‹ SermonsChapitre 78 sur 88 · SUR MARC, IV · texte numérisé non relu

SUR MARC, IV

Et par beaucoup deparaMes semblables il leur annonçait îa parole f selon qu'ils pouvaient Ventendre, Et il ne leurparlait point sans paraboles ^ mais , dpart, il eœpliqvait le tout à ses disciples.

Elle est belle eette pensée des Israélites de nos jours, quand ils entrent dans leur cimetière, pour y déposer quelqu'un des leurs, et pour y rendre la poudre à la poudre : ils s'inclinent , nous dit-on , tous ensemble par trois fois vers la terre j puis, saisissant Therbe de la tombe qu'ils vontcreuser^ et la jetant derrière eux, ils prononcent en chœur ces pa-

rôles d'un prophète (Ésaïe LXVI , 14.) : « Tes os regermeront comme Therbe, » — â mon frère, tes os regermeront comme l'herbe !

Mes Frères, je viens ici faire au milieu de vous quelque chose de semblable.; le prends en quelque sorte aujourd^ui à pleines mains Therbe et les fleurs dont le printemps a recou* vert nos campagnes» et au milieu de ces concerts de renaissance et de vie que fait entendre en tous lieux autour de nous cette saisop des miracles, je viens vous crier : Résurrection ! résurrection ! — je viens vous dire que vos ossemens^ bientôt déposés dans la même poudre^ regermeront c&mme l'herbe ; je viens , avec toute la i^ture qui ressuscite, vous prêcher la résurrection des justes.

mes paroissiens et mes frères , quelle pensée ! — Quand je promène sur ce troupeau qui m'est conGé mes regards attendris, et que, lisant sur ces visages si chers l'expression d'une ame immortelle et sensible, je pense que, dans quelques années, tous ces enfans des hommes vont tomber et disparaître, comme tombèrent et disparurent , l'automne dernier, toutes les feuilles de la campagne; oh alors, avec quel élan toute mon ame se portp vers cette résurrection que }e suis chargé de vous annoncerl Oh alors, quelle douceur de penser que Dieu ne nous fait assister chaque année à la renaissance de toutes les plantes ^ de toutes les graines , de tous les arbres^ de tous les insectes de la campagne, que pour nous crier à tous, du milieu de ses œuvres: Enfant de la poussière, tu te relèveras de la poussière, et tes os regermeront comme l'herbe ! — Quelle douceur de nous dire que , si notre Créateur a voulu nous montrerainsi chaque année, au printemps, la mort de la nature vaincue^ et des millions de renaissances dans la terre , dans l'air et dans les eaux , une

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puissance immense de résurrection qui pénètre les profondeurs du sol , et qui le couvre en quelques jours de vie et dé beauté ; c'est parce qu'il voulait rappeler à nos yeux , c'est parce qu'il voulait attester à nos esprits, c'est parce qu'il voulait crier A nos consciences , qu'il y aura une résurrection des morts > tant des justes que des injustes, et que le jour doit venir où nos os regermeront comme l'herbe!

Voilà ce dont je viens vous entretenir aujourd'hui, Mes Frères: je m'y étais engagé. — Après vous avoir montré , dans nn précédent exercice, comment les paraboles du printemps nous prêchent la résurrection spirituelle de notre ame dans cette vie , je viens vous rappeler ici comment elles nous proclament la régénération de notre corps mortel au dernier jour. — Je viens encore une fois appliquer le texte que vous Tenez d'entendre à la manière dont le Dieu de la Nature et de la Bible a voulu nous peindre^ dans l'une, les saintes vérités qu'il a proclamées dans Tautre , et nous faire ainsi retrouver chaque jour comme l'empreinte des grands traits de la Rêvé- }ation jusques dans les objets gracieux et magnifiques dont il pare chaque année la surface de nos champs. Je viens vous direencore une fois que, sia les perfections invisiblesde Dieu se voyent comme à l'œil, quand on considère ses ouvrages, » il ne nous y parle pas sans des paraboles touchantes, que la Sainte Écriture explique à part à ses véritables disciples. — En un mot, je viens vous montrer ainsi que les doctrines du printemps , et ses paraboles sont plus belles encore que toutes ses pompes; et qu'on peut dire qu'il en est de ce spectacle comme il en serait;d'un cantique à la fois mélodieux et sublime : le sens en est plus beau que les accords. — Les paroles des anges , par exemple , qui chantaient au-dessus des plaines de Bethléem à la naissance du Sauveur , n'étaient-

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elles pas plus belles mille fois que toute rbaraionie de leur» concerts 7 Si vous eussiez euteudu , daus cette auit miraculeuse, retentir du sein des airs leurs chœurs magnifiques sans en comprendre le langage^ ces voix célestes, bien qu'elles fus* sent peut-être plus belles que le printemps et plus pures que le ciel« ne vous eussent causé que des émotiojis vagues, et n'eussent été pour vous après tout qu*une musique ravis-^ santé ; tandis que , pour les bergers de Belbléem , il y avait dans ces chants un sens ^ il en sortait une voix , plus sublime et plus douce que les harpes mêmes des anges » cette voix qui annonçait au monde son Sauveur, et qui lui criait le sujet d'une grande joie, l'arrivée du Christ, la ns^issance du-Fils de la promesse , la gloire dans les lieux très-hauts , la paix sur la terre , la bienveillance envers les hommes !

Eh bien, Mes Frères, il en est ainsi des cantiques du prin-» temps et de toutes les harmonies de la Nature,

Il en sort, pour Tame chrétienne qui connaît la langue de Sion,etilen sort pour elle seule, une voix plus touchante mille fois que tous les prodiges de la Nature, une voix qui lui crie aussi: Je vous annonce le sujet d'une grande joie^ vous ayez un Sauveur , qui est le Christ le Seigneur ; vos frères ressusciteront, et vos os regermeront comme l'herbe! Gloire donc à Dieu dans les lieux très-hauts, paix sur la terre,^ et bienveillance envers les hommes !

