LK DIMANCHE QUI SUIVIT CET EVENEMENT
SUR APOC, m, II.
F'oici ; je viens bientôt : tiens ferme ce que tu as , afin que personne ne te prenne ta couronne. (Apoc.> III, 11.)
Un des plas grands événemens de l'histoire vient de s'ac* complir •comme sous nos yeux ; il ébranle l'Europe ; il étonne le mondes et le bruit en va retentir pour long-temps jusqu'aux extrémités de la terre, — Le fils de quarante rois» le puissant monarque delà France, qui, la semaine dernière oncore , était assis sur son trône dans toute la force de son règne^ vient d'en tomber dans l'espace de qua« tre jours; et trois générations de rois, descendus avec lui de ce siège antique , ont perdu leur couronne. — Cest à cette occasion que j'ai désiré vous faire entendre à
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vous-mêmes celte parole du Roi des rois : ce f^oiei; je vient ï^ bientôt : tiem ferme ce que tu q$ , afin que personne ne te » ^jirenne ta couronne ! »
A Dieu ne plaise qu'un ministre de Tévangile vienne, dans cette chaire, distraire vos pensées religieuses, vous occuper de la politique des nations , et présenter un aliment dangereux aux passions t>u seulement à la curiosité des âmes qui l'écoutent ! J'ai des intérêts plus graves à vous rappeler. Mes Frères; j'ai des choses plus grandes et déplus longue portée à vous dire dans ce temple. Mais puisque le chrétien doit se faire une étude constante d'appliquer tous les événemens de cette vie aux enseignemens de la Parole sainte et à la condition de son ame devant Dieu , il m'a semblé que, sans prétendre ici juger ni les peuples ni les rois> nous pouvions tous tirer des réflexions utiles d'une si grande catastrophe. Il m^a paru que la main de Dieu s'y est montrée si manifeste que l'on peut dire aujourd'hui^ comme à la révolte des dix tribus contre Roboam : « Ceci a été fait de par moi, dit l'Eternel. )> Et j'ai pensé que, si la chute inopinée d'un grand prince , peut être la leçon des rois, elle peut être bien plus encore la leçon de chacun de nous, en nous criant à tous cette exhortation de mon texte : « Et toi ausii, tiens ferme ce que tu as^ de peur qu^en ne » f enlève ta couronne! »
Ce monarque est tombé par une faute <iue les uns appelleront imprudence, et les autres infidélité; mais toi, ô mon ame , pendant que tu règnes, je veux dire pendant que tu traverses cette courte vie, prends garde que par ton imprudence et par ton infidélité tu ne perdes « ta eouroùne ! »
Voici donc par quelle, suite de réflexions très-simples je vais vous appliquer à ta fois et le texte de ce jour et ce
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grand évén&meDt qui préoccupe sao» daule encore la plupart d'entre vous.
Je vous rappellerai :
Premièrement , que, vous aussi , vous avez une couron* ne ou à acquérir, ou à conserver. « Prends garde que per^ I) sonne ne f enlève ta couronne! »
Secondement, que, vous aussi, vous avez reçu desavertissemens récents et nombreux pour éviter un si grand mal : « Voki^jt^ns bientôt : tiens ferme ee que tu as , afin qm » personne ne le prenne ta couronne! n
Troisièmement, que, vous aussi, vous avez un temps compté, un temps d'épreuve, un temps donné, pour fair« écrire honorablement votre nom sur les pages de rbistoire qui s'écrit dans le ciel ; mais un temps très -court •« J^oici^ » dit le Seigneur, « toiciy je viens bientôt! »
Quatrièmement enfin y que> vous aussi, vous a^ez quelque chose à faire pour cela : « Tiens ferme ce que tu as^ »
En un mot, Mes Frères, que les conversations qui, depuis près de huit jours, occupent tous ies^sprits, puissent ramener le vôtre à d'utiles et saintes pensées! Que la politique vous rappelle à l'évangile; les mouvemens du temps présent, au repos de l'éternité 5 les- royaumes de la terre, au royaume des cieui; et la chute d'un puissant monarque^ à la pensée de la chute bien plus effroyable d'une ame qui perd le ciel ; du souvenir solennel de vos rapports avec Dieu, de votre course rapide vers le monde invisible, et du grand but de votre existence.
