DE LA PAQCB CHRÉTIENNE
croix à toutes ses créatures, comme le Dibc juste' et cependant Sauveur, Sauveur et cependant juste; c*est ainsi que « la justice et la miséricorde s'y sont rencontrées b , et que « la paix et la vérité 8*y sont entrebaisées » , pour parler avec la Sainte-Ecriture (f).
Ah! qui contemple ainsi dans son Sauveur sur la croix toutes les perfections divines » qui contemple ainsi JÉSUS , pleure de repentir comme Pierre dans là cour du prétoire ; il pleure d^^mour, il pleuré d'admiration , de reconnaissance; qui le contemplé se détaché du monde et de ses cour voitises; qui le contemple doit changer» et qui ne change pas, ne fa point vu et ne l'a point connu. Qui le côntempie ainsi, trouve dans cette pensée habituelle ràlimenl de son ame , son pain et son vin.
Telle est, Mes Frères, la grande vérité que le Seigneur a voulu rappeler à son peuple dès les premiers jours du monde , par les divers sacremens qu'il a successivement institués ; d'abord par les sacrifices sanglans, plus particulièrement ensuite par la Pâque des Hébreux, et enfin par celle des Chrétiens ; et telle est aussi la pensée que nous avons désiré vous rendre présente dès l'abord de ce discours, afin que vous entrassiez mieux avec nous dans la méditation qui doit nous occuper. — Pour y procéder , nous expliquerons d'abord ce que c'était que la Pàque des Hébreux ; et poursuivant ensuite une courte paraphrase des versets de notre texte , nous tâcherons de vous faire bien comprendre les rapports de la Pâque annuelle des Hébreux avec la Pâque journalière de l'ame chrétienne, et ce que c'est maintenant pour nous que de préparer la Pâque.
(i)Pi.LXXXV, 18.
Mes Frères bien-atmés , je rends grâce ft mon Dieu de ce qu'en attendant qoe ma faible voix se soit éteinte dans le tombeau , et de ce qu'à l'approche des solennités qui vont terminer cette année» il daigne m'appeler» par le texte de ce jour, à vous montrer encore aujourd'hui que Talimeiit de votre ame, que toute votre sûreté., toutes vos consolations, toutes vos forces, toute votre vie, est en la pensée habituelle de Celui qui s'est livré, pour vous sauver , à la mort de la croix, et qui maintenant est vivant pour accomplir ses promesses, pour vous conduire dans la vie et pour TOUS sauver dans la mort. — Mes Frères ! je ne veux sa« voir avec vous que JÉSUS-CHRIST , et JÉSUS-CHRIST CRUCIFIÉ. — Je voudrais ne savoir plus autre chose pour moi-même. — 11 n'y a que cela de réel et d'éternel. Tout
ce qui ne s'y rattache pas n'est , au bout de quarante ou cinquante années, que comme un songe dont on s'est réveillé ; tout ce qui ne s'y rattache paa va passer bientôt comme une nuée que le vent emporte. « Celui qui a le Fils a la vie ; mais celui qui n'a pas le Fils de Dieu li'a pas la vie, et la colère de Dieu reste sur lui. » (1 ) — Seigneua ! pour l'amour de ton nom , donne efficace à ta Parole ! Ainsi soit-il.