Je vais m'attacher d'abord à vous montrer comment les renaissances merveilleuses qui s'opèrent au printemps, viennent , par leurs paraboles , tantôt rappeler à notre imagination^ tantôt démontrer à notre intelligence, le grand dogme de la résurrection de nos corps au dernier jour ; et je vous ^n parlerai comme si tous ceux qui m'écoutent étaient des iidèles et des justes; mais ensuite, comme le devoir d un

ministre de la Parole est de distinguer,, dans toutes ses pré* dications , ceux de ses auditeurs qui sont convertis de cœur an Seigneur, et ceux qui ne le sont pas (non pour en juger aucun, mais pour que chacun se juge lui-même ) ; je Qnirai par vous rappeler ce que ces mêmes paraboles disent à nos consciences, et comment elles nous pressent de nous exami«> ner nous-mêmes^ pour savoir si nous sommes dans la foi. — En d'autres termes , vous dirai-je , les paraboles du printemps prêchent la doctrine de la résurrection à notre imagination, à notre raison, et à notre conscience: à notre imagins(tion , pour la lui rappeler ; à notre raison , pour la lui démontrer ; à notre conscience enfin, pour la lui rendre vivifiante.

O Mes Frères y que ce Dieu de bonté, qui nous répète de tant de manières les doctrines de la vie , et qui nous parle avec tant de charme, avec tant d'amour, datis les miracles des saisons , daigne aujourd'hui s'àdfesser lui-même de plus près à nos âmes, et leur expliquer à pari toutes ses leçons et toutes ses paraboles.

Vous vous rappelez, sans doute, ce miracle des os secs qui fut offert , dans une vision prophétique, aux regards d'Ezéchiel (XXXVII). Il est peu de scènes plus imposantes. L'Eternel l'avait transporté au milieu d'un vaste désert couvert d'ossemens desséchés. « Fils d'homme, lui avait-il dit, » ces os pourraient-Us bien revivre ! Seigneur Eternel, tu le » sais! Prophétise donc sur ces os, et leur dis : Os secs, écou- » tez la parole de TEternel ! Alors , dès qu'Ezéchiel eut fait » ce qui lui étaitcommandé , il se fit un son ; et voici , il se

» flt un mouYemçnt ; et ces ossemeos s'approchèrent Tua » de l'autre; puis, il regarda, et voici, il vint des nerfs » sur eux; et il y eut de la chair , et la peau y fut étendue » par-dessus ; mais l'Esprit n'y était pas. Alors Ezéchiel » s'écria de la part de l'Eternel : Esprit Saint , viens des » quatre vents , et souffle sur ces morts , et qu'ils revi« » vent ! Et aussitôt l'Esprit entra en eux, et ils revécurent, » et ils se tinrent sur leurs pieds, et ce fut une armée » extrêmement grande. ».

. Elle est magnifique et saisissante cette scène! Ne vous semble-t-il pas que , s'il vous avait été donné d'y assister, rien au monde ne pourrait vous en faire perdre le prodigieux souvenir? et cependant, Mes Frères, il n'y a qpe ^ . très peu de temps que nous avons tous ensemble été les témoins d'un spectacle bien plus ini posant encore, et qui nous eût tous transportés d'une admiration pleine d'enthousiasme, si cela même qui devrait nous le rendre plus admirable encore, je veux dire , sa fréquence et son retour de tous les ans , ne nous eût accoutumés à le contempler avec indifférence.

Qu'avons-nous vu, cette année encore, durant les dernières semaines d'Avril , et les premiers jours de Mai ? Quel spectacle de prodiges! Quelle résurrection opérée dans toute la nature! Quel enchantement!

La terre, il y à quelques mois, était un vaste désert de glaces; tout y était silencieux; tout y paraissait sans vie. Les plantes étalent desséchées, leur beauté s'était évanouie; elles ne nous offraient partout que le triste et affreux visage du trépas ; les arbres dégarnis de feuilles heurtaient l'un contre l'autre , comme des os secs, leurs rameaux dépouillés; les ruisseaux et les torrens avaient arrêté leur cours ;

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leurs eaqx, immobiles, restaient suspendues ; et au lieu du

souffle dé vie qui ranime aujourd'hui toutes choses, le vent

du Nord, comme un souffle de destruction, se promenait seul sur ce vaste cimetière.

Qui de nous , si Thabitùde ne nous eût familiarisés avec tous les prodiges du printemps « qui de nous, à la vue de toute cette mort , n'eût été tenté de dire : « Seigneur Eler- «el , tous ces objets pourraient-ils bien revivre? » Et cependant, qu'avoq.s nous vu? Dès lès premiers jours du printemps, o l'Eternel a prophétisé sur ces os secs , » ils ont semblé se mouvoir; ils se sont comme couverts des nerfs de la vie ; ils se sont animés; ils respirent ; et chargés maintenant de verdure et de fleurs, les voilà , pour ainsi dire^ levés sur leurs piçds ; il font une grande armée, à la louange de leur Dieu. Aujourd'hui , le mouvement, le progrès, la joie, la vie, se voient partout où était naguères l'immobilité, le silence, la tristesse «t la mort. Un esprit de résurrection, une ame vivante n'est-elle pas entrée dans toute cette nature ? L'Esprit de Dieu n'a-t-il pas soufflé des quatre vents sur ces ossemens desséchés? Chaque jour , des millions d'êtres animés n'écloseot-ils pas dans les airs, dans la terre etdans'leseaui, comme feront les élus, au jour bienheureux de la résurrection des justes? Ces fleurs qui , de toutes parts, sortent du sol, comme de leurs tombeaux , fraîches comme la rosée , nombreuses comme le sable des mers , et plus belles encore que pe le fut jamais le manteau royal d'un' Empereur, au four de sa gloire ; ces fleurs n'étaîentelles pas, il y a peu de mois , ou des racines informes et grossières, ou des graines toutes semblables à la vile poussière que nous foulons aux pieds? Et voyez maintenant! ces racines et ces graines , naguères ensevelies , ( comme ce

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corps humain qui ^ dans le selo du tombeau , n'est qu'un objet d'horreur , ) ces racines et ces graines , qui se corrom* peut ou se décomposent dans nds sillons avant que.de renaî* tre» sont aujourd'hui devenues la parure de la campagne et le charme de nos yeux! Admirez comment, chaque jour encore ^ ces miracles de résurrection , bien loin de s'arrêter, se succèdent' et sMtendent avec aut^int de rapidité qu^ils ont d'éclat ! comment des milliers de plantes et des millions d'insectes y par une incompréhensible opération de Dieu, sortent continuellement de la terre , pour louer , comme de concert , le Créateur tout-puissant qui vient de les affran** chir de la mort , et de les faire arriver à la lumière de nos plus beaux jours! Voyez comment toute la Création , relevée du tombeau , semble pénétrée d^vte et embrasée de joie!

