LA RUINE D'ARAD
Il y avait déjà plus de 39 ans que les enfans d'Israël erraient dans le désert qui s'étend de la Mer Rouge aux montagnes de ridumée , lorsque enfin Dieu dirigea leurs pas vers les frontières d'Arad. Leurs circonstances étaient alors bien solennelles. La vie monotone du désert allait finir ; la quarantième année était plus d'à moitié passée; les événemens se hâtaient; les hommes au dessus de soixante ans mouraient en foule; aucun d'eux, par un juste jugementde Dieu y ne devait entrer dans cette terre promise dont ils avaient dit : « Ne vaut-il pas mieux retourner en Egypte?» Moïse lui-même, pour avoir manqué de foi dans une occasion récente , avait reçu la même sentence ^ il venait de voir expirer sa sœur Marie et son cher Aaron; il allait bientôt tomber oussi comme eux ; et ce grand serviteur de Dieu , dans la 120« année de son âge , ne semblait déjà plus , à la tête d'Israël , que « comme un cèdre ébranché au sommet » d'une montagne. »
Ce fui alor» qmt BiEl] dirigea les pas de son peuple vers la terre promise, far U chemin qnlvraMàsoivi^ 38 an» aiH paravant^ les espions des douze tribus , «m (eomne os pour* rait aussi traduire) j)ar le chemin des marchands^ c'est-à-dire par la route que prenaient ordinairement les caravanes pour passer du désert aux vallées de la Palestine.
Quoi qu'il en soit, on comprend aisément le mouvement
112 LS SBIIPENT d'airain.
et répouvante que dat exciter , sur tojites les frontières d'Édom et de Canaan , l'arrivée d'un peuple qui comptait dans ses rangs plus de six cent mille hommes en état de porter les armes. L'Egypte était en rapports trop constans avec les habitans de la Palestine , et les déserts que parcourait Israël étaient trop rapprochés du chemin des caravanes pour que l'existence et les mouvemens de ce grand peuple ne fussent pas depuis 40 années Tobjet d'une inquiète curiosité pour toutes les nations cananéennes.
On savait que les Israélites avaient passé dans le lit des* séché de la Mer Rouge , et qu'à leur poursuite toute l'armée d'Egypte avait péri; on savait que depuis 40 ans ils relevaient sur le sable un aliment qui pleuvait pour eux chaque jour avec la rosée du matin; on savait qu'ils faisaient tous profession de compter , année par année » et jour par Jour^ le temps précis qui devait s'écouler, disaient-ils, avant le jour où Dieu livrerait entre leurs mains tous les royaumes de la Palestine; on savait que ce peuple, déjà nombreux comme les étoiles du ciel, grandissait dans le désert.
C'était ainsi que le Seigneur, qui ne se laisse jamais sans témoignage , même auprès des hommes qu'il veut punir, adressait à ces nations coupables des sommations les plus pressantes de se convertir et de rechercher ce yrai Dieu qu'Abraham , Isaac et Jacob leur avaient si long^temps et si vainement annoncé. Était-ce en vain qu'il les avait effrayés déjà, 38 ans auparavant, en faisant arriver sur leurs frontières ce peuple menaçant? N'était-ce rien que l'existence continuée At ces millions d'hommes dans un désert inhabitable? Que leur disaient tant de miracles, si ce n'est que le Dieu vivant se préparait un peuple de vengeurs; si ce n'est qu'il fallait recourir à sa miséricorde avec des cœurs brisés.
IM fiBRPEIW D*àMRAM. ttS
et qu'alors a leurs péchés , fussent-ils ronges comme le rern millon, seraient blanchis comme la laine (1)?»
Mais c'était en vain que tant d'avertissemens leur étaient donnés d'en-haut : le terme fatal était arrivé. Quatre cents ans auparavant , le Seigneur avait dit à son serviteur Abraham : <c ]e ne te donne pas encore cette tjsrre que je t'ai » promise, parce que l'iniquité des nations qui Thabiteot » n'est pas arrivée à son comble (2). » Mais maintenant , hélas! ce comble était atteint; la mesure était pleine; (( cette terre vomissait ses habitans^» pour parler avec l'Écriture (3) ; et dans les décrets de Dieu y le moment était venu d'effacer leur nom de dessous les cieux.
L'Éternel , Mes Frères , est riche en conseils et puissant ep moyens y soit qu'il veuille châtier, soit qu'il pense à bénir , et quand l'heure est venue de punir un peuple coupable, les instrumens ne lui manquent jamais. Il emploie à son gré pour cela tantôt les événemens et tantôt les hommes. Ici, c'est la terre qui tremble et qui s'entr'ouvre; ailleurs ^ c'est le feu du ciel ; là , ce sont les eaux qui se débordent ; quelquefois y ce sont d'invisibles poisons que tout un peuple boit avec Pair qu'il respire ; souvent ce sont les saisons qui refusent leur tribut , et l'hoirible famine qui moissonne la terre. Quedis-je? Ne suflSt-il pas que Dieu déchaîne sur les hommes de ce peuple leurs propres passions? alors» vous voyez des bétes féroces; et le sang bientôt coule de toutes parts.
