‹ SermonsChapitre 44 sur 88 · DE LA PAQUB CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

DE LA PAQUB CHRÉTIENNE

qui préparaient la Pâque, c^était d'apprêter des hebbes AUÈRES pour les mêler à leurs alimens pendant la fête , et pour se rappeler ainsi devant Dieu les amertumes de leur ancien esclavage et Tétat de misère dont sa bonté les avait délivrés.

Que ce soin donc soit aussi le vôtre , Chrétiens sincères et fidèles, qui voulez entrer en communion avec votre Sauveur ! — Oui ! rappelez-vous quelles sont les amertumes d'une vie passée loin de Dieu et sous cet esclavage du monde et du péché dont JÉSUS est venu vous affranchir, aOnd'apprendre mieux de quelle reconnaissance vous devez être embrasés pour lui; — et rappelez-vous en même temps, avec l'amertume d'un repentir sincère , en combien de manières, cependant, vous avez offensé ce Dieu de voire délivrance. — Ah ! de quel abime de misère , ô mon Dieu , ne m's^-tu pas tiré! — Quand je pense aux amertumes d'une ame qui ne conoaît point de Sauveur, et qui n'a point le témoignage de sa réconciliation avec son Dieu ; — d'une ame qui ne peut point s'appliquer ces mots si puissans aujourd'hui pour calmer toutes mes peines : « 'Qui serait contre V moi ? Dieu est pour moi ! Il m'a donné son Fils : ne me » donnerait-il pas toutes choses avec lui? (1) » —d'une ame obligée de se dire : Mon bonheur tient tout entier et sans réserve à ma fortune , à ma santé , à la vie des êtres mortels qui m'entourent, aux faveurs de Pharaon, aux prospérités de l'Egypte ; — d'une ame qui ne s'çst pas inquiétée de savoir où Dieu mettrait , après cette courte existence , ces êtres fragiles qu'elle chérit y où Dieu la mettrait elle-même,. •«. à la droite ou à la gauche,.... et qui attend

(l)Roin.Vm,31,33.

172 LA FBÉPARATION

dans cette attitude quMl y ait une mort dans sa demeure. — Ah ! quaud je pense à ces choses ; quand! je pense que c'est de cette déplorable condition , &mon Dieu, que tu m*as re-» tiré f alors j'ai honte et j.e gémis de voir combien je suis encore indigne.de tant de grâces^ combien ma reconnais* sance est languissante, combien encore il y a de lâcheté, de souillure, d'inGdélité dans mon cœur! — Ah! c'est bien à* moi de préparer des herbes amères; c'est bien à moi de m'humilier et de m'affliger en ta présence , ô mon Dieu , dès qu'au souvenir de tes bienfaits je veux faire le compte de mes voies ^ c'est bien à moi de m'écrier comme Job (1 ) : «Si tu veux entrer en. compte avec moi. Seigneur, de mille articles je ne puis répondre à un seul! » — etxomme t'enfant prodigue dans les bras de son père(2):« Mon père, mon père ! non ! je n'étais pas digne, a je ne suis pas digne d'être appelé ton fils l

3^ Mais prenons-y bien garde :.

La plus importante aiTaire de l'Israélite qui préparait la Pàque, c'était l'immolation de l'Agneau et l'Aspersion de SON SANG sur les poteaux et le surseuil de ses portes. — Malheur à l'Israélite qui se fût , en Egypte , abstenu de ce devoir ! vainement eût-il prétendu manger la Pàque avec des herbes amères et des pains sans levain ; il aurait mangé et bu sa condamnation , et l'Ange de la Justice l'aurait frappé comme un enfant de l'Egypte.

Voilà , Mes Frères ^ voilà surtout comment une ame chrétienne doit se disposer à venir à la table du Seigneur : — en ayant recours de toutes les puissances de sa foi à l'aspersion du sang de la nouvelle alliance y du « sang ré«

(I}Jub.IX,a.(2)LucXV,21.