O vous donc, fortunés cultivateurs de ces belles campagnes , heureux héritiers du plus beau pays qui soit peutêtre sous le ciel ! seriez-vous insensibles à tant de prodiges ? N'en avez-vous pas yu, cette année encore , de plus magni-» fiques que celui d'Ezéchiel? Ne les avez-vous pas coutem-* plés ce matin , pendant qu'en chemin vers ce temple , vous traversiez nos riantes collines, montant ou descendant à la maison de prières? et n'AlIer-vofispw les vetroaTi^ éBceNre» «a sc^ir de ce lieu , dans leur pompe royale? Mais surtout^ mes chers frères, n'y lirez-vous pas les leçons de votre Dieu? N'y entendrez-vous pas qji'il vous y prêche, avec un éclat et une abondance toute pleine de miséricorde, la grande doctrine de la résurrection , tant des justes que des injustes? et ne saurez-vous pas y reconnaître « qu'il ne » vous y parle pas sans de nobles emblèmes, et (comme » le dit notre texte) sans de magnifiques parabdles^ et qu'il

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» les explique à part (dans sa parole) à ses disciples fidè** » les? » N'appreDdrez-vous donc pas à les recevoir avec rattendrissement de la reconnaissence ; et ne lui direz- vous pas, vous aussi : Parle > ô mon Dieu, Dieu de la Nature, Dieu de la Bible , Dieu de la résurrection^ Dieu Sauveur ! parle ^ ô mon Dieu , « ton serviteur écoute ! »

C'est donc ainsi. Mes Frères , que âotre bienfaisant Grés^ teur a voulu mettre sous vos yeux, tous les ans, une miiltitnde d'objets et de scènes successive» , qà vinssent, je ne dis pas seulement vous rappdier, mais vous prouver les grandes vérités de ravenir.

Que vous préchent-elIes donc toutes ces merveilles? Que vous erient-elles , toutes ces choses? Elles sont là, vous le voyez, pour vous. montrer la vérité, la réalité^ la certitude de toutes les promesses de Dieu. Elles sont là pour vous les reproduire , si j'ose ainsi pa'rler^ dans la personne des arbres, des fleurs, des insectes et de toutes les parties de la création ! — Elles vous répètent , chacune à sa manière , que 1^ jour doit venir, où cette terre, auparavant maudite, verra se lever sur elle l'aurore de Téternel printemps. — Alors ( vous savez ce que la Bible nous dit à cet égard), alors « tous les morts qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de l'Homme ; et ceux qui l'auront entendue vivront (1). Alors, Notre Seigneur, revêtu de lumière et de gloire , descendra du ciel avec les anges de sa puissance et avec ses Saints qui sont par millions (2), It viendra avec un cri d*exhortation et une voix d'srebange et avec la trompette de Dieu 5 car la trompette sonnera! »

(l) Jeair, V, ?^. (2) Matlh., XVI, 27; XXIV, 30, 31 î XXV, 31. 1, Thess., IV, 16. 2, Thess./l, 7, 8. Jade, 15.

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Alors» une scène plus éclatante, s'il est possible , que celle delà création, sera manifestée. Alors, la voix du Fils de THomme, pénétrant dans les profondeurs des tombeaux, se fera entendre à tous'nos morts , sans aucune exception ! et leurs os regermeront comme l'herbe. Alors, « la tner rendra les morts qui sont dans son sein; et les sépulcres, les morts qu'ils renferment (1). » Alors sortiront de terre les enfans de Dieu de tous les lieux, de tous les états, de tous les siècles! La lumière leur sera rendue; une nouvelle terre leur sera préparée , et de nouveaux cieux leurs seront dévoilés; ils chanteront les cantiques de la résurrection ; le deuil ne sera plus : car le péché ne sera plus; la mort ellemême ne sera plus; engloutie en victoire, elle ne sera plus ! ! !

Tout cela est certain, comme était certain, au commencement de cette année, le retour d'un nouveau printemps après Thiver j ceis^est certain , comme toute parole du Dieu «qui ne peut mentir (2). » Cette promesse est assurée, comme la fidélité de l'Être que nous proclament toutes les lois de la Nature.

Alors les hommes germeront dans les villes, dit l'Ecriture; comme la rosée de la terre. Alors s'accomplira celte parole : «Tes morts vivront, même mon corps mort vivra. Il se relèveront. Réveillez-vous et vous réjouissez avec chant de triomphe , vous, habitants de la poussière; car ta rosée est comme la rosée des herbes et la terre jettera dehors ses trépassés (3). »

Et n'est-il pas évident, Mes Frères, que la bonté de Dieu a voulu présenter, dans la campagne, à la raison de l'hom-

(1) Apoc, XX, 13, (9) Hébr., VI, 18. (3) Esaîe, XXVI, 19.

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me, ces prodiges de sa puissance, et ces résurrections innombrables? N'est-il pas manifeste qu'il s'est proposé de dissiper ainsi , avec abondance de preuves , tous les doutes qui pourraient s'élever dans ce . dur cœiir de l'homme > si « tardif à croire; » et qu'après avoir mis comme sous nos yeux les grandes vérités de l'avenir , il a voulu , pour ainsi dire , les démontrer encore à notre intelligence. — C'est le deuxième ordre de considérations où je voulais vous faire entrer.

Mes Frères, quand on a contemplé ces prodiges de la puissance divine , peut-on comprendre qu'un être qui vit au milieu du 'réveil et de la continuelle renaissance de toutes les races créées , qui les voit mourir chaque année , pour les voir aussi revivre chaque année , et qui se trouve entouré, si j'ose ainsi dire^ des résurrections et des innom* brables miracles du printemps, puisse dire encore, comme ces incrédules dé Corinthe dont parlait Saint Paul : et Hais comment Ressusciteraient tes^ morts, et avec quel corps viendront-ils? » — Ne faudra-t-il pas lui répondre^ comme Notre Seigneur à ces Sadducéens qui niaient la résurrection : « Vous ne connaissez donc ni les Ecritures, ni la puissance » de Dieu !» ou plutôt, ne faudra-tril pas lui dire avec douleur , conune Saint-Paul : « Insensé! » — Quoi, ton Créateur n'est-il pas tout-puissant? — « N'appelle-t-fppas les* » choses qui né sont point comme si elles étaient?» — « Son pouvoir éternel^ ses perfections infisIMes^ sa divi- » nité, ne se voyent-elies pas comme à Tœil, quand tu » tonsidères ses ouvrages?» «Insensé! » — Le Dieu du

