‹ SermonsChapitre 51 sur 88 · DE L*ARCHE · texte numérisé non relu

DE L*ARCHE

le créateur; Lui, Tétre indépendant, l'héritier du tombeau, et nous , l'Ancien des jours et la source des eaux vives! ! O gratuité, gratuité de mon Dieu! encore une fois, qui ne te reconnaîtrait à ces caractères? Gratuité, sans laquelle il n'y aurait plus d'église icî-bas, sans laquelle aucuii enfant d'Adam ne reviendrait de son dégoût des choses du ciel et de son éloignement p6ur un Dieu de sainteté; sans laquelle la terre ne porterait plus que des héritiers du feu éternel, et ne roulerait dans Tespace aux yeux des anges que comme une étoile , errante , comme un monde sans soleil , à qui « l'obscurité des ténèbres est réservée pour Téternîté. » Gratuité de mon Dieu ! seule ressource des nations , et seule ressource des consciences dans tous les temps , qui de nous ne retrouverait id l'histoire de son ame et les expériences de sa vie ! Auquel d'entre nous ne t'es-tu pas manifestée dans le temps même de ses plus coupables égaremens ! Combien de fois ne t'avons-nous pas vue nous préparer des moyens de retour, des occasions de repentir, des avertissemens pénétrans, de»humiliationsbienheureusesetdes épreuves salutaires! Qui de nous, dans les jours mêmes où il avait le plus mérité l'horrible malheur d'être à jamais abandonné, ne t'a pas vu courir après lui comme une mère alarmée, lui tendre les bras , l'appeler par son nom, souvent l'arrêter dans sa fuite et le serrer sur ton sein pour faire bientôt tomber dans ce cœur rebelle les regards tout puîssans de tes reproches et de ta tendresse !

Mais, ce n'était pas tout , Mes Frères, car Dieu , dans les jours qui nous occupent, avait fait plus encore pour ramener à lui le peuple d'Israël,

Dans le même temps qu'il leur suscitait un prophète tel que Samuel , Dieu leur avait aussi rendu , par une longue

suite de miracles, l'Arche de son alliance. Elle revenait alors chez les Israélites, et de la ville de Bethsémès , elle arrivait à Eirjath-Jéharim> pour seconder par son muet et puissant langage les prédications du prophète de rÉternel. Hais elle ne rentrait non plus au milieu de ce peuple ingrat que comme y venait Samuel, je veux dire, par pure grâce, et sans autre motif que la gratuité de Dieu. « Je ré- » pandrai sur vous des eaux pures, et je vous purifierai de D toutes vos souillures , avait dit TÉternel ; je vous ôterai » le cœur de pierre; je vous donnerai un cœur nouveau et » un esprit nouveau; mais je ne le ferai point à cause de » vous , ô maison d'Israél ! afin que vous le sachiez et que D vous soyez honteux. Je ne le ferai qu'à cause du nom de » ma sainteté (1). »

Cependant, avant d'aller plus loin , et pour que nous puissions comprendre entièrement cette première partie du récit de notre texte, il est nécessaire que nous sachions bien tous ce qu'était cette arche de l'alliance , au-dessus de laquelle le Seigneur Dieu faisait si souvent entendre sa voix et manifestait sa présence aux Israélites. Vous nous permettrez cette digression , si c'en est une , Mes Frères. Qu'était-ce que cette Arche? — nous devons Texpliquer»

Personne de vous n'ignore , saus doute , que I'arche de l'alliance était ce qu'il y avait de plus sacré dans le sanctuaire. — Symbole du « trône de la grâce, » revêtue de Tor le plus pur , et destinée à contenir la sainte loi de Dieu, elle était placée au-delà du voile (c dans le lieu très-saint, » où le seul souverain sacrificateur avait le droit de pénétrer^ et où il n'entrait même qu'une seule fois Tannée, à la grande

(l)E2éch.XXXVI.25,32.

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fête des expiations, représentant ainsi l'entrée que notre grand Sacrificateur Jésus-Gtirist a faite au ciel) « après la mort qu'il a dû souffrir « une seule fois pour Téxpiation de nos péchés. » Je parle avec Saint Paul (1).

