‹ SermonsChapitre 30 sur 88 · LE SERPENT D*AIRAIN · texte numérisé non relu

LE SERPENT D*AIRAIN

lait avec toutes ses plaies devant le serpent d'airain. — Vous entendez que le Sauveur du monde donne la vie éternelle à tous ceux « qui regardent vers Lui , » qui le CONTEMPLENT, et qui CROIENT cu la pulssanco de sa croix,

— Vous entendez « qu'il ne rejette aucun de ceux qui vont » à Lui, » (1) Vous entendez que « cette justification qui » vient de [Dieu par la foi en Jésus-Christ s'étend à tocs » CEUX QUI CROIENT (comme Ta dit St. Paul), et qu'il n'y a n POINT DE DIFFÉRENCE » entre un pécheur et un autre pécheur <c vu que tous ont péché , et que tous sont entiè- » rement privés de la gloire de Dieu , étant justifiés gratis » par sa grâce, par le rachat qu'ils ont en Jésus-Christ, » en sorte que cela ne vient point d'eux , que c'est un » DON DE DiEUy et quo ce n'est point par les œuvres , afin » qu'aucun homme ne se glorifie. « (J'ai continué de parler » avec St. Paul.) (2)

O vous donc qui voulez être guéris 1 vous entendez ici , de la bouche du Seigneur lui-même , que, pour être accueillis , pour être régénérés , pour être sauvés en vie éternelle , vous devez simplement , comme les Israélites au pied du serpent d'airain , sentir vos maux et croire Dieu;

— je le répète encore une fois : sentir vos maux et croire Dieu.

Ah ! Ton ne refuserait pas si long-temps d'embrasser la' sainte Bible, et de croire aux promesses de Dieu» si l'on sentait véritablement les misères de son ame ! — Seigneur Dieu ! si nous comprenions mieux ces choses ! si seulement nous avions à cet égard devant Toi quelque chose de la sensibilité qu'on nous voit déployer polir les moindres ac-*

.fi) Jean Vï, 37. (2) Rom. III, 22-24; Èpli. II, 8,9.

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cidcnts d'un corps qui , dans trois jours cependant , ira se perdre dans un cercueil ! — quelque chose de cette inquiétude d*un malaile en qui Ton a découvert des^ symptômes prononcés ou de gangrène^ ou de consomption, ou de tout autre accident mortel! — (lussions-nous seulement une vipère suspendue à notre main gauche, on nous verrait dans le même trouble que le camp d'Israël. Bon Dieu! que devrions-nous être donc, si nous savions reconnaître que l'ancien serpent est suspendu à notre ame immortelle , et que nous sommes par notre nature sous la puissance de Satan , pour parler comme Jésus-Christ ! (1 ) — Oh ! comme alors nous estimerions les promesses de la Bible! Oh! comme alors nous les serrerions sur notre cœur , et comme nrous dirions avec Paul » « que toutes choses nous sont comme » de la boue et comme un dommage , en comparaison de » l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ notre » Seigneur. » (3)

Mais, hélas ! le grand mal parmi nous, ce n'est pas seu* lement qu'on ne sent pas sa corruption, son indignité devant Dieu, comme on devrait la sentir j c'est bien plus encore qu'on ne croit pas à ces déclarations, à ces appels y à ces promesses de Jésus-Christ comme on y devrait croire je'est bien phis encore que Ton manque de foi!

Et je vais vous exprimer clairement en quoi vous manquez de foi : — Vous voulez associer vos mérites avec le sang répandu sur la croix « pour la rémission des péchés.» — Et si vous n'osez pas, il est vrai , vous regarder comme digne deïa faveur du Père, vous prétendez toujours espérer un temps où vous aurez mérité du moins celle de so»

(1) Act. XXVI, 18. (0 Phii. m, 7, s, 9.

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F1L8 ; c*e8t-à-dire que vous voulez toujours attendre d*ayoir atteint par vous-praême, je ne sais quel degré de mérite et de sanctification , avant d'oser croire que le sang de Jésus- Christ vous justifie y avant d'oser croire Dieu, avant d'oser vous dire à vous-même en regardant à la croix : « Je suis dond sauvé ! )> — Vous imitez ainsi le malheureux Israélite quij» avant de se tourner avec confiance vers le signe élevé dans le désert, aurait voulu d'abord, dans son orgueil^ s'être procuré déjà par ses propres remèdes quelque retour de vie et comme une première guérison, — Qu'eussiez^ vous dit vous-«mémes à ce malheureux, je vousie demande? «— Auriez-vous osé lui dire, auriez-vous eu l'idée de lui laisser penser qu'il avait la foi, qu'il croyait Dieu et qu'il allait par cette voie recouvrer la santé, le bonheur, la vie ! T- Noni certes! vous ne l'eussiez pas fait. -— Eh bien! il faut donc vous déclarer à vous-même aussi que, jusqu'à ce jour , vous avez refusé de donner gloire à Dieu ; que vous n'avez pas la foi dans les déclarations de sa Parole ; et que vous ne croyez point encore à l'efficace de la croix. Il faut TOUS dire que l'Écriture a prononcé que «Christ est anéanti » et la grâce perdue, pour tous ceux qui veulent ( comme 9 vous) être justifié» devant Dieu par les ceuvres de la » loi. » (f ) Il faut vous dire que vous n'avez encore vraiment connu ni la LOI, ni TÉvANCiiLE; et qu'il vous manque encore deux choses.

Il vous manque d'abord de connaître que vous étesbeau-i coup plus profondément éloigné de Dieu » beaucoup plus inauvais à ses yeux , beaucoup plus incapable de faire le bien que yous ne l'iavez cru jusqu'à ce jour^ c'est-à-sdirou ea

(0 Galat. V, 3, 4.

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d'autres termes « que vous ne savez point encore ce que c'est réellement que la loi de Dibo.

Et il vous manque en second lieu de savoir que le Dieu de l'Evangile est infiniment plus miséricordieux et plus souverainement bon , infiniment plus abondant en gratuité| in. finiment plus disposé à vous accueillir , que vous ne l'avez cru jusqu'^ cette heure; c'est-à-dire, en d'autres termes, que vous ne savez point encor ce que c'est réellement que la BONNE nouvelle dc Jésus-Christ et TÉvangile hr la geage.

mes tristes compagnons de révolte et de misère , pauvres malades d'Israël, pauvres mortels que l'étonnante bonté de Dieu daigne appeler encore aujourd'hui devant la croix de son Fils : oh ! s'il m'était donné de vous faire comprendre ces choses ! -^ Que je voudrais vous faire connaître ce qu& c'est réellement que de se confier en l'Evangile de Christ » et ce que peut cette confiance dans un cœur qui l'a reçue !

— Que je voudrais vous engager à donner enfin gloire à Dieu, comme Abraham, par votre foi dans sa promesse!

— Que je voudrais vous faire comprendre que c'est là Tunique moyen par lequel l'homme pécheur et le Dieu qui le veut sauver puissent être mis à leur véritable place; — l'homme dans la poudre, et Dieu sur le trône; — Thommedans l'humiliation, et Dieu dans la gloire; —l'homme dans le néant, et Dieu abondant en grftce; Dieu «pardonnant, » tant et plus, Dieu levant ses mains vers les cieux et disant :

» C'est Moi, c'est Moi qui suis l'Éternel ; il n'y a point d'au-

» TBE Sauveur que moi (4).

» Vous tous les bouts de la terre , » a crié le Sauveur y « vous tous les bouts de la terre, regardez vers Moi ^ et vous

(!) EsaïcXUil, 11; XLV, 2^.

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