DES SACRIFICES
» tioa pour nos péchés. » Garce salut qui nous remplit de. ;ofe/dSt l'Apôtre St- pierre (i), a été l'objet des arecher- » çbes et des méditations de3 prophètes j lesquels ont taché )) de pénétrer ce que l^Sprit dé Christ, qui était en eux , » prédisait» touchant le temps et lès conjonctures des souf- )) francesdtt Christ ; et touchant la gloire dont elles seraient » suîVièi^ » '
Cependant nt>lre Dieu ne s'en tînt pas même là* -f- Cour rattacher respérancedVn Sauveur aux souvenirs les plus cher» et les pîqs solennels de son peuple; pour lui préflguret quinze cents années à l^avance toutes les circonstances de ravénement du Messie, ilrésolut de l'àrrachef d'une telle manière à Tesclavage dfe l'Egypte, que cette délivrance pût être, et dan^ son ensemble et dans ses moindres détails , 4x>mme une figure prophétique, et comme une représentation vivante de la rédemption de nos âmes par JÉSUS-CHRIST Notre-Seig>îeur. — Ce fut la Pàquè des Hébreux.
i^ PÀQDE DES HÉBREUX. -^^
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Quel spectacle, que cette première Pâque! -^ Les cris. du peuple d'Israël étaient parvenus jusqu'à l'Éternel ;— Moïse, « qui préférait, » nous dit St. Paul, « Topprobre de Christ » à toutes les richesses de TÉgypte (2), » Moïse avait sommé valçetnént P^iaraon dé laisser Israël en liberté. — ^Le quatorzième jour de la lune de Mars, le jour de la délivrance était arrivé; les Israélites avaient reçu Tordre de se tenir
(1) Ire Epit. 1 , 10 ,11. (9) Héb. XI . 36.
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renfermés dans lears maisons , prêts à partir au premier signal de l'Éternel. — Qu'on se figure cette nuit terrible et solennelle : à l'heure de minuit , pendant qu'à la douce et silencieuse lueur de la pleine lune , tout reposait dans le sommeil , l'Ange exterminateur parait soudainement dans les cieux , et toute l'Egypte, frappée d'un même coup, se réveille au milieu « d'un si grand cri , qu'il n'y en eut ja- » mais, » dit l'Écriture, « et qu'il n'y en aura jamais de sem- » blable; car il n'y. avait une seule maison où il n'y eût un » mort (1); » et pendant que Pharaon, se levant au milieu de la nuit , pleurait son premier-né dans son palais , le pauvre sanglottait dans sa cabane et le prisonnier dans son cachot.
Cependant , tandis qu'il n'y avait dans toute l'Egypte qu'un deuil immense et qu'une solennelle épouvante, les Israélites , rassemblés en famille dans leurs.tranquilles demeures, seuls épargnés en cette nuit terrible, mangeaient en paix le souper de la Pâque, et attendaient avec une sainte émotion les ordres de l'Éternel, -r- Quelle avait donc été leur puissante sauvegarde contre les coups de l'Ange exterminateur? — Un agneau !.. . le sang d'un agneau I — « Vous » prendrez un agneau y » que vous appellerez la paque (c'est-à-dire lepasmge), avait dit l'Éternel (2); «vous Té- » gorgerez^ et trempant ensuite dans son sang un bouquet » d'hysope, vous en arroserez les deux poteaux et le sur- » ceuil de vos portes; car lorsque je frapperai l'Egypte, » j'apercevra ce sang , je passerai par-dessus vous , et je » ne donnerai pas à l'Ange exterminateur le pouvoir de » vous détruire. »
(1 j Exod. XI , 6. (3) Exod. XII.
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Le fier Pharaon laisse donc enfin les enfans d'israôl en liberté. Ils se lèvent fous ensemble; ils partent; ils sortent de rÉgypte chargés de dépouilles; la mer découvre son lit pour leur faire un passage ; ils la traversent entre ses ondes suspendues; ils arrivent libres sur la rive opposée; Pharaon qui les poursuit est englouti dans les flots; ils entrent au désert ; la manne des cieux les y nourrit , Teau du rocher les y abreuve , une colonne de lumière les y conduit , jusqu*à ce qu'enfin , devenus, après une épreuve suffisante, comme un peuple nouveau, ils traversent le Jourdain pour entrer dans la terre promise , symbole de cette « patrie » meilleure et céleste » après laquelle, dit St Paul, avaient soupiré leurs pères (1).