Mais il y avait en rArche quelque chose de plus remar* quable encore et de plus vénéré; je veux parler de son couvercle d'or , sur lequel le sacrificateur versait le sang des victimes, et que l'on appelait le pbopitutoirb ou ce qui rend Dieu propice.

Maintenant, Mes Frères^ avez-vous reconnu quel était Pjisageetde ce monument et de cette cérémonie? Avezvous bien compris que c'était la représentation la plus sim« pie à la fois et la plus sublime du moyen par lequel la miséricorde divine avait pourvu, dès l'origine des siècles, à la rédemption de tous les élus par Jésus-Christ?— >Oui, c'était un admirable symbole , dont le langage , déjà dans ces temps reculés , était à la portée des esprits les plus simples , et qui leur représentait la seule voie par laquelle une créature coupable, long-temps rebelle et souillée encore , peut s'approcher de Dieu , de Dieu qui cependant a le mal en horreur, de Dieu qui ne saurait tenir le coupable pour innocent. (2)

Vous interprêterai-je un langage si clair à la fois et si plein de profondeur? La courte explication que je vais vous en donner sera de l'Apôtre Paul et non pas de moi.

Pourquoi ce livre de la Loi placé dans l'Arche et comme au pied du trône de Dieu? Gomment m'approcherai-je avec confiance de mon Créateur et de mon Juge que j'ai tant offensé , si je vois ouvert devant Lui , à la base de son trône,

* (l)Héb.lXelX.(2)Exod.XX::iV,7.

le livre de ses Commandemensqui j'ai tous transgressés?

11 y est écrit : Tu n'auras point d'autre Dieu devant ma face, tu ne te feras point d'idoles; et je me suis fait des dieux de la créature, et je n'ai su trop long-temps lui présenter qu'un cœur rempli d'idoles ! — II y est écrit : Tu ne prendras point mon nom en vain ; tu sanctifieras mes sabbats, tu feras toute ton œuvre : et j'ai pris si souvent son nom en vain; et je suis si loin d'avoir fait toute mon œuvre; et j'ai si peu sanctifié ces précieux dimanches qu'il m'avait donnés pour le chercher I — Il y est écrit : Tu honoreras ton père et ta mère : et le plus tendre des fils a tant de fois volontairement centriste le cœur de son père et le cœur de sa mère! — Il y est écrit : Tu ne tueras point; et celui qui-a de la haine dans son cœur est mis au rang des meurtriers ! et j'ai tant de fois donné carrière à des mouvemens de dé* pit , de colère et de malveillance! — Il y est écrit : Tu ne commettras point d'impureté ; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; et l'Ëternel Dieu a vu toutes les souillures de ma vie et de mes pensées ! et l'Ëternel Dieu connaît que de fois j'ai fait aux autres ce que je n'aurais pas voulu recevoir de leur part! et l'Eternel Dieu sait que de fois ma langue a rendu un témoignage infidèle de la vérité ! — Il y est écrit enfin : Tu n'auras point de désir du mal : et il suffirait déjà de ce seul commandement pour me renverser dans. la poussière devant mon Juge !

Cependant, Mes Frères, c'est cette loi qui est dans l'Arche sainte ! cette loi terrible , cette loi donnée sur Sinaî au milieu des éclairs, «pendant que la montagne fumait comme » une fournaise », et que la terre «tremblait tout autour ; » — <;ette loi qui déclare maudit quiconque a'aura pas observé.