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printemps n'est-il pas aussi le Dieu des promesses? Ne pourra-t-il pas exercer sa vertu <}aos 1^ sépulcres de Thom* me» comme vous là, lui voyez déployer , k chaque retour de cette saison miraculeuse, dans les ioqoïubrables sépulcres desplaptesqui renaissent, et des insectes ailés qui sortent du tombeau? --* Ce Dieu qui, de la boue de nos sillons y fait sortir des anémones^ des roses, des lis , des fruits, des grappes magnifiques, ne pourra-^t^il pas, de la pous* sière du sépulcre, faire éclore aussi un homme, un racheté, un enfant de Dieu, un ami de Jésus, que nous y avions déposé avec tant de prières et tant de larmes? — Ce Dieu qui, il y a cent ans peut-être, d'un simple marron qu'un petit enfant aurait caché dans sa main droite, a fait naître , et cet arbre miqestueqx qui couvre notre temple de son ombrage, et tous les fruits qu^il a portés^ ceDieu, ne pourra-t-il pas faire sortir aussi le corps d'un fils d'Adam de la poudre d^ sou tombeau? — «Insensés} » — « Vous » ne connaissez donc ni les Ecritures, ui la puissance de » Dieu,.» --*- Ce Dieu, qui, à cette beqre^ change l'eau en sève j ^m \^ bois de iios vignotdes et doQS la tige de nos blés } ce Dieu qui , bientôt aprèi; , changera cette sève en vip et en fécule, dan^ aos grappep. et dans Qç&épis ; ce Dieu qui daigne ensuite changer cette eau, çett^ sève» ce vin, cette fécule, ^n i)p sang vivifiant, qui circulera dans nps veines » d^ns qo» pqpmons ^t 4m^ ^os ^rt^tes ; c#^])i^ qmV à chaque JQPr> à chaque heure, à cb^quç ipstunt du j[our ,, fait sortir de la tf^rre dçs mi^loq^ et ài^ mViov^ d'insecte ailés; ce Dieu qpi tira de la poudre, hia 6<> îçinr de la créa« tioR, le corps de nqtre premier pèrç, avtra^ttnil donc plus de peine à retirer une seconde f(>M ccr lildil^ eprp^ df^ Q^te fl)ême poudre ^ aiiJoi^r de la résurrection?

DIT PKINTffiffPâ. 419^

« Insensé ! dit TApÔtre , ce que tu s^es ne reprend pa» » la vie, sll ne meurt auparavant I Et quant à ce que tu ^- » meSf oè n'est pas le corpd qnî BÀttra) que tu sèmes; » mais le gr^in nu , sfkon qu'il Ée rencoqtre , de blé ou de » qoelqu'autre griiiiD ; et Dieu loi donne le corps cotnme il » le veutî II en sera de même à la résotreotion. Les iborts »* .sotit semés en corruption : ib se relèYerotiit incorrupti- » bSes; ils sont semés dans un état de déshonneur : ils se » relèverùt en |(lèife ; ib soAt âemés dans un état dé fai- » blesse : ils se relèr¥îett>ât en force.»

Hais s avant d'aller [rius Mil , Mes Frère», et de passer à d'autres réflexions , laisserab^je id de c6té deux dés parabdes du printemps qui nous montrent» s*il est possible^ avec ptas d'éf idepce encore et plus de précisiort , celte importante vérité? -^ Voici la j^roière.

C'est en oeaioa^entdef année que tous les insectes ailés»» la laborieuse abefUe ^ réelatant papillon , la cochenille , les cioadèttes, les hannetons, les vers à soie, les dévorantes sauterelles , sortent par raillions et par millions de millions de leurs nymphes, de leurs aurélies , de leurs cocons et de l^urs chrysalides.

Yoyeî ce qu'était d'abord» et ee qu'est ensuite devenu , cet insecte admirable » ce léger et gracieux habitant de l'air, qni ressemble, da^snos jardins, à une fleur volante » et qui , pmr l'élégaiice de ses formes et l'éclat de ses couleurs , fait le cbarme de nos yeux. — C'était dPabovd un être rampant, une cheorillle hidQuse, objet de nois dégoûts. Il y a quelques semaines ou quelques mois , qu'elle sembla mou* rir : on ta vit pftlir^ changer de couleur ; puis cesser de man^ ger et de se mouvoir; et bientôt , enfermée dans une espèce de sépulcre » se déftiire de sa bouche» de sed jeux, de sa

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tête même et de ses pieds; et devenir semUable au mort qu'on a ployé dans sou linceul, ou à la momie des cata-* combes qu'on a plongée dans le bitume- et enTdoppée de bandes. Bien plus, avaut de subir cette mort, elle s'était elle-même enterrée dans le sol , ou même , elle avait eu sojn de s'ensevelir dans une bière; et vous l'eussiez pu voir dans sa follicule , comme on découvre les cadavres embag-* mes des Egyptiens dans leur cercueil de sycomore.-^ Mais maintenant, voyez. Dès qu'elle a ressenti le soufiBe vivifiant du printemps, admirez ce qu'en e fait la puissance de Dieu! Dirait-on que c'est là le même être? Oui, c'est le même être ; et cependant, ce n'est phis le même être! Il a déchiré son linceul ; il a brisé sa bière; ' et^vous en avez vu sortir, en. nouveauté de vié^ une créature aérienne^ ailée, ^th rieuse, éclatante de beauté, pourvue de sens nouveaux et de facultés nouvelles, pour aller chercha*; dans un élémrat plus élevé, des alimens plus purs et des jeûissanoès plns^ nobles. — Ce nouvel être semble n'avoir rien eons^rvé des humiliations et des misères de son encien état. La che^ nille abjecte, qui s'était enterrée, et l'heureux animal ailé qu'on en a Yu sortir, vous paraissent totalement différens; et le ressuscite ne vous rappelle plutôt le trépassé que par des contrastes. — Le premier rampait ccfmuie nous sut la terre 9 exposé sans <;esse à mille accidens : le s.econd s'élève dans les airs; il ne tient plus à. la terre $ et depuis qu^il a pris son essor , il dédaigne en- qu^ue sortei de s'y poser. Le premier repoussait nos regards par soni^peot hideux etdégoûtant : le second, gracieusement paré des plus vives couleurs, fait le ebsHrme de nos yeux. .Le premier était aveugle : lesecond est 4oué des yeux les plus admiraUes, semblables, par leurs innombrables etforiliaaie^facelite»^ à

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de&diamâBS riebemeiil taitlés; il a même acquiâ^ pense^tt on» un séus nouveau, dans ses antennes injstérieuses; il jouit de mille isensations que naguère il ne pouvait connais tre. Le premier se nourrissait d'alioMps comipuns et gros* sîeis : maintenant , depuis sa résurrbctidn , vous le voyea voltiger de fleur en fleiir , vivrede miel et de rosée , jbuir en liberté de toute la nature, et l'embeHir lui-même^ tandis que des joies plus pures. réjouissent son existence*

Voilà la première des paraboles du printemps que j'avais à. cœur de vous signaler. Mab il en est une autre encore , que je ne saurais taire; car die est riebe de doctrine, et toute pleine de consolation. Je veux parler delà merveilleuse conservation de tous ces germes innombrables que chaque printem]^ vient faire éclore à Ja fois dans tous les espaces ctes «ra, de la terre et des eaux.

