‹ SermonsChapitre 53 sur 88 · DU PEUPLE DE DIEU · texte numérisé non relu

DU PEUPLE DE DIEU

faire , il faut qife je rapproche de vos âmes le récit de ces faits, etpoar cela il faut que je m'arrête, et que je vous présente, sur les années qui préparèrent ce réveil de tout un peuple, deux réflexions Indispensables. Voici la première :

Ces bienheureux fruits de la prédication de Samuel, quand eut-il la profonde joie de les voir de ses yeux? — Vous venez de l'entendre : Apréi vin^ am ! comme les missionnaires anglaièd'Otahiti; après que ce prophète eut semé pendant vingt ans, avec larmes, mais avec foi, la parolb de la réconciliation !

Ces vingt ans, sana doute, ne sont rien pour la plupart des lecteurs de la Bible. Ils semblent bien courts quand, en lisant dans les Ecritures rhistoire de Samuel, il suiBt d'achever un verset pouf tes avoir franchis. Ces vingt ans semblent bien courts ; mais voici pourtant ce qu'il faut se demander : Que devenaient tes âmes pendant ce long intervalle r Que devenaient-elles alors les âmes de ces Israélites, qui, portés chaque jour dans les cimetières des tribus, finissaient leur épreuve et passaient sans retour dans les siècles d'une éternelle rétribution.

Hélas'! pendant ces vingt années, les hommes, cônàme aajoovd'hui, descendaient rapid^nent la vie , ets'enfuyaient comme l'^igtequi poursuit sa proie. Les uns, tout en volant au tombeau , s'étaient apposés au règne de Dieu qu'annonçait Samuel , et îls^taient morts ! D'autres avaieniosé , peutêtre, eu faire un objet de ridicule, et ils étaient morts ! Un plus grand nombre, dans leur froide iodISërence, avaient dédaigné d'écouter, et ils étaient morts! Ils avatent répondu comme ce fils de la parabole : « Oui, je vais! » mais n'étaient point allés ; ou bien , comme les conviés^ : « Tenez-

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n moi y je vous prie» pour excusé ; j'ai acheté une terre , » j'^i pris une femme en mariage; » et ils étaient morts 1 — Pendant ces vingt ans, on traQquait, on vendait^ on achetait, on bâtissait; puis arrivait cette mort qu'on attend toujours, et qu'on n*attend jamais; cette mort qui décidait alors <:omme aujourd'hui la plus solennelle des questions : Est-il sauvé ou ueTest^il pas? •— II est dans les filets de l'Evangile ; mais y est-il vivant ou y est-^il mort? Sera-t-il jeté dehors, ou sera-t*il accepté? Pendant qu'on prêchait à tout le peuple, qu'a-t-il fait? Pendant que les tribus soupi* raient après l'Eternel , a-t-il soupiré?'Pendant que les tribus priaient y a-t-il prié? Pendant qu'elles ôtaient du milieu d'elles Astaroth et les dieux des étrangers , avait-il rejeté lui-même ses abominables idoles? a-t-il choisi la faveur de Dieu pour sa portion ? a-t-il pris pour lui cette bonne part y qui ne sera point ôtée?

Mes Frères, Mes Frères, preneï-y garde ! car vous êtes fiujourd'hui dans ces vingt ans dont nous parlons. Vous avez eu le bonheur d'être appelés à Texistence dans ces jours où se prépare le réveil promis à nos églfees. La Parole , « qui » était rare en Israël (1 ) » il y a quelques années^ y abonde maintenant; les vérités de la foi sont plus souvent et plus clairement annoncées $ les écrits religieux qui les expliquent s'y multiplient tous les jours; les hommes , les choses, les événemens , tout vous en parle; les progrès de TÉvangile chez les peuples païens > et les institutions chrétiennes qui le leur envoient nous les rappellent plus que jamais; et Ton voit jusqu'aux sciences humaines , qui soulevaient naguère le plus haut contre la Révélation diviue j venir aujourd'hui

(1) 1 Sam. III, 1.

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