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ce qui y est écrit! (i) — Comment donc oserai-je m'approcher démon Dieu , tant que je vois devant Lui , et comme au pied de son trône , un livre qu'il y a placé de ses mains y et dont toutes les pages prononcent malédiction contre moi ? Mais je vais au sanctuaire : j'y vois un sacrificateur qui traverse le voile , et qui entre dans le lieu très-saint. Qu'y va-t-il faire ? Il y porté du sang. — Et quel est ce sang? — C'est celui du Testament de grâce ^ est-il dit; c'est le sang de la grande Victime ! — Et quen fera-t-il? Il le verse sur le propitiatoire; il en couvre ainsi toute la loi.^-Mais cette loi terrible de Dieu, n'est-elle pas toujours là ? peut-elle changer, et ne crie-t-elle pas malédiction 7 — Oh! oui, sans doute^ la loi terrible de Dieu est toujours là; elle n'a point changé; elle crie vengeance contre tout transgresseur; elle prononce malédiction contre quiconque l'aura violée en un seul commandement ! (2) Mais le sang de la grande victime l'a couverte , cette loi terrible ; le sang de l'alliance est là : il crie réconciliation , il proclame que tout fut accompli !(3) Ainsi donc, le Dieu dont je m'approche ne peut plus Voir cette loi qui me condamne , qu'à travers le sang versé pour la satisfaire; « car Jésus-Chrit, notre souverain Sacrificateur, » est entré dans le ciel pour nous, )> dit Saint Paul, «non » avec un sang étranger , mais avec son propre sang; et il )) a été établi de tout temps pour propitiatoire par la fol » dans son sang; en sorte que les croyans sont , par la grâce, » gratuitement tenus pour justes par la rédemption de Jé^ » sus-Christ, et que Dieu manifeste ainsi sa j^ustice dans le » temps même qu'il tient pour juste le méchant qui a la » foi en Jésus-Christ. »

(t) Gai. III, 10. (1) Jacq- II, 10, 11. (2} Jean XIX, 30.

J'ai continué, Mes Frères^ de parler avec StPaul (1).

Et remarquez encore que , dans le but d'imprimer en tous les cœurs le plus profond respect pour ces grands mys« tères de son amour » et pour cette Arche sainte qui leu^en était à la fois le symbole et le gage, TÉternel n'avait pas seulement défendu, sous peine de mort^ qu'aucun autre Israélite qu'un fils de Lévi , osât y porter les mains ; il avait ordonné qu'on plaçftt à genoux, sur le propitiatoire, deux chérubins d'or, dont le visage penché sur cet objet auguste et mystérieux, demeurât éternellement courbé pour en sonder les insondables profondeurs. Et c'était ainsi qu'il voulait nous rappeler que ces conseils de sa miséricorde , qui font la joie de ses élus , sont le continuel sujet de l'admiration des anges ; et que dans le vaste ensemble de ses œuvres , ces intelligences bienheureuses ne trouvent rien de plus digne d'occuper leurs adorations ardentes et leurs plus sublimes cantiques , que cette penséç par laquelle , sans violer la Loi sainte , leur Créateur a pu faire entrer tant de milliers et de millions de créatures rebelles dans les joies des anges et dans la gloire de sa présence.

A cette vue, leurs adorations s'embrasent, leur charité s'émeut , et dans leurs chœurs magniGques, elles font entendre ce cri tendre et sublime : « Gloire à Dieu dans les lieux » trcs-hauts» paix sur la terre, bonne volonté dans les » hommes! »

Telle fut donc , Mes Frères, TArche de rEternel. Vous voyez qu'elle était déjà pour les fidèles de ces siècles reculés, ce que la table de la Sainte-Gène est aujourd'hui pour vous. -— • La table « vous rappelle Jésus-Christ jusqu'à ce qu'il

(1) Rom. m, 23,54,55; IV, 5,

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nenne : » (î )4*Arche leur rappelait Jésus-Christ jusqu'à ce qu'il vînt. L'une et l'autre étaient un symbole de ces mystérieux conseils du Très^Haut « où la bonté et la vérité se )> sont rencontrées, où la justice et la paix se sont entrebaisées; (2) » Vixm et l'autre nous montraient « Dieu juste et cependant Sauveur ; (3) » Tune et l'autre , à travers la longue suite des siècles, durent redire à la terre ce nom de l'Eternel que proféra dans la nuée rËteruel lui-même , lorsqu'il fit passer devant Moïse en Sina! toute sa bonté : K Jéhova! Jéhova! le compatissant^ le miséricordieux, et » lent à la colère ; celui qui ôte l'iniquité^ le crime et le » péché; et celui qui ne tient pas le coupable pour inno- ». cent ! » (4) L'une et l'autre durent crier à tous les hommes que le Dieu qui leur a donné des lois immuables , et qui « est un Sinal en sainteté n, est cependant un Dieu dont le plus grand des pécheurs , lorsqu'il s'humilie et qu'il croit, peut encore s'approcher avec une entière confiance ; un Dieu qui est un feu consumant, un Dieu terrible (5) , mais un Dieu qui regarde au sang de la grande Victime promise à nos premiers parens dès tes premiers jours du monde, mais un (X Dieu qui pardonne tant et plus , et auprès dé qui la rédemption se trouve en abondance (6). » La première criait donc de dessus le sang du propitiatoire, aux hommes des anciens jours , ce que nous crie , à nous , la seconde de dessus la sainte table à chaque retour de nos communions : homme! malheureux et pécheur, as«tuton ftme travaillée et chargée? as-tu soif du pardon de ton Dieu? viens, viens l