Les grainpssotità la plante , ce que l'œuf est à Trusecte ou à l'oiseau qu'on en voit sortir. Dans chaque œuf/ il est ' un germe contenant les linéamens d'un pelâtanimal auquel il ne faut plus que de la chaleur pour le développa. Dans chaque graine aussi , ilest un germe> d^où sortira la plante.^ £t de tnéoie qu'aucun végétal n'est produit sans une graine , à laquelte il doit sa première existence ; aucun Quimal , non frtus» ne vient au jour, qui n'Mt été préparé dans un c^f. Or ta science compte déjà sur te globe jusqu'à dix Oiilleespèees d'insectes, et jusqu'à quatre-^vingt mille espèces de plantes différentes , procédant chacun^ d'un germe qui lui est propre. Et cependant ^M^ Frètes , admi^s^ comment, non-'seulemeni' toutes des graines des plantés et tous ces œufs des insectes sont répandus en^ tous lieux par mitlions de millions; sans que jamais le printemps se trompe dans ses inntmbrabicp résurrections ; sans que la cochenille

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sorte d'où Toq atteodait la foutâli , ni le taïaaris à la pUtœ du sycomore, ni la menthe ou le ôuaûn au lieu de l'byaofie ou du sénevé; mais admirez surtout comment tous eès ger* mes peuvent) avant que de retidUre> braver les efforts des élémens , Thumidité des nttits> la rigueur des hivers , sou* vent même la longueur des années, et quelquefois aussi ceUe des siècles , sans avoir rien peidti de leur vertu germinatri* ce y ni de cette mystérieuse puissanoede vieqojls.reeâeiit dans leur iirtérieur t

Vous aveioulHfire, sansdbute^coviteeatdes misslonnaî» res grecs» il y a t,30O ans , transportèrent furtivement de Chine en Europe » dans le creux d'un bàtoa de pèlerin^ lesprenûers œub de ces admirables vers qui oojbs donnent aujourd'hui la soie> et qui ^ par leur tra^vail de tons les ans , enrichissent tant de contrées. Yoûs savez comment enc<Hre» dans lés marchés eurc^éns,. o» traâqnè de leurs germes^ soua le nom de graine ^ comme vous poilrriez. te foire de la semence des pavots ou de celle du froment»

L'illustre Bonnet, notte compatriote, cite de petits ani«^ maux dont les germes soutiennent sans |érir la chaleur de Teau bouilleiite; tandis que 4'àutreâ, . pluâ reMkrquUbte^. encore^ oe«xde Tangnille du Ué vacbitiqne ^ par exemple,, oa ceux des polypes d^eéii émc^ , se; conservent &u sec dup tant de longues années^ ea un éliat de nu>ct iappairente y les uns dans le blé,, les autires dan» la poussière^ On adécouvert, soit en Europe^ soiteaàfipîqiie, des Uéa qui étaient éQ£(Hiis depuis plusieurs sîèdes^ danfr dfes silos (oa réduits séut^^ lains), et dont les gevnies ont retrouvé la vie* ^ dès que L^ua de nosprintemps est veniiveeser sur eoxsos soufSa vivifiant..

Et pour dire quelque obose de pkia encore , n'avethvous point ouï parler de ces tombeaux celtiques^ de ces squelettes

et de ces graines récemmeiit découvertes en France, près de Bei^erac? -«Sous la tète de chacun de ces morts (ensevelis, en le^it , depuis près de 200& ans), la superstition des prêtres drutdes avait mis un carreau ; et , sous chacun de ces carreaux, dans un petit trou circulaire enduit de ciment,, quelques pincées de graines.^ — Eh bien , recueillies et semées avec un sofn particulier, ces graines de 200Û^ ans ont rapidement germé; et Ton en a vu sorth*> en résurcectioni de vie, après 20 siècles de sépulture, Théliotrope , le trèfle» et lebluet ; en sorte qae vous eussiez pu , Tan dernier , contempler de vos yeui ces plantes mervetlieuses , épanouissant avec éclat , à la lumière de nos printemps, toute la grftce deleurs fleurs, après que leurs germes avaient dormi 2000 ans sous la tète des morts, et dans la poussière des jtombeaux! O Mes Frères bien-aimés , ô mes compagnons de voyage Tcrs le sépulcre qui nous attend ! n'est-ce pas que ce sont là de nobles et solenneltes paraboles? n'est-ce pas que j^avais raison de dire qu^effes scHit riches de doctrine , et pleines de consolation? n*est-ce pas que Dieu est bon, de mettre tous les jours de tefs proiiiges sous nos jeui? n'est-èe pàâ qu^ils sont bien là, pour nous crier que ces morts eux-mréâies, dout le crâne desséché recouvrait dans leur germe l'héliotrope, le bloet et le trèfle, se relèveront aussi de leur propre poussière dans la grande journée; et que leur germe , à eux aussi, se pourra reJ;rouver, malgré tous les efforts des élémens et toute la longueur des siècles , alors que Jésus-Christ viendra sur fes nuées , et qu'il y aura une tésurrectioii tant de» justes que des injustes; alors que tem tés morts qulëont dans leurs tombes y entendront sa puissante voix , etquflil vivifiera le corps cartel de ses saints, par son Esprit batnk tant en eux !

