DES SACRIFICES
Il est depuis l'origine des siècles sur la scène mobile du monde ^ et chez tous les peuples de la terre, un spectacle constant , quoique extraordinaire , qui nous tient un langage
t (1) l"Ep. de Jean V, t3.
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si clair et si puissant , que je ne sais en vérité quelle réponse y pourrait faire un observateur étranger à rÊvangile» pour peu qu'il voulût bien sWôter à le contempler. — Je veux parler des sacrifices sanglans.
Rien n'est plus varié que les rites religieux qu*ont imaginés les enfans des hommes pour apaiser leur conscience y, depuis qu'ils ont perdu la connaissance des révélations qui forent successivement accordées aux premières familles de la terre; rien n'est plus varié même que les objets de leur culte. — Lescieux, la terre , l'enfer» les anges, les hommes , les animaux ) les plantes , les bois et la pierre » tout en un mot est devenu dieu pour eux , eicepté Dieu. — Les jeux, les combats , les danses, le larcin même, que dis«je? l'ivresse, la prostitution, les plus abominables impuretés sont devenues pour eux un culte , pour lequel ils ont eu leur dieux, leurs prêtres et leurs temples.
Cependant, au milieu de tous ces rites si variés et si nombreux , il en est un seul que je retrouve partout. — Chez tous les peuples, soit anciens, soit modernes , sous tous les climats, sous tous les gouvernemens, dans les lies même les plus lointaines, dans tous les siècles, je vois les hommes (comme s'ils s'étaient entendus en quelque sorte sur ce seul point) immoler des victimes et faire couler du sang sur des
autels. le les vois toujours s'accorder sur ce dogme :
« Il faut expier nos crimes; nous sommes coupables, il faut une rédemption par le sang. » — Je vois cette idée extraordinaire braver le temps et l'espace : elle fait le tour du globe , elle traverse tous les siècles. — Je vois même les hommes, dès qu'ils ont oublié qu'il y avait dans ces sacrifices divinemeut institués une représentation d'une victime plus excellente , je les vois, au lieu de rejeter un rite que