(i) 1 Cor. XI, 96. (3) Ps. LXXXV , 10. (3) Bsaïe, XLV, 21 . (4) Exod. XXXIV, 7, (6) Héb.X, 3i , XII, 96. (6) Esa^e , LV, 7 j P». CXXX,7.

242 LE RETOUn

H te recevra! Sa loi, si tu viens, peut-elle te condamner? Me YOfS-tu pas ce propitiatoire qui la recouvre tout entière ? Ne vois-tu pas ce corps rompu pour toi? N'entends-tu pas le voix de ce sang qui fut répandu pour la rémission des péchés 'y et « qui prononce de meilleurea choses que celui d'Abel»? Viens donc 9 viens à Lui, viens gratuitement. (( Il n*y a plus de condamnation pouc ceux qui sont en » Jésus-Christ »« Qui accusera les élus de Dieu? Serait-ce Dieu , Lui qui justifie? Qui condamnera ? « Serait-ce Jésus, » Lui qui mourut, qui ressuscita, qui est à la droite de » Dieu , et qui même prie pour nous !» (1)

En un mot , TArche sainte rappelait TÉvangile, l'antique Évangile , l'Évangile éternel , je veux dire la bonne nouvelle d'un pardon gratuit, annoncée aux enfans d'Adam , dèslespremiersjoursdu monde, et par la connaissance de laquelle les élus de Dieu, dans tous les siècles, ont été ramenés à Lui , convertis et sauvés.

Mais, hélas! le souvenir de ces douces et puissantes vérités s'était presque éteint en Israël, et la grande masse de ce peuple ingrat et démoralisé les avait oubliées au milieu de ses prospérités .charnelles: on avait délaissé les choses de Dieu'; on avait adopté les maximes des peuples idolâtres ; on s'était enfoncé dans les voies de la désobéissance et de l'incrédulité; on avait négligé les Saintes Ecritures; et tandis qu'on disait alors, sans doute comme aujourd'hui, que toutes les religions sont bonnes , pourvu qu'on vive bien , on vivait loin de Dieu , loin de sa Bible , loin de sa présence , loin de son salut et de ses voies.

(1) Rom. VIII , 32 , 33,

DE l'aUCM. " â4d

Voyez, en effet , dans les circonstances du retour de TArche, la lamentable conduite des tribus.

Qui n'eût pensé qu'un événement si miraculeux et si plein de gloire aurait ranimé leur reconnaissance , aurait excité leur enthousiasme! L* Arche sainte « depuis sept mois 9 était tombée dans les mains de leurs ennemis. C'était peu que trente mille de leurs frères eussent trouvé la mort sur le champ de bataille ; cette Arche, devant laquelle na^ -guère le lourdain s'était arrêté, les murailles de Jéricho «'étaient écroulées , les peuples guerriers de Canaan s'étaient évanouis; ce monument , qui, depuis quatre cents ans, montrait aux élus le seul chemin qui mène à Dieu, l'Arche sainte avait été prise par les Philistins, et conduite en triompheà travers leurs pays , jusque dans le temple de leur dieu. — A l'oufe de ce désastre affreux le vieux sacrificateur Héli était tombé mort à la renverse; sa belle-fille, femme de Phînée, s'était courbée , avait enfanté , et rendant aussitôt son dernier souffle, s'était écriée : « Iccabod! C'en est fait de notre gloire ! »