Quand Dieu promène sur la terre quelqu'un de ces fléaux. Mes Frères, les hommes qui le craignent peuvent s'en affliger; mais ils ne s'en étonnent pas : ils sé rappellent que
(I) Esalel, 18. (9) Gen. XV, 16. (3) LéyiU XVUI, 86.
11& LE sBUPEirr d'ahuiii.
Bfeu jngerii le inonde. — C'est donc ^vecles mêmes senti* mens, qu'il nous faut considérer ici l'ordre sévère que TËlernel voulut donner A son peuple contre les nations cana- Béennes. Ce n'était plus les élémens^ c'était Israël lui-même qu'il chargeait d'exécuter la sentence depuis long'-temps prononcée contre elles; et comme un général d^armée pour maintenir une discipline salutaire.au milieu de ses soldats, les charge souvent de punir eux-mêmes celui d'entre eux qui s'est montré rebelle, ainsi Dieu voulut mettre le glaive de ses jugemens dans la main des enfans d'Israël, afin de leur montrer d'une manière plus éclatante à quelles extrémités eux-mêmes devaient s'attendre , s'ils venaient jamais i s'éloigner de Lui%
Cependant, avant d'exécuter sur les Cananéens cette terrible sentence , le Seigneur , pour mettre au plus grand jour leur révolte et leur incrédulité, voulait ouvrir encore devant eux une porte de i:efuge. Il avait ordonné qu'avant ée les détruire, Israël leur porterait des paroles de paix, sous la seule condition de se reconnaître tributaires, mais t^tte dernière sommation devait être vaine comme tontes les autres^ et l'Éternel avait prédit que ces malheureux , «abandonnés à leur {Propre méchanceté, « endurciraient tous 9 également leur esprit et roidiraient leur cœur, pour sortir » en bataille contre son peuple (1).»
Tel fut en particulier le coupable Ârad. Dès qu'il apprit qu'Israël venait de quitter les bords de la -Mer Rouge et qu'if s'approchait des montagnes qui bordent l'idumée, ce malheureux prince, sans être arrêté par les témoignages manifestes que le Dieu de Jacob donnait à ce peuple où devait
(1) Josuë XI, SO»
L8 amptwt j>'Ai»uir. il8
« naître le désiré des naUons (1), » sans être touché i'aucun désir de lui appartenir, Arad n'écoutant que les conseils toujours trompeurs d'une politique incrédule , se mit à la tête de son armée, courut au-devant d'Israël, et se précipitant sur les corps les plus avancés de la tribu de Juda qui formait l'avant-garde , il les miten désordre et leur enleva quelques prisonniers. Mais ces premiers succès , qui doublaient son orgueil, allaient précipiter sa ruine; Israël, en effet, en devint invincible, parce qu'il s'appuya sur le bras de l'Éternel, et qu'il alla prendre son recours vers Celui qui donne la victoire. « Alort, dit noire texte, t$raëtfitmn tm é r Etemel s Si tu daignée livrer me ennemie entre noe moine, none réduirone leure viUee à fimerdit, nous ne serons que les exécuteurs de tes jugemensj tout butin te sera consacré, et rien n'en sera réservé pour notre propre usage. « C'est toi » Seigneur , qui es notre Roi : ordonne les délivrances de » Jacob. Ce n'est point notre bras qui nous délivrera , mais » ta droite et ton bras, . et la lumière de ta face , parce que M tu nous auras affectionnés. »
L'Éternel entendit la prière de son peuple; Josuécondui. sit contre Arad une puissante division de l'armée d'Israfil; le Cananéen fut renversé; on poursuivit ses faibles restes jusque dans son pays,- on détruisit toutes ses villes de fond en comble; et dét-hre PEternel appela (2) ee lieu du nom de Hormak (c'est-à-dire Anatkéme), d'un mot qui signifie l'épouvantable ruine qu'amène après elle une malédiction de Dieu.
(1) Agg^ n, T.
(8) On « To» appela. » L'original autorim égolemont ce* deux
versioDS.
lis LE SKKPBNT d'aIRAIH.
Malheur^ Mes Frères» malheur aux Ârad de tous les siè« des! Malheur, hâas! dans tous les temps, aux puissans de la terre qui veulent élever leur faiblesse contre le peuple du Dieu vivant; qui s'opposent à ses progrèsj qui prétendent arrêter sa marche vers Canaan, et détourner ainsi, les conseilsâu Très-Haut! Ils veulent, comme Arad, demeurer étrangers a rÉglise de Dieu, à son langage, à son Chef, à ses lois, à ses privilèges, à son avenir, à toutes ses espérances. — Hélas ! ils finiront «ussi comme Arad^ — Vous les verrez quelquefois peut-être, obtenir un triomphe passager; ils penseront avoir arrêté cette tsuvre que Dieu poursuit sans bruit, mais avec puissance^ ils croiront maîtriser un mouvement qui les alarme et qui déplaît à leur orgueil^ ils porteront quelque trouble dans l'Église : -—on dépouille les fidèles de leurs biens ; on les^xile; on les enlève au peuple de Dieu; on répand leur sang comme de Teau... Mais,iiu'il est court ce triomphe des méchans , et qu'il est désastreux! C'est le signal de leur ruine. Déjà l'heure en a sonné. — Tandis qu'ils s'élèvent, tandis qu'ils marchent enseignes déployées; tandis qu^ls ne pensent qu'à poursuivre leur lamentable victoire, déjà la main de Dieu a écrit fformah sur leurs étendards; l'invisible Josué combat avec son peuple : et bientôt Une restera sur leur puissance, sur leurs projets, sur leur mémoire et (s'ils ne se repentent) sur leur ame immortelle, qu'un terrible ^ormail^, Hormah pour toujours!