42i Les PAJUBOLES

laes cbçrs paroissiens ! Usez^les t^en daos la Nature^ toutes ces paraboles du Dieu de la Bible; lisez-les avec les explications que votre Hattre endonoe lui<nème « à part yï^ dans sa parole » à tousses disciples fidèles ; lisez-les, en vous rappelant toutes les promesses qu!elies vous reproduis sent et qu'elles vous confirment; mais lisez^les surtout ^ en regardant à Jésus-Christ , qui est la résnricection et la vie éternelle 9 et en qui toutes les promesses et toutes les.paroles de Dieu sont oui et sont amen ! — • Je voudrais savoir vous en montrer toute la consolation* — Je voudrais, en vous, les remettant sous les. yeux , vous apprendre à Jaisser les choses périssables; à regarder aux invisibles; à saisir les promesses de la vie^ et le royaume qui oe peut être ébranlé I

Je vous Tai dit , Mes Frères : je veux vous parler au- )ûurd'hui des consolations que porte avec elle cette grande vérité de la résurreelioif des [^stes , comme si . vous éti^ tous des disciples de Jésus-Christ , i^géiiérés par le* Saint- Esprit! Heureux y si par là je puis vous fairje soupirer^, tons sans exception, après les privilèges et la paix. des rachetés ! heureux , si je pjouvAÎs vous rendre altéirés de la justice!

Quelle indicible paix, en efibt, pour le chrétien qui s^appuie lÛDsi sur les piH>messes de son-Maître^ et qui voit ce Dieu tout-puissant les lui. r^appeler de toutes parts dans la nature > et les lui confirmer à tout instaj)^ ! — Il a'aperçoit pas une [riante^ pas une graine^ pas une fleur, pas un ver^ pas un œuf, pas un iosecte^^ pas un brin d'herbe,^ qui ne vienne lui redire : Ici, ton Djeu te parle encore! ici , Jésus te crie aussi , comme à Marie : Ton frèrie ressuscitera; toi aussi; tu ressusciteras; tes os regermeront coiçme Tberbe;

PU paiNTiLMPS. 425

tu 9$ un héritage dans la maison de ton père; tu ne seras dépouillé que pour être revêtu ^ et si cette tente ^ où tu loges, va tomber en poudre y ton Dieu te prépare dans son ciel ua domicile immuable et bienbeureux l Dieu est ua Dieu d'amour. L'Eternel est ton Dieu y comme il est l&Diea d'Abraham. Il n'est pas le Dieu des morts ^ le Dieu de la poussière, le Dieu du néant; et^ en te donnant la foi, il t'a marqué pour le grand j.our de la résurrection des justes l

U est donc vrai ! se dit-il alors; jje pourrai descendre ea paix dans malftombe^ ô mon. Dieu Saaveur, comme Tiasecte ailé va dans sa chrysalide, éprouver ta puissance qui le conserve et qui le ressuscite ! — Je n'y descendrai donc, moi aussi » que pour en sortir à ta voix, ô mon Maître et mon Consolateur 9 dans le printemps éternel de ta bi^heureuseï lumière, pour y prendre des ailes comme les anges» pour m'eavoler dans ton paradis sur les bords du fleuve de délices» pour m!aller reposa à l'arbre de vie , et pour m*y réjouir aux rayons du soleil de justice, 4ans une éternelle sainteté;, dans uh; éternel bonheur 1 O grâces à Dieu , ppur son donineflbble!

Je m'adresse donc ici .d^bord. Mes Frères^ è ceux de vous qui peuvent être malades, ou qui ont quelque raison de croire que le temps de leur délogement est proche.

Ah !. si. Jéstis-Cbrist habite dans vos cœurs par la foi„ prepez courage ! — Voyez, autour de vous, dans nos campagnes ,^ cette puissance de résurrection qui vous entoure ^ contemplez tous ces prodiges qui yous crient de toutes parts: Résurrection l RésurrecticHi I*-* Voyez cette renaissance de la Nature. Ne vous crie*trellep^ que bientôt^ vous aussi^.vous entendrez la voix de Celui qui ressuscite les morts , et qui mourut luirmôme pour vous? Viens ^ le béni du Pone^

VOUS dira-t^il , yiens dans la îoie de ton Maître ! ne crains donc point; le terme est très proche ; Il te tiendra bientôt toutes ses promesses? Il essuiera bientôt toute larme de tes yeux, — Ne vous affligez donc pas trop, si l'Age, ou si la maladie , ont atteint ce pauvre corps mortel. Portez plutôt tous Tos regards sur le jour où la bienheureuse résurrection l'ornera d'une beauté nouvelle et d'une grAce impérissable. Oui y ome rachetée, remets-toi tout entière , en attendant ce jour y à ce Dieu dout la puissance t'environne de prodiges, et te fait vivre déjà sur la terre au sein des résurrections ! tlemets-Itti tout ton avenir. N'oublie pas (des Ecritures ni la puissance de Dieu » comme Ta dit Notre Seigneur. Dépouille sans regret cet habit souillé et déjà déchiré qui te chargeait, ce corps usé de maladie et consumé par le tempsf car y en te réveillant au son de la trompeté de TArchange, tu trouveras un habit plus blanc que la neige et plus éclatant que la lumière. Tu resortiras de terre , commet ^hé- Itotrope, le trèfle et le bluet de Bergerac ; comme le lis de la campagne, et la rose deâaron. tu te verras transporté dans le jardin du dernier Eden , dans le séjour éclatant de l'éternelle santé ! Alors, tu contempleras de tes yeux ressuscites la face de ton Dieu ; tu entendras de tes oreilles la mélodie des anges ; tu chanteras' de ta langue les cantiques de la résurrection et du bonheur ; tu prendras de tes mains la coupe des délivrances et les palmes des bienheureux ! — Voilà donc votre espérance assurée , ame rachetée, qui avez reçu Jésus par la foi* Et quand votre corps serait aussi malade que celui de lob, rien ne doit vons empêcher de dire comme lui : « Je sais que mon Rédemp- » teur est vivant ; et lorsqu'après ma peau, les vers auront » rongé ce pauvre corps mortel, je verrai Dieu de ma chair;

» et mes yeoi le verront ^ et non point un autre (1). » Mais je voudrais parler maintenant, Mes Frères > àceni de vous qui marchent dans le deuil , sur cette terre de passage^ parce quMIs ont déjà vu la mort atteindre des amis en Christ près desquels ils avaient espéré passer toute leur carrière mortelle. -^ L'hiver affreux de la mort les leur a ravis. -^ Eh bien, vous aussi, chrétiens, sachez voir avec des yeux intelligens ce qui s'est passé sur la terre au prin-* temps* — Ne sont-ce pasdes paraboles que Jésus-Christ explique à part à ses disciples fidèles? — Pour bien comprendre ce qui va se passer bientôt au dernier jour , voyez vos champs d*ttn blé partout verdoyant , et pensez au jour de Jésus* Christ. « Vous n%tes pas dans Tignorance touchant ceux qui dorment, comme ceux qui n'ont point d^spérance (2).» Ceux que vous avez semés en terre , Christ les relèvera. Le jour en est proche ; la promesse en est certaine ; et ce sera bientôt !-^ Oh ! qui pourrait peindre ce grand jour, où ta terre rendra partout ses trépassés ; où tous les morts entendront ta voix du Ffls de l'Homme ; où nous les verrons se lever de leurs tombeaux ,. comme Pinsecte naissant sort tout formé des siHôns de nos champs !. . •