Jamais désastre plus effrayant n'avait affligé des cœurs Israélites ; et voici que tout-à-coup l'on apprend en Israël que l'Arche de l'Étemel , miraculeusement traînée > vient . d'arriver sur tes frontières des tribus ! Les Philistins se sont vus contraints de la renvoyer eux-mêmes avec respect! Elle a confondu l'orgueil de leur victoire; elle leur a fait la guerre jusque dans leurs villes murées et dans les temples de leurs dieux; elle les a frappés au milieu de leur triom* phe; elle a renversé leur idole dans la poussière; et maintenant elle revient en Israël, par sa seule puissance > ou pour mieux dire, par un pur effet des gratuités de l'Éternel! C'est Dieu qui hi ramène au milieu de son peuple ingrat ;

^^est le Diea de Samuel qui les conjure ainsi de revenir à Lui! — Quel événement pour toute cette nation, et quel sujet d'actions de grâce ! — Qui n'eût dû croire qu'à cette nouvelle surprenante lest tribus se seraient émues , et que la joie de tout ce peuple se setait fait entendre au loin? Mais non ! on Taccueille à peine à Bethsémès ; on Ty dépose, avec indifférence sur une pierre de la campagne ; et c'est encore pour l'outrager par la plus coupable irrévérence ! Et quand le Seigneur a dû punir tant d'audace, au lieu de revenir à Lui avec larmes et componcltoii de cœur^ ces malheureux se hâtent de se défaire de l'Arche comme d'un objet qui les importune : on l'envoie à Kirjath^éharim ! Et ce qu'il y a de plus déplorable, c'est que tout Isra(ël , le peuple et ses conducteurs, l'Eglise et ses minières, sont plongés dans la même langueur. On ne s'embarrasse nulle part de l'Arche de Dieu ; on l'oublie ; on la laiœera quarante ans dans la maison d'Abinadab !

Hélas ! Mes Frères , tel est le spectacle que toutes les églises du monde sont venues, l'une après l'autre^ et de siècle en siècle^ présenter à nos regards ; c'est ainsi qu'en lisant leurs annales successives, vous tes verrez toutê^^ après les plus hautes bénédictions du Seigneur, obscurcir tour-à-tour Iç vérité; retomber dans.la tiédeur, s'éloigner, par leur propre pente, du chesmin de la. vie, abandonner l'Arche sainte, je veux dire le-grâad dogme de la récood^ liation gratuite du pécheur par la foiau sang.de la croit ; le traiter comme Ijes Betbsémites, avec irrévérence , en y portant des mains profanes et les regacds d'une curiosité Sicrilége; ou bien, comme le reiste d'Israël^ en ie ndécMsaissant, en le laissant reposer durant des annéeadansquelqoe village et dans quelque coin retiré d« paysl Vois les verrez

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alors enceûserà leurs idoles, uier les dogmes les plus clairs, Xfirnx pour profanes ou pour inutiles les plus sacrés et les plus chers objets de notre foi. Telle ^t l'histoire de toutes les églises les unes après les autres , jusqu'à ce qu'H plaise au Dieu tout-puissant de lesrameneir à Lui pai^ des chàtimens et par des délivrances. — Tant il est vrai que la religion vivante est dans le cœur de l'homme une plante étrangère, qui n'y prend l'existence , et qui ne l'j conserve , qu'autant que le Saint-jEsprit l'y place de ses mains , et l'y nourrit de jour en jour.

Cependant , Mes Frères , penseriez-vons que la connaissance du vrai Dieu se fût absolument éteinte en- Israël dans lès jours qui nous occupent? Penseriez- vous que Dieu n'y vît plus d'adorateurs qui connussent ses promesses, qui se réjouissent dans l'Evangile de la réconciliation , et qui marchassent devantlui dans l'obéissance et dans la prière? Groirez-vous qh'il n'y eût plus alors d'Israélites qui attendissent, comme Abraham leur père , la cité permanente doût Dieu lui-même est l'architecte et le fondateur?