Mais nous nous hâtons de vous conduire au pied du serpent d'airain , et si nous nous sommes fait un devoir de ne laisser sans explication aucune des parties de notre texte, il nous tarde cependant de reporter toute votre attention sur les versets où nous l'avions exclusivement appelée dès les premières paroles de ce discours.
LE SERPENT D'AUUJQf. 117
Soivous donc les Israélites , lorsque , après la défaite d'Atad, ils se virent obligés de redescendre la montagne de Hor^ et de s'engager encore une fois dans les plaines du désert.--^ Ainsi l'avait décidé l'Éternel , qui voulait mettre à l'épreuve,, après cette victoire, la recounaissance et la soumission de son peuple.
Vous avez lu, dans un chapitre précédent, que les Israélites avaient envoyé demander au Roi d'Édom le passage de son territoire. Celui-ci ne leur répondît que par un refus et des menaces ; et comme tout démêlé leur était interdit avec les enfans d'ÉsaQ, ils se virent contraints de quitter la région des montagnes, et de reprendre le chemin de la Mer Rouge, pour faire le tour de l'Idumée, et pour atteindre ainsi le torrent de Zéred et la rive gauche du Jourdain.
Mais cette épreuve était trop forte pour ce peuple !* Il venait de remporter une éclatante victoire ; il se voyait à la quarantième année de son exil ; il ne mettait plus de bornes à ses espérances j — et maintenant, voici qu'il faut rentrer dans toutes les privations du désert , dans ces arides solitudes, et fournir, encore une fois, cette carrière d'angoisse dont ou croyait être sorti pour toujours ! « Ils partirentdonc )) de la montagne de Hor^ par le chemin de la Mer Rouge , » four faire le tour d^Edom^ » dit l'historien sacré, (xmais » tame de ce peuple j deau8.e du chemin j fui abattue; et alon n le peuple parla contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous » d-f-ofi fait monter hors d'Egypte pour mourir dans le désert f » il fCy a point de pain; il n'y a point d^eau! Noire ame est en^ D nuyée de ce pain sans substance! »
YoilA donc Jusqu'où peut tomber ^ sptè& 40 ans d'expérience» un peuple conduit de Dieu même» éclairé de sa In« Biière , nourri de sa propre main, journellement conservé par une suite éclatante de miracles !
Ils parlent contre Dieu f ils ne craignent donc pas le sort de leurs pères ; ils ne eraignent pas le sort d*Arad ! -«^ Us parlent contre Moïse ! ils remptisseat d'amertume le cœur de ce vieillard si vénérableet si dévoué , qui devait (ils le sauvaient tous) leur être enlevé avant la fin de cette année, et qui> chargé de douleurs encore toutes récentes» n'avait plus auprès de lui Tami de son coeur, son frère Aaron, pour ver-^ ser dans son sein toutes ses peines ! — Ils padent de mourir au désert I Les ingrats I ils oubKent ce Dieu si tendre qui les avait « portés dans ce naéme désert comme un homme por-» 9 terait son fils (1)^ » -^Que dis-je?Ils vont jusqu'à parler avec mépris de ce pain merveilleux dont la puissance di? vine les nourrissait depuis 40 années. C'est pour eux un objet de dégoût et de murmure ; a leur orne en est ennuyée hy u Est-ce donc ainsi que tu récompenses rÉternel, peuple » fouh) s'écriiait Moïse (!^). a N'est-il pas ton père? Ne » t'a-t-il pas gardé comme la prunelle de son œil \ Et comme tt l'aigle émeut sa nichée , couve ses petits , étend ses ailes^ tt les accueille et les porte sur ses ailes , l'Éternel seul ne » t'a-t-il paa conduit! Oh! si tu eusses été sage! ,
Cependant, au ifnoraent où ce peuple ingrat, suspendant tumultueusement sa marche^ élevait encore ses insolentes elameurs contre Dieu et contre Moïse y et pendant que ce fidèle serviteur , à la vue des tribus égarées , tendait ses mains vers Dieu son Sauveur , et répandait toute sou am^
tn 8B1IPBNT D^AIIUlir. lift
