SUR ACTES, XX
Nous jugeof» dé}à de la nature d'un message important parla manière dont ge présente à nous de loin cdai qui nous rapporte. Avant qu'il ait rien dit , nos yeux Tmit entendu; sadémarciiey son geste, Texpression de son visage, ses regardas nous ont parlé. ...
Elle était grande, par ezelnpley r^motion de David, et son cœur savait déjà la moitié de son malheur, lorstiu'il vit accourir à lui , du camp de Saûl et de Jonathpn^ un jeune Amaléeite, ayant ses habits déchirés et de- la cendre sur se tête. Le jeune homme n'avait rien dit encore* de la bataille
330 Lfi AU5ISTfcRE DE SJMT PAUL A ÎFBÈBE.
de Guilboah; mais lorsqu'il le vit se précipiter en terre et se prosterner à ses pieds : « D'où viens-tir? s'écria-t-il , u qu'esi-il arrivé? je te prie, dis-le moi! » — Les larmes arrivaient sous ses paupières , le cri de la douleur allait éclater, et déjà toute son àme était dans Tangoisse sur Jonathan son frère, qu'il aimait comme sa vie, et qui faisait tout son plaisir.
Si nous voyons accourir à nous^ à travers mille obstacles , le porteur d*un message encore inconnu ^ s'il arrive enfin après de longues fatigues , avec de grands dangers, accablé d'insultes, couvert de blessures, et content encore d'expirer à nos pieds, pourvu qu'il y dépose avec sa vie ce message qu'il a tant de fois arrosé de son sang et de ses larmes ; oh ! alors , que devons-nous penser de l'importance de sa mission? — Le message porte avec lui la vie et plus que la vie : on a tout sacrifié pour me le donner ; je dois tout sacrifier pour le recevoir; et, fallût-il mourir, il faut que je l'entende.
Eh bien \ Chrétiens, voilà l'Evangile; voilà comment on vous l'apporte; et voilà comment vous le devez recevoir.
Considérez^ en effet, de quelle manière se présentent à vous ceux que le Seigneur a chargés de vous le présenter. -— Je be parle point ici du Seigneur lui-même, descendant de la gloire des cieux dans l'abîme de nos misères > devenant l'opprobre des hommes et le méprisé du peuple , consentant à être saisi, garotté, insulté par des soufflets, déchiré par des coups de verges, conduit au supplice et enfin clofié au gibet des malfaiteurs. Je ne parle point ici du Seigneur : il -faisait plus que de mourir; il expiait nos offenses ; il faisait plus que d'appeler les pécheurs : il les sauvait. -— Hais considérez avec quel abandon d'eux-mêmes les prophètes.
LB HIXISTÈRE DE SAINT PÀX2L A EPBBBB. 961
les apôtres et tous les évongélistes ont dû porter à ta terre l'EvaDgile de Dieu notre Sauveur. — Voyei aujourd'hui l'A pâtre saint Paul; écoutez dans quels termes il exposa son ministère; et, par là déjà, connaissez l'Ëvangile. -^ Ah! quand je le Tois son message à la main, poursuivre sa eourse* au milieu des cris de mort qui s'élèvent de toutes parts con-* tre lui , « dans Ut misères extrêmes » comme il le dît lui* même, « sous Us eot^Sy dans Us prisons^ au miiieu des sédi-^ fions; en péril sur Us rivières , en péril dans Us vilUs , en péril dans Us déserts , en- péril sur Us mers ; exposé aux teilUs, à la faim y à des jeûnes fréquensj au froid, d la nudité;)}, quand je le vois, dans le teite de ce jour, déclarer solennel* lement aux Ephésiens (c qu^l est net du sang d*eux tous, parée qu^il ne s'est point épargné pour Uur annoncer tout le conseil de Dieu »9 oh ! alors je me demande : « Qu'as-tu fait jusqu'ici )) de cet évangile, ô mon ame? — As-tu compris ce que » doit être pour (oi une lettre de grftce qui t'arrive toute I) couverte du sang de Jésus, de ses apôtres, de ses évan-^ n gélistes et de ses missionnaires! — Ah! que ta parole M pénètre, ô mon Dieu, >usque dans mes jointures et dans » mes moelles ! »
Venez donc aujourd'hui , Chrétiens, préoccupés de cette pensée , méditer avec nous ce discours de l'apôtre Saint Paul aux pasteurs d'Ephèse , ou plutôt, aux pasteurs de tous les stèoles^ et à tous les troupeaux du monde chrétien. — Venez dans cette maison de Milet , prendre place au milieu de tous ces ministres attendris ; oubliez la distance des lieux et celle des siècles^ prêtez l'oreille à ce discours de Paul, eomme si vous l'eussiez entendu sortir de la bouche même de cet apôtre , et puisque ce discours , toujours le même à travers tous les siècles , s^adresse également à tous