PREMIÈRE PARTIE
En effet, Mes Frères ( et nous vous supplions de vous rendre attentifs à ce que nous disons ici) , la sentence de notre texte est générale. Elle s'adresse à chacun de vous qui êtes ici présens , comme elle s'adressait, il y a dix-huit cents ans, aux hommes de Jérusalem, comme elle s'adresisera dans cent ans aux enfans de vos enfans : il faut que tous se convertissent. — M'imaginez pas que ces Galiléensj ni que ces dix-huH ^fussent plus pécheurs que tous les habi^ tans de la Galilée^ ou que tous les habitans de Jérusalem / n'imaginez pas non plus, Mes Frères , que tous les habitans de la Galilée , ni que tous les habitans de Jérusalem fussent plus pécheurs que tous les habitans de notre pays, de notre siècle ou de notre ville : non^ vous dis-je y de la part du Seigneur ; non : nous avons tous a nous gonvertib.
La conversion n'est donc pas un devoir qui ne regarde ou que les Mahométans, ou que les Païens , ou que ces hommes vicieux et dégradés que l'opinion condamne , et dont nos tribunaux font justice. Il faut qu'en toute la Galilée, il faut qu'en tout Jérusalem, tout enfant d'Adam se convertisse ou qu'il meure ; il faut que tous se convertissent.
C'est là j sans doute , la déclaration du Seigneur dans mon texte ; mais c'est aussi là la doctrine de toutes les pages de la Sainte-Ecriture / c'est là la doctrine que Dieu n'a cessé de faire entendre à son peuple dès les premiers jours du monde ; et c'est encore là la doctrine quMl ordonne â ses Ministres a d'annoncer parmi toutes les nations et à » toute créature 9 jusqu'à la Gn des âges (i). »
Tous les Prophètes, tous les Apôtres^ tous les Évangélistes , nous déclarent que tout enfant d'Adam , circoncis ou incirconcis, baptisé ou non baptisé , pour qu'il puisse devenir un héritier du royaume descieui, doit avoir éprouvé dans ses habitudes^ dans son caractère, dans ses affections et dans ses pensées habituelles, un clian^ment que l'Écriture appelle indifféremment eonverrion^ régénération^ renauvelh^ tneni du Saini-Eêprii, nouvelle naiêsanee , changement du eœur y et qu'elle désigne par les expressions les plus éner"" giques que puisse offrir le langage des hommes* '— Elle nous déclare que nous ne sonunes pas naturellement dans un état propre pour le royaume des cieux ; que nous sommes tous naturellement de pauvres pécheurs , nés dans la corruption ^ enclins au mal, incapables par nous-mêmes de faire le bien ; que nous attirons ainsi sur nous , par le juste jugement de Dieu , la condamnation et la mort; qu'il s'agit pour nous, non de ne pas nous perdre ( nous sommes perdus ! ) , mais de nous sauver ; que notre Jésus n'est ap* pelé « Jéiue (2) » que parce qu'il « est venu chercher et » sauver ce qui est perdu (3); » que toute la Galilée est cou«
(l) Luc, XXIV, 47. Matth., XXVIII, 20. Marc, XVI, IS. (9) Mallh., I, 91 (3) XVIII, 14.