derant loi , tout^-coup un effroyable cri se fait entendre dans le camp d^Israel , et Ton vit ce grand peuple, confondu dans un môme effroi , s'enfuir de toutes parts. —Ce n'était d*abord que des cris d'épouvante; quais bientôt on entend ceux de la douleur et du désespoir* On voit des malheureux se rouler sur le sable, en poussant des gémissemens et des sanglots. On en voit d'autres môme déjà qui rendent Tamo . dans une brûlante agonie. — Qu'est«il donc arrivé?— C'est l'Étemel qui répond à ses ennemis. — Il n'a qu'à dire ; et les pins viles créatures se présentent pour le venger. — Ce n'étaitpoint le feu du ciel qu'il envoyait alors contre ce peupleiy ce n'était que des reptiles, des serpens, qui, se glissant sans bruit sur le sable, et se relevant devant ses blasphémateurs,, les entouraient de leurs replis, lesdéchiraient de leurs dents, et leur versaient dans les veines, avec leurs poisons brûlans, les tourmens d'une fièvre ardente et d'une inflam* mation mortelle (1 )•
Oh I quelle leçon pour nous , Mes Frères, que cette chute d'un peuple comblé de tant de faveurs , et qui, la veille encore , plein de confiance et de soumission , s'abattait devant Dieu^lui remettait tout son avenir, et ne voulait vivre que pour lui! — Hélas! c'est-Ià l'histoire du cœur de l'homme! -— Et si )'at cru devoir insister sur le péché d'Israël , c'est
(1) Ceat pour cela, BOUS le pensons, queTËcritare les appelle irMlans, Quelqaes-nns cependani ont cru devoir attribaer cette épitbèle'a la teinte de leor peaa qui ressemblait ( disent-ils ) à de Pairain poli, et qui leur donnait aux rayons du soleil une transparence ardente et une coiilenr de fen.— Quoiqu'il en soit, il parait, d'après les propres paroles de Moïse ( au Deutéronome VIII, 15 ), que le désert en était naturellement infesté; et que si le Seigneur avaitemployé jusque-U sa puissance pour en garantir son peuple, il l'employa dans ce jour poux les rassembler contre loi*
IfiO LB 8ERPBNT D'AIRiUlf.
parce que j'avais à vous présenter li-dessus une réfleiion qui me senible importante, et parce quec*était ici l'occasion d'un sérieux retour sur notre propre coeur.
Quand pn lit l'Ancien Testament , avant d^avoir fait sur l'état de son ame ces découvertes où l'homme ne peut être amené que par la lumière d'en-haut , on est confondu du caractère de ce peuple Israélite. On ne peut comprendre ces rébellions si fréquentes devant un Dieu qui se manifestait avec tant d'éclat, jet dont la présence était presque visible au milieu d'eux. On a peine à croire possible tant d'ingratitude et d'incrédulité. Oh! quel caractère, se dit-on, que celui de ce peuple revêche, toujours prêt à murmurer, toujours léger pour le bien , toujours opiniâtre pour le mal , toujours incrédule et toujours rebelle , après tant de miracles , tant de cbàtimens et tant de larmes ! Y a-t-ildans toute l'histoire des nations un pareil exemple de malice et d'endurcissement? Tant de mal a-t-il donc pu jamais se trouver dans le cœur de l'homme; et le récit de toutes ces rechutes serait-il vraisemblable?
Mais qu^un peu de lumière répandue dans un ame par la lecture de la sainte Bible et la bénédiction de Dieu lui fait voir sous un autre aspect l'histoire d*Israel! — mon Dieu, voilà mon histoire devant toi ! se dit-elle. Ce n*est là qu'une triste représentation de mes infidélités, de mes chutes volontaires, de mes retours imparfaits , et de ces nombreuses rébellions dont toutes mes stations dans le voyage de cette vie furent marquées à tes yeux! Ces pauvres Israélites étaient des fils d^Adam tout comme moi ; et cette race d'Abraham ne portait pas un autre cœur que celui qui bat maintenant dans ma poitrine. C'est Thistoire du cœur de rhomme que je lis dans tous les récits de la Bible; et
LE SERPElfT D'AIlUm. 121
' « comme, dans un miroir, le visage répond au visage, » a dit Saiomon (i), a ainsi le cœur de l'homme répond au « cœur de Thomme. »
Oui , Mes Frères , à leur place , trop probablement votre conduite eût été la leur ; car il est trop facile de vous mon« trer que leur conduite, après tout, ne fut que ce qu'a trop souvent été la vôtre.
