DE CHARLES X
» hors !—» C'est alors que les justes-reluiront comme le » soleil dans le royaume de leur Père! »
Car, après tout, qu'est-ce qu'un royaume de la terre ? qu'est-ce qu'une de ces couronnes après lesquelles les hommes soupirent, et pour lesquelles tant d'efforts , tant de fatigues, et souvent tant de crimes leur ont coûté si peu ? Qu'est-ce qu'une de ces couronnes, auprès de la couronne de vie?
' Ah ! Mes Frères, à tous les biens de ce monde, à toutes les couronnes de ta terre , il manque toujours deux choses. Premièrement, elles ne donnent pas le bonheur, parce qu'elles nedonnent pas le pardon de Dieu ^ elles ne donnent pasiasainteté; elles ne donnent pas la paix; elles ne ceignent trop souvent qu^une tête ennemie de Dieu, chargée d'ennuis, arrosée de larmes ; elles ne couronnent que des douleurs. Et secondement , il y manque encore une autre chose, c'est la durée. Donnassent-elles le bonheur, cène serait jamais que pour trente ans, que pour trois jours ! Après le plus beau règne, il les faut laisser sur son cercueil, avec son sceptre et son épée ; elles ne ceignent , après tout ^ qu'un cadavre! — Hais celle que je suis chargé d'annoncer^ en Jésus-Christ et delà part demonDieu,anxenfans comme aux vieillards, aux pauvres comme aux riches ; ah ! celle-là seule est la véritable^ car sçule elle porte les deux caractères qui manquent à toutes les couronnes de la terre. Premièrement, elle donne le bonheur; elle est elle-même le bonheur : cW « une couronne de justice,» comme l'appelle Saint Paul ; c'est « une couronne de gratuité et de compassion, » comme l'appelle David ^ c'est a une couronne d'allégresse, » comme rappelle un prophète. Et secondement, elle est éternelle; elle est elle-même l'éternité
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bianheareuse : c'est (cla couronne de vie, » c^est a la cou-^ *ronne immarcessible, » c'est « la couronne incorruptible de gloire » » comme l'appelle encore l'Âpôtre*
Mes Frères, « prenez donc gard9 que personne ne vouê » prenne eetie couronne ! » C'est la première réflexion où j'avais à cœur de vous faire entrer.
Et voici maintenant la seconde :
Ce qui doit aggraver , sans doute, et rendre frès-amère la douleur du malheureux monarque de la France et celle de sa famille , à la vue ûe leur chute et du sang qu'elle a fait répandre, ce sont les avertissemens nombreux qui leur ont été si vainement donnés depuis près d'une année, la se* roaine dernière encore ,et jusqu'à la veille du jour qui consomma leur ruine. — Que de fois il aurait pu suspendre la marche qui Ta perdu , et poursuivre uue carrière de paix^ comme l'un des plus heureux et des plus puissans souverains de notre siècle! Que dé fois son bonheur et sa gloire ont été dans ses mains , sans qu'il ait su les y retenir^ et que de souvenirs viendront dans son triste exil , lui faire enten«^ dre un reproche semblable à celui que le Seigneur adressait jadis à son peuple s « Ta ruine vient de toi , 6 Israël 1 1»
Appliquon9*nous maintenant ce tmt, tous tant que nous sommes*.
Depuis combien de temps Dieu vous fait avertir, Mes Frèresl Dans combien d'occasions il votis a fait dire : Encore aujourd'hui» encore en ce jour de dimanche, encore en cette communion , encore en ce jour de maladie , encore en ces jour» de deuil, pauvre a enfant, donno-moi ton cœur! » « N^ » veux-tu donc pas venir à mot, pour avoir la vie? » Que de fois par la force et par la clarté de ses avertissemens , n'a-t*iLpas semblé vousdire^ comme à Jérusalem : « Oh! si du