LA PRÉPARATION DE LA PAQUE CHRÉTIENNE
1o Or, pour préparer la Pàque; il fallait d^abord qu'on enlevftt de sa demeure tout pain levé jusqu'à la moindre trace. — Quiconque était trouvé s'être servi de levain durant la fête, était retranché du milieu du peuple; et la Sainte-Écriture nous appelle à voir dans cet usage une image de cette sincérité de cobur avec laquelle les .vrais adorateurs doivent s'approcher de Dieu dans la Sainte-Cène.
a Soyez SANS LEVAIN » y nous dit l'Apôtre St. Paul, a car Christ , notre Paque, a été immolé pour nous ; c'est pourquoi célébrez la fête avec les pains sans levain be la singé- RrrÉ et de la vérité » (1 )• — « Donnez-vous de garde du LEVAIN des Pharisiens, qui est l'hypocrisie », a dit notre Seigneur (2),
Oh oui! soyez sincères devant Dieu, sincères avec vousmêmes, Mes Chers Frèjes. — Voilà la première disposition que le Seigneur requiert de vous , — le culte du cœur , le « culte d'esprit et de vérité» (3). — Et comme cette dis-
(1) 1 Cor. V, 7. (2) Lac. XII , i . (3) Jean VI ,23.
position est ^ hélas! Beaucoup plus rare qu'on ne l'imagine d'ordinaire, examinez-vous bien vous-mêmes en la présence de votre Dieu , pour chercher soigneusement 3i vous ne recelez point en vos âmes quelque levain qu'il réprouve, et pour le rçjeter aussitôt loin de vous. — Examinez-vous bien vous-mêmes» et demandez- vous, la main sur la conscience: «Suis-je réellement sincère? Puis-je dire comme David : « mon Dieu ! mon désir est devant toi , et la pensée de mon cœur ne t'est point cachée (1) : ce que je te dis à ta table , je le sens réellement; ce que je te demande à ta table-, je le désire réellement , j'en ai faim , j'en ai soif ))?— « Celui qui sonde les reins et les cœurs » (2) peut-il dire, en me voyant venir à sa table , ce qu'il disait de Théureux Nathanaël, qui s'approchait de lui : « Voici vraiment un vrai Israélite y en qui il n'y a point d'obliquité » (3)? Ge que mes lèvres ont proféré dans la maison de Dieu, mon cœur me le dit-il encore loin de sa table , loin du temple , loin de ce jourT'Ma dévotion ne resâemblerait-elle point, comme celle de tant d'autres , è\, ces cierges qu'on allume en entrant
, dans un temple et qu'on éteint dès qu'on en sort? Et ne serais-je point de ceux qui disent comme l'ancien peuple : « Quand aura passé ce sabbat ? Quand aura passé cette nouvelle lune (4)? » et qui s'empressent de reprendre, dès le lendemain de la fête , le cours de pensées , le genre dévie et de plaisirs qu'ils regardaient, quelques jours ayant la fête, comme incompatibles avec les dispositions que la com-
. munion demande d'une ame Ddèle?»
2^ Le second devoir cérémonial prescrit aux Israélites
(l) P8. XXXVIII , 10. (5) Apoc. II; 33. (3) Jean I, 48. (4} Amtfi V11I,5.