Israël, dans sa coupable révolte, reportait ses regards vers rÉgypte; il oubliait les promesses de Dieu; il trouvait la possession de Canaan trop chèrement achetée par les fatigues du désert. — Eh bien! je le demande aux plus fidèles d'entre ceux qui m'écoutent : combien de fois votre pauvre cœur ne s'est-il pas lassé de la carrière chrétienne? Combien de fois ne vous eût-il pas reporté vers le monde et l'esclavage du péché, si le Seigneur, toujours fidèle , n'eût pris le soin de vous reprendre? Vous n'aviez plus de désir pour les choses de Dieu; vous ne saviez plus voir la Canaan des cieux que comme une terre lointaine où vous n'aviez plus qu'un héritage incertain dans un vague avenir; vous ne preniez plus déplaisir à la sainte Bible, et vous auriez dit en secret, comme l'ingrat Israël : « Mon ame est ennuyée de ce pain » sans substance. » Vous n'y trouviez plus de nourriture. Vous n'étiez plus ce Moïse qui préférait l'opprobre de Christ à tous les plaisirs du siècle, et qui aimait mieux être atQigé avec le peuple de Dieu (2). Vous étiez dpvenu ce peuple ingrat et revêche qui reportait ses regards vers l'Egypte, et qui regrettait les joies d'un monde où l'on ne sert point Dieu. ' Israël, dans sa révolte, fut d'autant plus coupable , qu'il n'eut pour motif que Tempire de ses sens les plus grossiers,
(1) Pr. XXVII, 19. (2) Hébr.XI, t5, 56.
122 UB sERPEirr d'aibain.
et qu'un honteux attachement à des Jouissances toutes matérielles.
Eh bien (je le demande encore aux plus fidèles) ! Que vous a-t-il fallu pour vous entraîner à des chntes si fréquentes et si graves? Que dé fois, hélas! après que jtous aviez prié^ après que, dans Tineffable communion de Dieu^ vous aviez reçu de ces témoignages d'amour qui brisent les cœurs de pierre , que de fois la tentation la plus grossière ne vous a-t*elle pas ramenés dans les convoitises du mal , et dans tous les troubles d'une honteuse révolte de votre cœur contre les volontés de Dieu les mieux connues et les plus invio^ iables? — Que de fois même il vous a suffi de la plus frivot0 contradiction sur les objets les plus matériels et les plus vulgaires de cette vie animale, pour ôter de devant vos yeux la présence de l'Eternel y pour décomposer votre caractère , et pour soulever en vous les plus mauvaises pensées !
Mais, ce qui rendit surtout odieuse la révolte d^sraêl, c'est qu'elle suivit de si près les circonstances les plus touchantes> les plus solennelles, et les plus propres à retenir un peuple dans les sentiers de robéissance.
Je parie encore aux plus fidèles : Repassez votre vie devant Dieu ; et dites-nous si ce n'est pas là votre triste histoire. *^0h ! qu'il a fallu peu de temps entre les leçons les plus pénétrantes et vos chutes les plus odieuses! — Qu'il vous a fallu peu de jours pour oublier tout ce que Dieu vous avait révélé, lorsqu'il yoxR fit descendre dans ce grand deuil ; lorsque, dans la chambre de mort d'un père, d'un enfant, d'un époux, il vous montra d'une manière si puissante « qu'une seule Chose est nécessaire (1), » il souleva si visi-
(1) tue. X, 42.
LB SBBPENT D'aIRAIN. 123
Mement devant vos yeux le voile qui eaohe aux hommes de la terre, les choses éternelles ! — Qu'il vous a Tallu peu de temps pour retourner vers la créature et vers le péché, après cette maladie où vous aviez formé les résolutions les plus saintes et (nous Teussions dit) les plus sincères! — Qu'il vous a fallu peu de temps encore pour laisser échapper ce que le Dieu de toute grftçe avait daigné verser dans votre ame, au retour de nos solennités» et dans une récente corn* munion! Que de pensées du mal, que d'infidélités, que de révoltes secrètes! Mon Dieu! quel cœur est donc le nôtre! Jusque dans quelles profondeurs il est souillé! Ah! «je sais » qu'en moi , c'est-à-dire en ma chair , il n*babite aucun » bien , » disait le plus saint des Apôtres (1). ce Je sais que » par moi-même je suis charnel, vendu au péché, n'approu* » vaut point ce que je fais , et faisant ce que je hais. Je sais » que j'étais, de ma nature, un enfant décolère comme tous » les autres !»
Que dirons-nous donc à ces choses. Mes Frères?
Nous dirons que le cœur des ingrats Israélites , c'était le cœur de l'homme; nous dirons que leur conduite ne fut de-^ vant Dieu quece qu'a trop souvent été la nôtre; nous dirons^ « que nous sommes condamnés et maudits par la sainte loi de Dieu» (je parle avec l'Ecriture) (2), nous dirons qu'iï nous faut une délivrance qui soit pour nous ce que le ser« pent d'airain était pour Israël ; nous dirons que , si nous no rencontrons pas ici bas un Sauveur^ il eût mieux valu pour nous de n'être pas nés. Et reconnaissant ainsi la nécessîtëi DE LA CRoix DB jÉsus-CflRisT^ nous Comprendrons bien main*
(1) Rom; VU, 14-S5; fiphès. Il, 5. (â) Gai. II, 16; lU^ 10-14.