DE LA t>AQlJB CHRETIENNE. 173

tx^m ^ouR PLUSIEURS > 60 rémissioD de leurs péchés » (1). C'est là toute sa confiance ; c'est là toute sa sûreté^ c'est là devant Dieu toute sa justice. — Ce ne furent pas les herbes amères , ce fut le sang de l'Agneau qui sauva les enfans dlsraël : — ^ ce ne s6nt pas les larmes de votre repentir qui peuvent effacer vos péchés devant Dieu ; c'est le sang de JÉSUS. — [Hélas ! votre repentir lui-même , si j'ose ainsi dire 9 a besoin de repentir; ou plutôt, il a besoin lui-même du sang de la croix pour être accepté , tant il s'y mêle encore de souillure , de langueur et de péché !

Oui, Mes Frères , ou! ! c'est ainsi que vous vous approcherez de votre Dieu , c'est ainsi que vous viendrez à la table du Seigneur.

Yous»y viendï^z, comme le dit l'Apôtre Paul , « avec un vrai cœur et une pleine certitude de foi » (2) ; — vous y viendrez pour parler au Seigneur^ non de vos mérites, mais des siens ; non de vos vertus, mais de sa miséricorde ; vous y viendrez pour y chercher votre confiance , non dans ce que vous aurez pu faire précédemment pour son service , non dans ce que vous faites maintenant, non dans ce que vous avez la sincère intention de faire dans l'avenir; mais dans ce que Dieu votre Sauveur a fait lui-même pour vous^ mais dans ce sang de l'alliance répandu avec tant de donleur pour la rémission de vos péchés, maisdans ses promesses qui ne peuvent mentir ; — vous y viendrez , disant comme le pénitent et St. roi David (3) : « mon Dieu ! purifiemoi de mes péchés avec l'hysope, et je serai net j lave-moi avec le sang du tabernacle , et je serai plus blanc que la neige ! » -— vous y viendrez repentant sans doute , gémis-

(1) Matlb. XXVII , 28. («) Hébr. X , 2S. (3) P». LI , 7.

174 LA PRÉPAHATION

sant de vos misères sans doute , mais en même temps avec une grandeconfiance, mais en vous réjouissant au Seigneub, car « c'est là votre sûreté» , dit St. Paul (i); mais aveè Tassurance parfaite que vous avez été sauvés, parce que le sang est sur vos portes y le.sang qui crie : Réconciliation ! réconciliation !

Que rien ne vous arrête donc , puisque le Seigneur lui* même vous crie : « Venez à moi , je suis puissant pour » sauver; j'ai sauvé la pécheresse de Béthanie» le brigand » sur la croix. Vous tous qui êtes altérés , venez donc aux » eaux (2)^ et que celui qui voudra de Teau qui donne la » vie, en prenne gratuitement (3). » — Venez-y donc GRATUITEMENT i voilà l'EvanglIe! — Et quand TApô* tre St. Paul y quand un Ange du ciel voue en annoncerait un autre, qu'il soit anathême (4), vous dit St. Paul luimême. — Quand il vous crierait : » N'approche pas; laisse là ton hjsope et ce sang de l'aspersiQn ; attends encore; tu n^es pas digne encore d'arroser tes linteaux d'un sang aussi précieux; » — répondez : Si j'attendais pour cela d'en être digne , l'heure de minuit sonnerait pour moi , l'Ange de la Justice viendrait à ma porte; et alors, «... où irais-^je! « Y a-t-il un autre nom sous le Ciel pour être sauvé que celui deJÉSUS » (5)? — Répondez : J'irai dès aujourd'hui ; j'ai un ordre de mon Dieu ; j'ai une invitation sans restriction : « Tu prendras un bouquet d^hysope (6); tu en arroseras tes poteaux > et ce sang te sera pour témoignage $ car je verrai le sang ; et Je passerai par-dessus toi : et je ne te frapperai ~ point ni ne te détruirai point, ta — Répondez : Il y a une invitation de mon Sauveur (7). «Venez a moi, vous tous

(l)Phil.m, l.(2)Es.LV, 1.(3) Apoc. XXII, 17. (4) Gai. I,, 8. (5) Acl. IV, 12.(6) Exode XII. (7) Matt. XI, Î8.

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