Le beail'Joâr, )^r les enftmsde Dieu ! — Dès que Jésus aura paru sttr teâ frtièéi, ils soUlèvtsroM le gazon qui le^ recouvre; ils se relèveront de tous nos cimetières , et de ces tombes mêmes qui smt sous ces voAtes , de cellèb encore que nous avons creusées tout près, et hier peut-étt-e'/'â la porte de ce temple t lis germeront comme Therbe. Ils en* tendront la voix éclatante du Seigneur, et la trompette de Dieu 'f car la trompette sonnera. « Ils iront tous ensemble au-

(fc) Job , XIX , 85. (3) I, Thés., IV, 13.

'Jt

428 LES PAttABOLBS

devant du Seigneur » en Tait ; et alors, ils seront toujours avec le Seigneur; » « c'est pourquoi , dit TApôlre St. Paul , consolez-vous l'un Tautre par ces paroles (1 ). »

Tu sortiras alors de ton tombeau , pour aller au-devant de notre commun Sauveur > 6 mon. frère > 6 mon ^oux, 6 mon fils, ô ma fille, ô mon père , — si c'est en Christ que tu t'es endormi; — et toi aussi » cher petit enfant que nous élevâmes dans son service 1 *— Non > non! Dieu n'en veut ou^ blier aucun* — Il ne t'oubliera pas non plus> le Boi de gloi^ re, pauvre mendiant , que le riche oubliait à sa porte, où tu demeurais affamé et couvert d'ulcères ! On ne t'oubliera pas, humble péager, qui te retournes avec larmes vers ton Dieu , et dont le monde n'a pas voulu reconnaître la sincère conversion! ni toi non plus, veuve ignorée des hommes, mais bien connue de Jésus,, qui compta tes deux pites! ni toi non plus , misérable brjgand , converti sur le gibet de ton juste supplice ! -r- Vous sortirez tons de vos tombeaux; vous regernierez comme l'herbe; .voua irez au-devant de votre Seigneur ; il sera votre portion , votre berger et votre éternel partage ; il donnera du repos à vesi âmes ^. et il essuiera toutes larmes de vos yeux; il vpus rev^^ira de loagues robes blanches lavéesdaus le ^pgt de l'Agneiin ; et c'est alors qu'il accomplira . toutes ses prcnige^sies, et qu'il yous donnera la vie et plus que la vie! . — jour de r^urrection! jour de sainteté, jour de boqheur , jour de conso* la lions ineffables et d'espérances éternelles!

(1> i,Tlios., IV, 12-18.

Dt PBINTEMPS. 429

Mai8> Mes Frères, donbez» je vous prie, toute votre attention à ce qui me reste à vous dire. — Si j'ai semblé fon* der sur des analogies et sur des images les vérités dont je viens de vous entretenir, dites*>vous bien cependant que ce n*est point mon imagination que -j'ai fait parler; n'oubliez pas que tout ce que je vous ai rappelé sur cet avenir éternel, inévitable et ai prochain, je l'ai puisé dans la parole de notre Dieu; et sachez bien que ce que je vous ai dit est plus sûr encore , s'il est possible , que ne l'est le retour du printemps prochain : la parole qui nous l'atteste est plus ferme et plus inébranlable que l'ordre des saisons / que la terre et les cieux! — Les deux et la terre passeront, mais les paroles de Dieu ne passeront point. — Trenez bien garde encore, je vous en supplie, que je vous ai parlé de cet avenir et de toutes ces consolations, comme si elles vous apparteniaiéiiit à tous , comme si vous étiez tous des croyans, tous des élus et des rachetés du Seigneur Jésus. Mais maintenant, il faut qtie je vous )e demande : ces espérances 8ont»^ltés à vous? ces consolations vous appartiennentelfes? Ëst*ce à vous de vous réjouir à la pensée de cet avenir certain, éternel, inévitable? il y aura d'abord une résurrection des justes, dit l'Ecriture; mais il y aura ensuite une résurrection des injustes : les uns s'en iront aux joies éternolles; mais les autres, aux peines éternelles, dans le^ ténèbres du dehors , là où il y a des pleurs et des grîncemens de dents 1 Remarquez bien que je ne vous ai parlé jusqu'ici que de la résurrection des justes. Est-ce donc là voire avenir, ô vous tous qui m'entendez? i( Ghacuu

430 LES PàRàBOLBS

doit ressorUr dans son rang , » est-il écrit (1 ). — a C'est d'abord Jésus-Christ Je premier engendré des morts, » il y a dix-huit cents ans; — ce sera « ensuite ceux qui sont de Christ > en son second avènement ; » -— ce s^ra ensuiter la fin y » la dernière fin ; et c'est alors qu'il y aura une résurrection des injustes. *-^ Quel est donc votre avenir, à vous, pauvres mortels, si prôs du tombeau et si près de l'éternité, de l'immuable éternité? Car à Dieu ne i4aise que nous vous prêchions janoais ces saint^ vérités 4'une manière à vous laisser mal à propos dans une sécqrit^ funeste. A Dieu ne plaise que nous vous tendions un pi^e épouvantable, en vous disant y paix y paix! s'il n'y avait pas encore de paix; et en ne vous prêchant pas la vérité tout entière ! Non > la corruption n'héritera pas l'incorruptibilité. Les incrédules^ les profanas^ les adultères, les Imûlieux, les médisans," n'hériteront pas du royaume des cieux ; et leur part» a dit Notre Seigneur lui-même, est dans le feu éternel , préparé pour le diable et pour ses apges.

Quand revient le printemps , Mes Frères» il est des planâtes qui ne se réveillent pas. Oui » quand toute la terre ae re* couvre de verdure , il est souvent des arbresr, dauB nos campagnes ^ qui demeurent secs et sans vie : il n'y vient pas un seul fruit, il n'y parait plus même une seule fBqilie. Et pourquoi? Parce que le principe de la vie n'est plus en eux ; ils ne se sont pas endormis seulement dnpMt l'hiver passé! ils n'ont pas pu dormir : ils étaient mofts! Âîusi^ vous les voyez demeurer inertes au milieu 4e la rentissaoee universelle de la Nature. L'été les couvre inutilement de sa lumière ; le soleil et les pluies tombent en tain sur eux :

(1) 1, Cor.» XV, 93.

ils irea ressentent plus rien ; Us sont morts. Us seront coupés et jetés au feu.