Non, Mes Frères, il n'en était point ainsi, et il n'était pas possible qu'il en fût ainsi. Non ! le' Seigneur avait encore son peuple dans ces jours ténébreux , et nous savons d'avance , par la Parole de Dieu , que , depuis la sortie du paradis d'Eden jusqu'au jour où le fils de l'homiiie viendra juger les vivans et les morts, Dieu«ie doit jamais cesser d'avoir sur la terre une église d'éius-, de rachetés et de fidèles, dont il purifie les cœurs par la foi » et qui ayant cru sur sa parole que leurs péchés sont couverts et leur iniquité tenue pour acquittée, le gtorifient iei'-bas par la lumière de leurs bonnes ouvres , en attendant qu'il les rassemble dans la maison paternelle des cieut. Nous savons par sa pa-

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role que, depuis les jours d'Abel , le globe de la terre, dans sa course rapide , a dû toujours faire monter vers le ciel ud encens de prières et des voix d'adoration. Nous savons que l'église 9 dans ce sens , est impérissable. Nous savons qu'elle a pu demeurer long- temps plus on moins cachée aux regards de la chair ; mais nous ^vons aussi que « jamais les portes )) de l'enfer ne prévaudront contre elle. »

Voyez y par exemple, dans ces jours où l'impie lézabel avait fait mourir par l'épée tout ce qu'elle avait pu trouver de fidèles adorateurs 4e Dieu ; dans le temps où le pieux ÉKe, poursuivi par elle et réfugié dans la caverne d'Horeb , esoyaitétre le seul homme fidèle qui restftt en Israël, et s'écriait avec angoisse : « Je suis extrêmement ému à jalousie I) pour l'Éternel , parce que les ènfans d'Israël ont abah- » donné ton alliance , 6 mon Dieu ! ils ont démoli tes autels ; » ils ont tué tes prophètes avec l'épée ^ je suis resté moi » seul , et ils cherchent ma vie i » — que lui' fut-il répondu ? — « Tu te trompes j Éiie ; je me suis réservé un reste de )) sept mille hommes qui n'ont point fléchi le geiiou devant » .Baha)!»>

Voyez encore^ dans les siècles qni ont précédé notre bienheureuse Reformations quand toute la terre , replongée dans les ténèbres, adorait les idoles et ne savait plus ce que c'était qu'une Bible ; quand l'Arehe sainte semblait univei^sellement oubliée; quand il était rare de trouver^ même parmi les grands, un homme qui sût lire; quand les prêtres brûlaient au feu tout homme convaincu d'avoir tula Sainte- Ecriture en une langue vulgaire , ou de n'avoir pas fléchi le genou devant leurs images taillées; quand cette idolâtrie semblait couvrir la terre, où était l'Arche sainte? Où elle était ^ Mes Frères? elle s'était réfugiée dans les hautes vallées

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de la Botiéme et de la Calabre; elle était mo&tée dans les cMleis et les cbaumiôres des Apennins et des Alpes; « il lut » avait été donné des ailes d'aigle pour s'enfuir dans ces -dé^ n serls de devant le dragon »; et c'était là qu était alors pour elle Kirjatb-Jétiarim; c'est là qu'elle était allée chercher ses Abinàdab et ses Éléazar; c'est là que Jésus-Christ avait son culte; c'est là que se continuait ^l'église de Dieu; c'est là que sa sainte Parole se lisait comme à genoux, et qu'on voyait les bergers l'enseigner à leurs enfans, et ceux-ci la reproduire aux yeux mêmes de leurs ennemis dans leur conduite aimable et déjà sainte, comme dans leur mémoire et sur leurs jeunes lèvres.

Voyez encore , dans les jours plus récens du siècle dernier f lorsque la Bible était un objet de ridicule et de rage , lorsque les plus beaux génies du temps semblaient conjurés contre elle ; lorsque le Philistin la voulait avilir et les hontmes d'Isra6l y porter des mains sacrilèges; lorsque la doctrine seule vivifiante de la réconciliation du pécheur par la foi au sang de Christ, ne s'entendait plus annoncer que çà et là y dans les douze tribus du monde protestant , où étaitelle cette Arche sainte? Vous l'auriez trouvée chez les hommes qu'on flétrissait alors de noms injurieux ou ridicules , chez des artisans et des laboureurs sortis des montagnes de la Bohême ou de la Moravie. Et dans le même temps où les princes d'Asdod s'écriaient dans Paris et dans Berlin : Ecrasons l'infame! vous auriez vu ces hommes méconnus du

monde , mais connus de Dieu , traverser l'Atlantique , pour aller l'annoncer à de pauvres nègres esclaves, s'enfoncer dans les glaces du Groenland ou du Labrador pour l'aller faire connaître aux stopides Esquimaux , et changer par là ces hommes abrutis et sauvages en de douces brebis du trou-