124 LE SERPENT D*AIRAI!C.
tenant qu'il a falla que, (^ comme Moïse éleva le serpent » dans le désert, ainsi le Fils de Thomme fût élevé » sur le Calvaire, « aOn que quiconque croirait en Lui ne périt » point, mais qu'il eût la vie éternelle. »
mes compagnons de voyage dans le désert, ô Mes Chers Frères ! associés dans la même révolte et dans la même condamnation» portons donc maintenant tous ensemble avec recueillement nos regards sur ce serpent d'airain et sur cette croix de Jésus-Christ! — Je vous rappelle au désert de Tsalmbna» et je poursuis le récit de notre texte.
Le peuple d'Israël mourait au désert. On apercevait de toutes parts des malheureux luttant contre des douleurs brûlantes ou contre les dernières convulsions de la mort : un vaste cri de douleur couvrait tout le camp d'Israël. Vous les eussiez vus fléchis enfln sous les verges du Seigneur , ces hommes de col roide, ce» fiers enfans de rébellion, dont les paroles arrogantes avaient prétendu s'élever contre les conseils du Très-Haut. Us tendaient leurs mains suppliantes ; ils accouraient à ce Moïse qu'ils venaient d'outrager; ils lut criaient : Nous avons péché! Us ne se contentaient 4p1us, comme c'est trop souvent le cas , d'une confession vague et générale de leur iniquité : « Nous avons péckéy » lui di- )) saîent-ils ; « car nous avons parlé contre Dieu et contre » toi : Mais nous fen supplions , prie maintenant pour nous » f Eternel, afin quHl retire du milieu de nous le serpent &r4* )) lant. 1»
Tel est Teffet des afflictions et des maladies, quand PEs-
LE SBRPEKT d'aIRAIN. 125
prit ûé Dieu daigne les bénir ; elles réveillent ta conscience. £t tandis qu'elles ramènent leurs regards et les désirs d'un pécheur vers le Seigneur et vers la Bible ^ elles changent en même temps ses yeux et son cœur envers les amis du Seigneur et les amis de la Bible. Oh ! comme il voudrait alors posséder leur paix et leurs privilèges ! Comme il en appelle à leur sympathie , et comme il se recommande à leurs prières! — Ces fidèles, qu'il méprisait naguère comme des hommes d'exagération , follement abusés y Ob bassement trompeurs, ces fidèles qu'il regardait au moins avec si peu de bienveillance y oh! comme il voit maintenant avec évidence qu'eux seuls marchaient vers la vie et dans la lumière des réalités éternelles , tandis que lui-même y comme un somnambule dans la nuit de son ignorance et de son assoupissement , « se promenait parmi ce gui n'a que l'appa- » rence (1). », Ah! dès que ce cri s'est fait entendre sur le minuit : « Voici l'époux qui vient! voyez les vierges folles » dans leur angoisse ; voyez comme elles accourent aux )> vierges sages; comme elles les appellent à leur aide; » comme elles leur crient: Donnez-nous de votre huile! » donnez-nous de votre huile ! car nos 'lampes s'étei- » gnent (2) !» — « Prie Dieu pour nous , » criaient aussi les enfants dlsraêl , n prie Dieu pour nous , afin qu^U retire » du milieu de nous le serpent brûlant! »
Mais déjà l'âme toujours si grande et si tendre de Moïse était pleine de pardon et de prière pour ses frères égarés, et bientôt l'Éternel exauça les cris de son serviteur.. « Faw- » toi, lui dit'U, un serpent en airain y et place^le sur laper^ » ehe d'une bannière (c'est le sens de l'original), et alors il
(i) Pb. XXX. 6. (9) Matlh. XXV, 1-13.
126 LE SBRPB^T D'AlAAnr.
» arrivera qu$y parmi ceux qui ont été moriui , quiconque u le regardera vivra. »
Et Moise, diaprés l'ordre de rEternel , fit un ierpent en airain, etUle mit sur la perche d'une bannière.
Tous montrerai-je mainteDant dans leur détail , Mes Frères, tous les rapports de ce grand type avec la croix de Jésus-Christ? Ces traits de resseniblance sont à la fois si nombreux et si fortement prononcés, qu'il n'est pas possible de les méconnaître , dès qu'on y porte les yeux.
Le peuple s'était soulevé contre l'Etemel dans le voyage du désert : l'homme s'est soulevé contre sou Dieu dans le court voyage de cette vie- — Le peuple périssait en foule à cause de sa révolte. En conséquence de notre révolté, des. millions de pécheurs ont éternellement péri; des millions périssent, et des millions périront encore. — Le peuple, atteint des aiguillons du serpent brûlant^ était inévitablement perdu , s'il ne regardait au signe que Moïse élevait dans le désert ; tous les remèdes humains étaient impuissans; leurs parens> leurs amis les plus chers, la nature entière ne pouvait rien pour les sauver. Atteints nous-mêmes « des dards enflammés du malin , iequel agit avec efTiçace » dans tous les enfans de rébellion (1)»^ nous sommes inévitablement perdus si Dieu ne nous fait contempler par la foi Celui qui , selon la promesse faite à notre premier père , devait a écraser pour nous la tête du serpent (2). Il n'y a » point d'autre Sauveur que Lui ; il n'y a point d'autre nom » sous le ciel , pour être sauvé , que celui de Jésus » (3).