Eh bien , Mes Frères , il eb est ainsi des bpmmes pour le printemps de la résurrection des justes. On ne verra revivre, on ne verra reverdir et ressusciter, en ce grand et magnifique jour, que les hoipmes convertis à Dieu durant tes années de leur épreuve. On ne verra entrer dans le royaume des cieux que ceux qui auront reçu les prémices de l'Esprit» la vie spirituelle, la vie éternelle^ déjà sur cette terre pendant les jours de leur pèlerinage; suivant qu'il est écrit : Celui qui croit en moi a la vie éternelle demeurant en lui. Il faut avoir, par la foi en lésus? Christ , reçu dans son cœur le principe d'une vie nouvelle, et ce témoignage du Saint-Esprit que St. Paul appelle « les prémices du Saint-Esprit » , et qu'il nomme ^ussi quelquefois « le gage », et quelquefois «c les arrhes de l'héritage »; « cet Esprit qui témoigne à notre esprit que nous sommes enfans de Dieu. » Car , pour avoir part à la résurrection des corps , au jour de la résurrection des justes ( que l'^pûtre appelle la première résurrection) , il faut avoir éprouvé^ dès ici-bas dans son ame, cette résurrection spirituelle y cette régénération que les para^? boles du printemps nous prêchèrent dans une méditation précédente. Et pour avoir part à la renaissmice dn corps » il faut avoir éprouvé celle de l'ame, suivant ces paroles de TEpitre aux Romains : « Si l'esprit de Celui qui a ressuscité Jésu»<^hrist d'entre les morts habite en vous , Celui qui a relevé Christ d'entre les morts, rendra aussi la vie à vps corps mortels, par son Esprit habitant en vous. »

O Chrétiens, Chrétiens, qu'il vous importe donc d'exa^ miner dès aujourd'hui cette grande question » et de vous

hS2 LES PAIlAllOLtS

assurer aussi dès aujourd'hui si vous portez les gages > les sceaux, les arrhes de la résurrection bienheureuse des jus* tes , et si l'esprit de Dieu habite en vous !

Hélas ! nous sommes tous si près du grand jour où ces choses seront toutes décidées pour nous. L'un de nous, à tout instant, descend au tombeau; la vie est si rapide, si courte, si précaire! Téternité, Timmense éternité est si solennelle > si inévitable, si proche! Qu'il y a peu de temps encore , que je vous faisais entendre mon premier sermon sur les paraboles du printemps! Nos communions vinrent en interrompre la suite, et déjà, nous voici, ce matin , dans les dernières heures de cette merveilleuse et rapide saison, qui ne semblait que commencer! déjà le soleil va cesser d'élever son midi journalier sur notre horizon ; le cercle qu'il y décrit va s^abaisser dès ce soir à six heures ; et demain le jour aura décru. — Encore quelques semaines; et l'automne ramènera la décrépitude de la Nature : puis bientôt après , les glaces remplaceront de nouveau sur nos arbres les feuillages qui parent nos campagnes; et la mort de l'hiver nivellera nos plaines, nos vîgnobles et nos champs. — Encore quelques années; et cet auditoire aussi aura ressenti des glaces plus sévères , et sera descendu dans l'hiver du tombeau; — Alors, qu'y aura-t-il de nous pour long-temps sur cette terre?... quelques ossemens ensevelis et copfondus, en attendant la résurrection certaine et inévitable du dernier jour ! — Oh ! hàtons-nous donc! point d'illusion ! point de sommeil funeste! hfttonsnous!

Somme^nous en Christ? Où sont parmi nous les arbres vivans? où sont les arbres secs? où seront ceux qui auront la vie, au jour de Jésus-Ghrist ! Etes-vous en lui? Avez-

VOUS la vie de Tome, la vie de la toi, la vie de Tespérance, n vie de Tamourj la vie de la prière?

Mes Frères! qu'il serait affreux de n'être pas trouvé recevable en cette grande Journée, après avoir entendu tout ce qu'on nous a fait entendre; après avoir reçu tout ce qu'un Dieu d'amour a daigné faire pour nous attirer à lui!

Hélas! dans ce grand et terrible jour , il en sera de cette terre comme d'un champ de bataille, où les guerriers, après les longs efforts de la journée » accablés de fatigue et de sommeil, se seraient endormis à côté des morts. Le len^ demain , au lever du soleil ^ la trompette du triomphe retentit; la victoire est gagnée ^ mais qu'arrive«t-il ? Hélas ! tous ne se relèveront pas. Tandis que les uns se réveillent » parce que la vie est encore en eux^ il en est d'autres qui ne se relèveront plus : ils sont morts, morts pour toujours ; le combat leur a été fatal ; ils ont succombé!

O épouvantable ruine ! perdition sans remède, effroyable désespoir de ceux qui n'entendront pas cette voix du Fils de THomme, et cette trompette de FArchange rappelant les justes, et les sortant du tombeau , pour les faire aller au-devant du Sauveur ! Ineffable misère, que de mourir comme le capitaine de Samarie, à la porte delà cité,, sous les pieds de la foule, au jour de la délivrance du peuple de Dieu , à Theure où les rachetés , affamés de justice et des éternelles consolations, sortiront avec des transports d'allégresse , pour entrer dans les plaines du bonheur et de l'éternité; et pendant que de toutes parts, revenus de la grande tribulation, ils s'écrieront : éternité, éternité, bienheureuse éternité avec tous ses rachetés, avec ses milliers d'anges, avec JésuS;» avec mon Dieu 1

434 LES PABABOLES DU PftIICTEIfPS.

réuniontlesenfansde Dieu, jour de rafraîchissement, jour de consolations ineffables, jour de réveil et d'immdîtalîtél

Mes Frères , puissionsmous tous trouver miséricorde ! Et que « ce Dieu de paix, qui a ramené d'entre les morts le grand Berger des brebis, par le sang de Talliance éternelle , vous rende accomplis en toute bonne œuvre, en faisant en vous ce qui lui est agréable, par Jésus-Christ, auquel soit la gloire , aux siècles des siècles ! Amen. »

Dieu nous fasse donc miséricorde en Jésus-Christ; car il n*y a point de salut par aucun autre».

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