C'est ainsi, Mes Frères, que cette merveilleuse délivrance aVait été tellement ménagée de Dieu, que tout, jusqu'à ses * moindres circonstances, y représentait quelqu'un des traits de notre rédemption par JÉSUS-CHRIST , en sorte qu'en célébrant dans la Pâque le souvenir de ce grand événement , on célébrait par là même un sacrement de la délivrance ÉTERNELLE , promise aux enfans de Dieu dès les premiers jours du monde. — C'est ce que je dois vous expliquer encore. Je n'indiquerai que les principaux traits , en ayant soin même de n'en citer aucun qui ne nous ait été signalé par les auteurs sacrés du Nouveau-Testament.
1^ Et d'abord, Israël, par l'immolation de l'agneau pash Cal , fut mis à l'abri des jugemens que Dieu déploysiit sur toute l'Egypte ; il fut racheté de la mort et de l'esclavage, pour être un peuple consacré tout particulièrement au service de son Dieu. — Et c'est ainsi (pour parler avec St.
(1) Hébr. XL
LA pajQitb du aiBREUX. 159
Paut)qQe Christ, notrbPaqde, «a été immolé pour iioo9(1 ), » afin de noas racheter de tous nos péchés, de nous Faire » passer de Tesclavage de Satan h Dieu^ de nous retirer du » présent siècle mauvais , et de se faire un peuple qui lui » appartint en propre, et qui fût zélé pout les bonnes œu- » Yres(2), »
2^ La victime de la Pâque devait être un agneau, le plus innocent et le plus paisible des animaux^ qui souffre sans se plaindre, et qui se a laisse égorger sans résistance : » — Et c'est ainsi que devait être représenté Celui que Jean- Baptiste appelle «c le véritable agneau de Dieu qui ôte les » péchés du monde (3), ce Maître doux et humble de » cœur (4), qui a été mené à la tuerie comme un agneau » muet; qui, lorsqu'on le chargeait d'injures, n'en rendait » point (5) : » qui s'est laissé lier, battre de verges , outrager, mettre à mort, et qui (cn'a point ouvert la bou- » che (6). »
3® L'agneau de la Pâque devait être choisi sans défaut ET sans tache, pour désigner la parfaite justice de « Celui » qui n^a point connu de péché (7). » En effet , dit St. Pierre (8), « nous n'avons pas été rachetés par des choses » périssables comme l'or et l'argent^ mais par le précieux » sang de Christ^ comme de l'agneau sans défaut et sans » tache. »
4® L'agneau devait être immolé le quatorzième jour de LA LUNE DE Mars, entre trois heures et six heures du soir, et ce fut aussi le quatorzième jour de la Itine de Mars, entre
(i) I Cor. V, 7. (Si) Ad. XXVI , 18. Galat. 1 , 4. Tite U. 14, 16. (3) Jean 1 , 2». (4) Malt. XI , 29. (5) 1 Fier. Il , 23. (6) Esaîe LUI, 1. (1) Cor. V, 2. (8) I Pierre 1 , 18,19.
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trois et six heures du soir , qu* « ayant jeté un graod cri ^ » JÉSUS rendit l'esprit (1) » sur la creix.
5® Aucun de ses os « ne devait être rompu (2), » et nous aurions sans doute ignoré toujours le sens de cette faible circonstance > si l'Esprit Saint n'eût pri§ soin de nous l'ei^pliquer aussi, lorsqu'il nous dit par la bouche de St Jean(3), que ce fut afin u que cette parole de l'Écriture fût accom- » plie^ » que les soldats qui percèrent lÉSUS « ne lui rom- )) pirent point les jambes. »
6^ Enfin, l'agneau devait être mangé par les fidèles. — mon ame, écoute bien cet ordre de ton Dieu ! — « Christ^ )) notre Pâque , immolé pour nous , » comme l'appelle St« Paul (4), Christ crucifié , voilà ton aliment , voilà ton paia de vie. — Vous tous donc » qui vous sentez « pressé» de la » faim et de la soif de la justice (5), » écoutez bien ces paroles de JÉSUS (6) : aie suis le pain de vie descendu da » Ciel ; le pain que je donnerai c'est ma chair ^ laquelle je )) donnerai pour la vie du monde. En vérité /en vérité^ je » vous diS; celui qui mange ma Chair et qui boit mon » sang a la vie éternelle. »
Telle était la Pâque des Juifs, Mes Frères. Telle est la suite majestueuse et l'harmonie toute divine de no» révélations. C'est ainsi que Celui qui « appelle les choses qui ne » sont point comme si elles étaient (T), » et devant qui « mille ans sont comme un jour (8), » traçait déjà^ dans Tbistoire de son peuple , il y a plus de trois mille années^ comme de vastes crayons du plan qu'il avait conçu pour
(1) Matlh. XXVII , 50.(2) Exode XIÏ, 46. (3) Jean XIX ,36. (4) 1 Cor. V, 7. (6) Malt. V, 6. (6J Jean IV, 32, 58. (7) Rom. IV , 17- (8) 2 Pierre III, 8.