LE MINISTÈRE ]»R 8AINT PAUL A EPHESE
les disciples du Nouveau-TestameD^t , écoutez-le , Mes Frères, avec le recueillement d'uoe ame qui sait que hSeignetkr e$t d la porte f et qui désire la communion de son Dieu.
Ce discours de Saint Paul aui pasteurs d'JËpl^èse comprend deux parties : ^ dans ta première (la seule qui doive nous occuper aujourd'hui), l'Apôtre, en leur exposant quelle atait été la fidélité de son ministère «u milieu d'evix» les prend à témoin quil e$i net iu iang. d'eux tous; — >- dans .la deuxième (que nous ne vous avons pas lue , et qui doit faire le sujet de vos méditations dans un subséquent exercice)^ l'Apôtre les somme de prendre farde d ^ux^mêmes, et d tout le troupeau tur lequel le Saint^-E éprit le$ a étabU$ évéquee ou surveillans. -
Dieu veuille bénir cette heure fugitive > et vous y faire recueillir des fruits éternels ! Ainsi soit-il !
L'apôtre Paul était en voyage pour Jérusalem. Après avoir séjourné pendant près de trois ans dans la province , nommée d'^ne y dent Epbèse était la capitale » il venait d'ac^ complir en Grèce un voyage rapide , pendant lequel il avait particulièrement exhorté les Disciples à contribuer de leurs biens en faveur des pauvre* d'entte ks saints qui étaieùt à Jérusalem.— Le succès avait surpassé souiatteote; ces petites églises y dans leur extrême pauvreté, s'étaient montrées si riches par Vabondance de leurs aumôines , que l'Apôtre avait résolu de porter lui-même à Jérusalem les secours considérai»les qu'il en avait obtenus, il se hâtait de poursuivre ce voyage, dans l'intention, si Dieu le permettait , d'aller ensuite visiter Rome, et de se faire de là conduire jusqu'en Espagne. Cependant ^ pour n^encourir aqcun blâme dans l'administration de ces aumônes , il avait exigé que les
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églises nommassent elles-mêmes des reprl^ntans qui l'accompagneraient jusqu'à lérusalem.
Embarqué de Macédoine , sur un navire qu'il avait frété pourlaLybie, et dont la marche était subordonnée aux convenances de son ministère, Paul , accompagné detîmothée, de Luc, dé Silas, de Gaïus et de plusieurs autres frères qu'il appelait a les députés des églises et la gloire de Christ », venait de s'arrêter à Troas durant toute une semaine, loi*squ'iî Qt remettre à la voile, et qu'il donna Tordre au navire de cingler sans lui vers Assos, p^rce qu'il avait résolu de s'y rendre à pied, nous dit Saint Luc. — C'est ici que s'ouvre le récit de notre texte.
Mais avez-vous remarqué, Mes Frères, comment TApôtre venait de se préparer aux fatigues du voyage, et comment il avait passé toute la nuit précédente?
Le dimanche au soir, Paul, qui devait partir le lendemain , avait rassemblé les disciples de Troas, pour leur adresser à la table sacrée ses dernières et ses plus tendres exhortations; il les avait réunis dans une chambre haute , en un troisième étage, à Ite lumière des flambeaux , on avait déjà passé l'heure de minuit, lorsque le jeune Eutyche était tombé de la fenêtre dans la rue ; mais à peine l'émotion de cet événement avait-eïïe été calmée , que Paul avait repris la suite de son discours ; et il leur parlait encore lorsque la clarté du jour vint remplacer celle des flambeaux, et l'avertir que le signal du départ était donné. C^est alors qu'il prit congé de ses frères bien-aimés , et que, sans avoir reposé ses paupières, il partit à pied de Trûas pour Assos (1 ), et poursuivit ainsi «on voyage vers Jérusalem.
(I) La TÎlle d*As9os , autrement nommée ApoTlonic , nVtait éloignée
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Il est bien probable que. l'Apôtre en choisissant de faire cette route à pied» sans ses compagnons de voyage > avait à cœur de se ménager ainsi , au milieu des œuvres de Dieu, quelques heures de ce recueillement et de cette heureuse solitude après lesquelles soupirent les hommes qu'un ministère public et toujours actif occupe souvent des autres et trop peu d'eux-mêmes. Malheur au ministre de l'Evan* gilequi n'est pas attentif à faire reprendre souvent à son ame, par des dévotions solitaires, la trempe que nous fait perdre si facilement un exercice constant et trop extérieur. Il faut qu'il se prêche souvent à lui-même^ dans le secret d'une retraite religieuse; il faut qu'il se demande à quel point ce règne de Dieu qu'il annonce au-dehors s^est avancé dans son propre cœur ; il faut qu^il se répète cet avertissement de l'Apôtre a us pasteurs d'Ephèse : Prenex garde à vou9-méfne$ , comme d tout le troupeau $ur lequel le Saint-Eepritvoue a établis évêques (ou inspecteurs"^.
Ce fut donc ainsi que Paul se rendit au port d'Assos, où l'avaient précédé par mer ses frères bien*aimés^ les députés des églises.
Alors ce précieux navire^ cette église flottante, qui portait la vie éternelle à tant de milliers d'ames, s'éloignant à peu de distance des côtes de l'Asie , alla toucher successivemerrt aux îles de Lesbos, de Scio, de Samos, et vint enfin jeter l'ancre, après quatre jours de navigation^ dans le port de la riche et puissante ville de Milet, car Paul y dit notre texte , avaU résolu de passer Ephèse sans y prendre terre, afin de ne pas consumer son temps en Asie; parce
de Troas qu'à la distance d'une petite journée de chemin ; mais elle en était séparée par des sentiers si difficiles que les fatigues de celte route étaient, dit-on , passées en proverbe du temps d'Homère.
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quUl 86 kdtaU pour ^tre^ s'il éiaU postible ^ kjour de laPente* côte y à Jërusakm.
Quand on pense que Paul avait prêché pendant trois ans dans Ephèse , et qu'il n'en était alors qu'à la faible distance de douze petites lieues, on comprendra que ce dut être dans une humble, mais douloiireufie soumission à la voix de son devoir» qu'il s'interdit à lui-même l'entrée de cette ville où l'attiraient les plus tendres affections, et dont il pensait alors s'éloigner pour toujours. Hais, dans une sage défiance de sa propre sensibilité, il craignit qu'ils n'éprouvassent par leurs supplications et par leurs larmes la fermeté de sa résolution , et que dans l'émotion de leurs embrasse* mens, il n'eût à leur dire^ comme il le. fit quelques jours après aux frères de Gésarée : « O meê amis, que faites-vous » en pleurant ainsi et en me brisant le cœur? Je suis prêt y » win^seuUmenJt à être chargé de chaînes dJésuralem, mais » mémed y souffrir la mort pour le nom du Seigneur Jésus. ».
Cependant, il était loin de les oublier. Ses premières pensées, en débarquante Milet, s'étaient portées vers ses chers Ëphésiens; et, dans la tendre sollicitude de sonameen leur faveur, il avait résolu de leur donner au moins un témoignage de son amour, et de ne pas s'éloigner de ces rives , sans avoir pris un solennel congé d eux tous dans la personne de leurs anciens.
Dans cette pensée » Saint Paul envoya promptement d Ephèse pour faire venir auprès de luiies anciens de cette Eglise ^ et ces saints hommes à peine avertis, se h&tèrent de se rendre à l'invitation de l'Apôtre.
Mais qu'on juge de leurs émotions. Ils arrivent à Milet, où l'Apôtre les attend entouré des compagnons de son voyage, l'élite des églises delà Grèce; ils entrent dans