O mon Dieu ! nous te demandons ton assistance sur ces avertissemens de ton Ecriture et de ta Providence, afin que leur double leçon soit bénie aujourd'hui pour chacun de nousl
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Je commencerai donc par rappeler Ici à lous^ les hommes qui m'entendent, que, Jésus-Christ étant venu dans le monde pour nous acquérir la couronne de vie, vous avez to^s ou à l'obtenir, ou à la conserver; et c'est dans ctette pensée que je viens adresser d'abord à chacun de vous celte exhortation du Seigneur : a Oh! euq personne ne f enlève ia couronne / »
Une couronne, vous le savez, est Temblêmede la paix et de la joie , du bonheur et de ta gloire. Or je suis chargé, par la 'parole de Dieu , de vous annoncer ici, de la part 4u Roi des rois , une bonne nouvelle de paix et de foie , de bonheur et de gloire. — C'est là l'évangile! — Tant que durera mon mini^ère, au milieu de vous, ce sera ma tâche, et aussi mon bonheur, de vous répéter aussi souvent que je monterai datos cette chaire, que, si vous êtes par vousmêmes déchus de la grâce de Dieu , privés de sa' gloire , rejetés et justement rejetés loin de lui , à cause de vos transgressions et de cet éloigneniént de la sainteté que manifeste naturellement votre misérable co&ur, Dieu cependant, «Dieu a tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fib unique, » afin de « sauver par grâce, par la foi, tous ceux qui croiront » en lui; » en sorte que ceux-là a ne périront pas, mais » qu'ils auront la vie éternelle. » « Car il reste un repos pour le peuple de Dieu ; et c'est ainsi que par sa grande miséricorde , Dieu régénère ses élus en une espérance vivante d'obtenir, par la résurrection de Jésus-Christ, l'héritage incorruptible, qui ne peut ni se souiller , ni se flétrir , çt qui leur est réservé dans les cieux. »
C'est alors qu'il « habitera avec eux: ils seront son » peuple , et lui-même sera leur Dieu. Il lés consolera )) de sa main puissante ; il essuiera toute larme dé leurs
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» yeux ; la mort ne sera plus , et il n*y aura plus nr » deuil j^ ni cris y ni travail ; car les premières choses seront » passées; et alors une allégresse éternelle sera sur leur n tête. »
Telle est te couronne dont parlé notre texte, la couronne qu'il nous faut acquérir^ et qu'il nous faut garder à tout ptix , la couronne que TEcriture appelle une «couronne dejusticev» a une' couronne incorruptible > » «une couronne de gloire y )^ « une couronne de vie. »
G*est donc la justice, c'est la vie, c'est la gloire, c'est le pardon de Dieu ; c'est le secours de Dieu; c'est le bonheur, c'est la consolation éternelle^ c'est Tallégresse éternelle dans^ les cteux f
Et cette couronne est proposée à vous tous qui m'écoutez,^ au pauvre comme au riche , au riche comme au pauvre,^ au jeune enfant comme au vieillard, au vieillard comme à l'enfant I au roi de la terre comme au plus humble cultivateur. — - C'est la couronne qu'a trouvée le pauvre Lazare , après une vie passée à souffrir et à mendier son pain. C'est la couronne qu'a trouvée la pauvre veuve de Jérusalem , après une vie où souvent elle sembla manquer du nécessaire. C'est ta couronne qu'ar trouvée Thumble et douce- Dorcas, après^une vie employée auprès des pauvres, dans les bienheureuses occupations de la charité. C'est la couronne qui vous est proposée à vous-mêmes, à vous tous, après cette vie de passage que vous traversez. C'est la couronne qu'il s'agit pour vous de n'avoir pas perdue, quand, dans quelques années, dans huit ans, dix ans, que 8ai9'-*je? dans moins encore, vous quitterez cette terre, pour passer dans l'incomparable éternit#..
Quand donc il sera question devant vous, celte semaine