LA PAQUE DES HEBRCUX
tiotte rédemption par JÉSUS-CHRIST. — - C'est ainsi que la Pâqoe des Juifs, instituée plus de trois cents ans ayant que les Grecs, encore barbares , fissent le siège de Troie, se célébrait d'âge en âge depuis plus de mille cinq cent» années > lorsque le Seigneur JÉSUS, comme le rapporte notre texte en ce jour, donna l'ordre à ses disciples d'aller lui préparer LA Paque. C'est ainsi , remarquez-le bien , Mes Frères ! que laPftque des Juifs, qui , pour être légitime, devait être faite dans Jérusalem et dans son temple , a cessé d'être célébrée depuis plus de mille sept cents années, parce que « Jérusa- » lem dès-lors est foulée aux pieds des Gentils (1), » parce que son temple est tombé; parce que, de nos jours encore, une mosquée de Mahomet en occupe la place ; parce que les coupables et malheureux Juife , errant sur la surface de la terre, attendent toujours cette grande victime qu'ils immolèrent eux-mêmes, et qu'ils méconnaissent encore!
Mais il est temps maintenant d'en venir à l'explication rapide des paroles de mon texte.
Le jour au soir duquel devait commencer la Pàque venait de se lever; une immense multitude se pressait dans Jérusalem; les maisons de cette vaste cité ne pouvait suffire à la foule des Hébreux , qui , de toutes les nations qui sont sous le ciel , accouraient chaque année pour y célébrer la fête. Déjà l'on préparait à l'avance les pains sans levain Qt les
(1) Luc XXI, «4. -
herbes amères^ déjà Ton se disposait à sacrifier la Pftque; c'était le jeudi matin , le treizième jour de la lune de Mars^ selon les uns^ ou le quatorzième, selon les autres (car nous n'avons pas le temps d'entrer dans cette controverse); c'était ' la veille du jour où, comme le dit le Seigneur à la suite de mon teite, la véritable Paque allait s'acgouplir ; c'était la veille du jour le plus solennel qui fut jamais.
Alors JÉSUS y sachant que Theure était venue où toutes les misères des pécheurs allaient' se rassembler sur sa tête > se dispose à quitter Béthanie pour se livrer entre les mains des méchans. Mais, avant de u mettre son ame en oblatioa » pour le péché y» il veut adresser, pour ainsi ^ire^^un adieu solennel à ses disciples de tous les siècles, et leur lais^ ser dans l'institution de la Sainte-Gène , comme un gage de son amôur^ et comme un monument de ce qu'il a souffert pour les sauver. — C'est dans ce but qu'il donne l'ordre à Jean et à Simon-Pierre, de le précéder à Jérusalem , et d'aller lui préparer la Pâque. — « Mais où tJoufojs-t?oii< , Sei-* » GNEURy lui dirent-ils, que nous allions pour cela? — Qwini » vous serez entrés dans la ville, leur répond JÉSUS ^ vous
» rencontrerez un homme portant une cruche d'eau : suivez-le; » car c'est chez le maître de la maison où vous le verrez » entrer que j'ai résolu de célébrer cette dernière Pâque : 1^ il est de mes disciples : vous l'aborderez à ce titre , et » vous lui direz : Le Maître te fait dire que son temps est » proche, et que c'est chez toi quHl fera cette Pâque. Ou » donc est le logis oit tu le recevras avec ses disciples f -* Alors D i7 vous nnontrera une chambre grande y élevée , meublée et » * toute prête : préparez-y la Pâque. »
C'est ainsi que notre Seigneur voulut diriger miraculeusement ses deux Apôtres chez cet heureux disciple , sans
EXPLICATION DU TCXTÉ, 163
''ttfe encore ni sa demeure^ ni même son ate son principal motif était de fortifier ap ébranlée , et de les armer par là contre le hain de ses humiliations et de ses souffrances^ ant bien connaître qu'il n^arriverait en tout cela . leur Maître n^eût prévu long-temps à l'avance ; et s'il voyait déjà , depiûs Béthanie , la marche d'un pan- . esclave de Jérusalem , portant une cruche d'eau dans les X ues de cette vaste et populeuse cité , il assistait aussi d'a* vance dans les conseils de Caîphe et des prêtres , il voyait aussi déjà Judas en Gethsemané, Pilate sur son tribunal , et lacrojxsur le Calvaire.— C'était ainsi qu^il voulait les exercer au sentiment habituel de sa présence, et à cette pensée si douce pour une ame chrétienne : « Mon Sauveur est donc avec moi , je puis donc toutes choses en Chhist qui me fortifie (1)! Il veille sur tous mes pas ; il est ici , comme il était avec Nathanaël sous le figuier (2), comme il est partout où deux ou trois s'assemblent en son nom ^). Que crain« drais-je sous la garde de mon Dieu? Il préside aux moindres incidens de notre vie mortelle ; comme à la marche des * inondes dans l'étendue , — à la chute du moindre passereau qui s'abat en terre , comme aux conseils des rois dans leurs palais, et comme aux chœurs des Anges dans lescieux,' -^ parce qu'il n'y a rien de grand,, ni rien de petit pour Celui qui est infini , et « qui soutient toutes choses par sa Parole puissante (4). »
Les deux Apôtres ne savaient donc point encore de quel côté) dans quelle demeure , ni chez quel disciple ils allaient
(i) Philip. IV, 13.(2) Jean! , 48. (3) MalU XVUl, 90. (4) Hébl^. 1,3.