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peau de Jésos-Christ , en des hommes qu'on a va bfentAt soupirer après la sainteté, aimer jusqu'à leurs ennemis^ élever vers léciel de saints désirs , de nobles pensées , d'ardentes prières, et qui .maintenant encore, du milieu de leurs neiges y fout monter vers le trône de Dieu f encens ^ peut-être le plus pur qu'il reçoive sur la terre.

Voyez, dans notre texte, la noble et touchante conduite des heureux habitants de la cité de Jéharim» Au milieu de l'irréligion générale et de Tapostasie de tout un peuple,, voyez leur foi; voyez leur sagesse et la ferAieté de leur zèle.

On vient leur dire de Bethsémës, qui était une ville de prêtres, qu'on n*y veut plus garder TArCbe de l'alliance» Les Bethsémltes n'étaient pas sî prompts à se -réparer, de l'Arche de Dieu, quo le Jéhariens à s'en rendre possesseurs: rien ne les arrête. Si tout Israôl et si tes prêtres mêmes , négligent l'Ëtérnel , pour eux s'approcher de Lui , c'est leur bien. « Ah ! qu^il lève sur eux la clarté de sa face, » voilà leur bien ! — Us vont eux-mêmes, ils courent à Bethsémés; ils y prennent avec une sainte joie cette Arche de l'Eternel \ ils la font monter à Kirjath-Jéharim. Ce n'est pas sur un rocher, ^ milieu des champs, comme les Bethsémites, qu'ils veulent la placer : s'ils avaient un palais, ou s'ils avaient un temple, ils l'y transporteraient. Où donc la déposeront-ils? Chez quelque Ois d'Aarpn? chez quelque ministre du sanctuaire? Hélas! les ministres du sanctuaire étaient alors étrangers à TArche de l'Alliance : ce n'était pas d'eux qu'on pouvait rienattendrej ce n'était plus le temps où les lèvres des sacrificateurs gardaient la science ; ils avaient alors corrompu l'alliance de Lévi , ils avaient abandonné sa vérité; ils ne tenaient plus les chemins de l'Eternel. — Us choisiront donc l'bomjme le plus honoré de leur cité.

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le pieux Âbinadab , dont la demeure , placée au sommet du coteau y conviendra mieux d'ailleurs à la majesté du sano* tuaire. Et pour veiller sur ce dépôt sacré^ ils désigneront lejeuneEIéa^ar^ plus fervent encore peut-être ^ ou du moins plus libre d'autres soins que ne Tétait' son père; et quand ilsTauront ainsi mû à pari ^ ils le saneiifieroht, comme ledit notre texte, pour cet auguste ofGce ; c'est-à-dire , qu'ils Ty consacreront par une cérémonie religieuse^ où ils appelle* font sur sonministèrela bénédiction de Dieu notre Sauveur*

Mais que tout^ les circonstances de cet événem^ pt sont remarquables et qu'elles sont instructives I -^ Qui était cet Âbinadab et qui était cet Eléazar? Etait-ce des sacriGca*^ teurs? Ni>n , je Tai dit; ils n'appartenaient point à la raced'Aaron; à peine parait-il qu'ils aient été Lévites, puisque leur nom même ne se trouve pas ians les dénombrement des familles de Levi. Ces mesures des Jébariens sortaient de toutes les règles suivies en Israël ; mais l'irrégularité même des temps les rendait légitimes ; et Dieu voulut , par qua-^ ranté années de bénédictions sur la cité de Jéharim et sur la maison d' Abinadab , y mettre les sceaux indubitables de son approI)ation.

