — mais vous-mêmes , si vous ne vous convertissez , vous périrez tous aussi bienqu^eux. » Et aussitôt après, de peur que ceux qui l'écoutaient ne donnassent pas à cette sentence toute son étendue , et ne pensassent qu^elle renfermait quelque condamnation particulière contre les habitans de la Galilée, le Seigneur va chercher un nouveau trait au sein même de Jérusalem : « N'imaginez pas non plus que ces dia> huit, sur qui la tour de Siloé s'est écroulée ^ fussent plus coupables ( il y a dans le grec plus débiteurs, pour faire allusion sans doute à la parabole qui précède notre texte); nHmaginez pas que ces diœ-huit fussent plus débiteurs envers leur partie adverse que tous les habitans de Jérusalem ? — Non , vous dis'je ; — mais si vous ne vous convertissez ^ vous périrez tocs aussi bien qu^eux-.
Gomme s'il leur eût dit : « Vous venez , à Tàppui de mes pressantes exhortations y me citer la fin soudaine de ces malheureux que Tépée de Pilate a fait sortir brusquement de la vie et paraître à l'improviste devant le Juge éternel ; vous êtes tout préoccupés de ce grand forfait ; peubétre l'esprit même de rigueur et de parti , dont vous êtes animés envers ces enfans d'Israël , nés sous un autre gouvernement et sous un autre ciel que le vôtre, vous portet*il à regarder leur mort plutôt comme un juste jugement de Dieu que comme un martyre ; mais^ je vous le répète, prenez garde à vous-mêmes; et regardez de pareils événemens comme des leçons d'en haut , propres à vous rendre sérieux à salut. N'imaginez pas que ces GalUéem ,' ni que tes diX'huU fussent plus coupables que tous les autres AaMtans de la Galilée^ que tous les autres habitans de Jérusalem; non, vous dis-je ; — vous êtes tous pécheurs ; tous cou-
EXPOSITION DC TEXTE. If
pables ; vous avez tous à vous convertir ; et vous-mêmes qui m*écoutez, je n'ai cessé de vous le déclarer, $itou$ ne vous converi%s$eZy vous périrez tous eemblabhmeni ; et de la même manière qu'ils périrent pour toujours à ce monde, vous péririez pour toujours au monde à venir. Ne portez donc pas avec tant de sécurité le nom d'Israélites ; car je vous déclare que « celui-là n*est pas un véritable l8« 1) raélite qui ne Test qu'au dehors (1 ) , » et qu'a en vérité^ » en vérité, nul ne peut entrer dans te royaume de Dieu, » s'il ne naît de nouveau (2). »
O mon âme !... deviens donc sérieuse et pensive à la vue des dispensations de ton Dieu ; — et tandis que les enfaus du siècle , tout étourdis par les bruits du mond)e et par le mouvement des choses visibles , ne s'occupent de ces dispensations que pour en amuser la vie , et que pour porter , sur les acteurs ou sur les victimes , des jugemens rigoureux , téméraires , ou tout au moins inutiles ; pour toi , mon àçie, recueille-toi profondément en la présence de ton Dieu : pense que la parole de la réconciliation se prêche aujourd'hui dans Jérusalem ; pense aux jours éternels , et commence par te ]uger toi-même. Ès-tu prêle ?. . . . Tu viens de voir le Seigneur frapper près de toi quelque grand coup: c'est une mort vîo» lente et subite ; c^est la perte prématurée d'un être tendrement aimé » qui vient de quitter la vie dans la saison des espérances et de la sécurité ; ce sont des sanglots qui sortent de cette demeure où l'on n'entendait hier que les doux accens des joies domestiques. Les uns en pleurent; les autres s'en effraient; tous les esprits en sont occupés.
(1) Rom., II; 28. (1) Jean, III, 3.
-^ Et toi y mon àme, as-tu fait le compte de tes voies 7 -^ Et si c'eût été moi qu'on eût trouvé mort ce matin dans son Ht,... ô mon fime,... élais-tu prête ?... Tu es à la veille de l'éternité; tues à deux jours du jour de Christ; il n'y a qu'un soupir, un soupir ! qui te sépare des grandes scènes de l'avenir. Es-tu convertie? Tout est-il prêt? T'es-tu préparée d la reneaiUre de ton Dieu 7 Ah ! si mon péché m'est pardonné , tout est bien ; mais si je suis encore dans mes péchés , tout est mal ; et rien ne doit m'iotéresser que je n*aie assis mes espérances et trouvé mon Sauveur.
Donnons donc maintenant , Mes Frères , toute notre attention à cette déclaration si grave ^ si pénétrante, que le Seigneur nous appelle à méditer aujourd'hui : « Si voue ne vous eonvertiesez , voue périrez tous aussi bien qu^eux. )> Il y a dans le grec : a J^ous périrez'ious semhlabhmeni.
Quelques commentateurs ^ donnant une force particulière à cette dernière expression , ont cru voir dans le texte qui nous occupe , une allusion prophétique à cette épouvantable ruine y où les trop coupables habitans de Jérusalem devaient^ trent-fauit ans après , mêler leur sang avec leurs sacrifices , et périr à la fois par l'épée des Romains et sous les débris de leurs tours renversées. — Nous «ne refusons point d'entrer dans cette pensée, et nous admettons volontiers que cette sentence du Seigneur, en même temps qu'elle avait surtout en vue les jugemens éternels, a pu dénoncer aussi le jugement temporel qu'il devait bientôt faire tomber sur le peuple des Juifs.
Mais ^ regardons plus loin , et ne perdons pas en des recherches de critique un temps précieux qu'il faut employer à nous édifler. Un appel solennel se fait entendre
à nos âmes ; une voix sort des raines de Siloé, et le sang de ces Galiléens nous crie : Convertissez-vous ! Le Seigneur nous appelle à méditer aujourd'hui la vérité la plus importante^ la doctrine fondamentale de notre foi*