Le moyen que Dieu mit en usage pour délivrer son peuple au désert n'avait rien aux yeux de la chair qui pût en-
(l) Éph.ll, 8 î VI, 16. (2) Gen. III, IS. (3) Act IV, 13.
LB SERPKlfT D'ADUnr. 127
çoarager l'espérance des mourans. -r- Que pouvait en attendre la sagesse humaine? Quel remède que ce morceau d*airain, contre de si grands maux, devait-elle penser? Quelle ressource que de porter d'insigniGans regards sur cet insignifiant objet? — Il en est ainsi de la croix de Jésus- Christ. — Qu'est-ce en effet que ce pauvre Fils de Marie ^ cloué sur le bois en Golgotha , pour justifler et pour régénérer les pécheurs à mille ans de distance , et jusqu'aux iles lointaines de la mer? a II n'y a en lui ni forme ni appa- » rencé quand nous le regardons; nous avons caché notre » visage arrière de lui , tant il était méprisé, et nous ne » Tavons rien estimé » (1 ). Ce gibet élevé sur le Calvaire entre deux malfaiteurs et parla main des botirreaux, cette croix ft est folie pour ceux qui périssent , )» (2) bien qu'elle soit (( la puissance de Dieu » pour ceux qu'il veut sauver; et bien que toutes les gloires de TEternel-Dieu s'y manifestent aux regards des croyans, dans leur accord à la fois. le plus touchant et le plus sublime.
Et quel fut le Sauveur des Israélites au désert ? — > Un serpent cloué sur le bois ; -— mais un serpent qui n'avait qu'une ressemblance innocente et toute extérieure avec les reptiles dont le venin circulait en eux ; — un serpent qui n'était point pris parmi ceux du désert , et qui* devait être fait de manière à n'en avoir ni les mouvemens , ni la vie^ ni le venin, ni la malice. — homme ! ainsi devait être représenté (aussi fidèlement que le cas le rendait possible). Celui qui y pour te sauver» « s'est rendu semblable en » toutes choses au pécheur , excepté le péché I » (3) Ainsi
(i) Esaîe, LUI, Si, 3. (S) 1 Cor. I, 18, 11 , 33, 96 ,* II, 14} III, 19. (3) Hébr.II, 11,14, 17; IV, 15.
128 LE SERPENT d'aIRàIN.
devait être représenté Celui qui ne devait point être pris de la foule des enfans d'Adam , mais qui devait naître tout autrement , aCn qu'on ne pût trouver en lui ni la vie du péché, ni se3 venins, ni sa mMice^ni ses mouvemens intérieurs , « ayant été fait, dit St Paul , (1) à la ressemblance » d'une chair de péché , pour que le péché pût recevoir sa )) condamnation dans la chair » (c'est-à-dire dans notre nature ) , en la personne de Jésus^Christ* — homme ! ainsi a paru sur le bois de Golgotha Celui que tu appelles ton Sauveur! comme un pécheur, — sous la ressemblance d'un pécheur, — à la place des pécheurs ! — Que dis-je? — Il y a été traité « comme le péché méme^ » dit St Paul ; (2) « il y a été maudit » pour toi ; « il y a été mis » de Dieu et des hommes a au rang des malfaiteurs ; TEter- » nel ayant fait venir ainsi sur lui l'iniquité de nous » tous. )) (3) *
Mais je laisse, Mes Frères, ces premiers traits de ressemblance, qui parlent peut-être plus à votre esprit qu'à votre conscience, et je dois me hâter de vous en présenter de plus importans et de plus pratiques sur l'usage de la croix et sur ses bienfaits.
Âh ! ce n'est pas de la nature du remède que nous avons besoin surtout d'être entretenus , pauvres malades que nous sommes! pauvres mortels qui nous hâtons vers notre dernier jour ! — Ce dont nous avons besoin , ce dont nous de-
(l)Rom. VIII, 3. (5) 2 Cor. V, 21. (3) Esaîe LUI, 12, 6.
* Ane Toir qae Lai-méme sar la croix, il était « le Saint et le Juste ; » il était « le bîen-aimé du père; » il était a l^àgnbau db Dibu ; » — mais à Le voir comme le représentant de son peuple | il était « abau- » donné, » il était « maudit; ?» il était <c péché; » il était le sbbpbrt cloué sur le bois.
Ifi dBRPENT d'airain. 129
tons avoir soif, la seule chose nécessaire , c'est bien platAt de savoir gouhent nous aurons part au bienfait du remède ; c'est bien plutôt ^ trouver aussi nous-mêmes la guérison de nos maux, le changement de notre cœur, le pardon de notre Dieu, la paix, l'ineffable paix qui se trouve auprès de Lui!