Que faire y en effet, dans ces jours désastreux d'indiffé^ rence et d'incrédulité ? Que faire , quand l'Arche sainte est errante, cachée, méconnue, et que les ministres de Dieu l'abandonnent? Si les fiis d'Aaron se refusent à l'accueillir, ne faut-il pas que les simples enfans d'Abrahain s'y portent à l'envie? Oui, certes, il le fautf et béni soit pour une église, le jour où les hommes laïques se lèvent pour l'Eter» Bel ! Et s'il ne se trouvait point d'enfans d'Abraham pour l'Etemel, alors c'est des étrangers, c'est des péagcrs, c'est des pierres mêmes qu'il en susciterait.

Heureux Abinadab, heureux Eléazar! heureux Gis; heureux père, heureux amis en Dieu ! — Entrez donc, entrez ensemble avec l'Arche de TEternel et le propitiatoire dans votre heureuse demeure! Entrez en vous donnant la main, entrez en glorifiant Dieu y car le salut est entré aujourd'hui dans votre maison. Unis pour Téternité par un lien plus durablQ que celui du sang , et aussi plus profondément doux, vous êtes désormais l'un à l'autre plus qu'un fils n'est pour son père, plus qu'un père n'est pour son fils! Regardez au même propitiatoire ; espérez au même ssfng versé pour Tun et pour l'autre, et ne craignez plus que ni la mort» ni rien au monde vienne vous séparer; vous n'êtes plus séparables ! et bientôt , oui , bientôt , Celui que vous avez voulu recevoir ici-bas dans votre maison d'argile , vous recevra lui-même à son tour dans les palais de sa gloire , dans sa cité céleste, dans sa demeure permanente, où la mort ne sera plus. mon Dieu ! mon Dieu ! « que c'est une haute retraite que » le Dieu qui est de tout temps, et que d'être sous les^bras » éternels!» (1)

Eh bien! Mes Frères, vous aussi, soyez aujourd'hui, chacun dans votre maison ^ des Abinadab et des Eléazar. — Dans ces jours où Dieu prépare évidemment un réveil au milieu de notre Israël , vous aussi , ayez à cœur qu'au sein de la tiédeur qui règne encore dans votre tribu, l'Arche sainte et son propitiatoire soit entrée avec la bénédiction de Dieu dans votre cœur, et s'il se peut aussi dans toute votre maison; je veux dire que la foi bienheureuse au sang répandu pour la rémission des péchés , soit le refuge de toute votre famille! Ah! c'est votre sûreté, c'est votre. grande

(1) Dent. XXXIII, 27.

DE l'archb. 251

affaire; c'est la vie de votre ame /c'est ta vie éternelle. Et dans cet ofQce important et solennel , Mes Frères^ ne vous en remettez pas à nous les sacrificateurs d'Israël, a Ayez de » la déférence » sans doute, comme le veut Saint Pau) ic pout ceux qui vous avertissent et qui vèilleiitsur vos âmes » comme devant en rendre compte i»; (1) mais ne vous en tenez pas là ; car s'il arrivait qoe nous ne fissions pas notre olBce^que deviendriez*vous7 Sî nous n'étions pas nets.de votre sang, en serait-11 moitis sur votre tôte?((Si le pécheur » meurt par la faute de la sentinelle, je redemanderai son » sang de la main de la sentinelle » » dit l'Eternel , a mais » ce pécheur mourra dans son iniquité. » Votre ame est à 'vous! vous en réik)ndez , vous en rendrez courte: « Et que » donnerait un homme en échange de son ame?^ — Imitez plutôt les nobles habitants de Bérée, qui, lorsqu'un ApAtre ieur avait (( parlé, s'en allaient dans leurs maisons conférer » avec soin les Ecritures , pour voir sMl en était ainsi. » (2) — <c Ceux qui veulent croire par procureur, » disait unpère de notre église, « pourraient bien n'être pas sauvés en personnel » et Dieu même ne veut pas que notre foi (fûtr eHe pure) soit jamais fondée sur le témoignage des hoi»mes: Elle doit l'être sur le sien, qui seul ne peut tromper .: voilà la foi f il n'y a que cela* qui Soit la foi.

Mais je dois poursuivre l'explication de notre texte et traverser avec vous les vingt années qui préparèrent d'abord et qui consommèrent enfin UBi^ÉVBiL du peuple de Dieu. — » C'est le SECOND objet que le texte de ce jour a dû proposer à nos méditations.

(I) Héb, XIII, il. («) Act. XVII, 11.

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