Vous représentez-vous , Mes Frères , la dernière scène de de notre texte? — Vous représentez-vous le camp d*lsracl , lorsque Moïse eut fait connaître qu'il avait une réponse de l'Eternel , lorsqu'on le vit élever sur la hampe d'une haute bannière le signe ordonné de Dieu, et lorsqu'il eut fait publier dans toutes les tribus ces paroles de l'Eternel : « Qui' » conque le regardera vivra ?» — Vous représentez-vous tout ce peuple de malades demandant à genoux la bénédiction de Dieu , et contemplant avec toutes les émotions de la douleur et de l'espérance, cette enseigne miraculeuse? Vous représentez*vous quel fut leur attendrissement, quels durent être leurs transports , lorsqu'à cette vue ils sentirent leurs plaies devenir moins brûlantes, leurs forces renaître, et bientôt toutes leurs douleurs faire place aux inexprimables sensations de la convalescence?
Qu'on se figure le bonheur d'une mère qui portait dans
ses bras son enfant à l'agonie, qui lui montrait le serpent
d'airain , qui le pressait d'y porter encore quelqu'un de ses
regards , et qui voit enfin revenir sur son visage les couleurs
de la vie, et rayonner bientôt sur tous ses traits un premier
sourire de bien-être et de santé. — Qu'on se figure une
femme faisant transporter hors de sa tente son époux près
130 LB SERPENT D'AtRAtN.
d'expirer « le suppliant d'écouter encore une fois sa voîï » a de ne pas mépriser un si grand salut , » et de recueillir le faible reste de lumière qui traverse en^re ses yeux pour regarder le serpent d'airain. Avec quelle émotion de ten* Presse et d'espérance elle soutenait cette tête ii chère , elle la tournait vers la bannière d'Israël , elle relevait d'nne main tremblante ses paupières appesanties ! « mon ami ! ton mal est mortel ; mais Dieu notre Sauveur est tout-puispuissant, et il a parlé. Tu l'as entendu : a qui le contemple vivra ! )> Il est temps encore : donne gloire à Dieu ; oui , désespère de toi-même , mais espère tout en Lui. Rien ne lui est impossible, excepté de mentir. « Il a dit ; ne le ferat-ilpas?»
Le miracle, en effet, continuait de s'accomplir avec puissance, depuis les tentes de Juda jusqu'aux derniers 4rangs d'Aser et de Nephtali. •*- Le signe de Dieu demeurait élevé dans les airs au-dessus des tabernacles d'Israël. Aucun -éclat extérieur ne l'environnait; « il n'y avait rien, à le voir, qui pût le faire désirer, et vous n'en eussiez fait «ucun cas; » ()) mais il en sortait en silence une vertu créatrice, semblable à celle , qui doit, au dernier jour , relever l'homme de la poudre du tombeau ; la santé , la force^ la vie, en descendaient sans bruit sur ce grand peuple, et il n'y avait d'exception pour personne. — Il n'y avait point de différence entre un malade et un autre malade. ^— Malheur seulenoent à l'Israélite qui , se croyant capable de guérir lui-même ses blessures et de retenir une vie prête à s'échapper , négligeait la délivrance d'Israël l Mais heureux mille fois , celui que la vue de ses plaies et les douleurs de
(1) EsaîeLlil, â.
tB SEHPEïfr I^'AIRAIXk j[3i
toh nààl disposaient à do plus rien attendre de lui-même^ et à n'appuyer plus son espérance que sur les promesses du Dieu tout-puissant ! -^ Fût-il alors tout couvert de blessures ; vit-ii déjà devant ses yeux le crépuscule de là mort , il n'avait encore qu'à les tourner avec foi vers le signb élevé dans le désert ; et ne t'aperçût-il même déjà plus que commô une onlbre vaguement projetée sur l^obscure clarté des cieux.... , heureux Israélite \ s'il savait y fixer ses regards ùvec espéranice ^ c'en était assez pout le sauver !
1^1 fut le miracle de Dieu dans le désert de TsAlmona4-«K- Ëtmalntenattt, âmes immortelles! écoutez Jésds, écoutez votre Haitre ; écoutez-le , c'est Lui-tnéme qui vous parle.
« C'est ici LA YOLOKTÉ DU PÈRE > VOUS dit-il : LA VOLOif TÉ
I» DU Père est que quiconque contemple le Fils et croit er » Lui ne périsse point! » (1)
« Il a fallu que^ comme Moïse éleva te serpent dans lé p désert» le Fils de l'homme aussi fut élevé, afin que qui-> » CONQUE CROiRArr en Lui eût la vie éternelle. »
« Vous tous les bouts de la terre ! vous tous les bouts de » LA terre, regardez VERS uoi , et vous serez sauvés ! » (3)
Vous l'entendez , âmes sérieuses ! ô vous qui nourrissez des désirs de conversion , et qui concevez des projets d'une meilleure vie^ -* ô vous qui vous occupez maintenant conune d'une réalité y du jour très-proche où vous compa^ raitrez devant Dieu , et qui sentez depuis que]()ue temps , peut-être, que ce Dieu vous cherche^ qu'il vous appelle^ qu'il frappe à la porte de votre cœur ! — - vous entendez clairement que Jésus Lui-même vous invite à venir avec toutes vos misères devant sa croix, comme un Israélite aU
(i) JeanVl, 40; lit, 14 15. (2) EsaïéXLV, «Si.