‹ Séro-diagnostic et séro-pronostic dans la pleurésie tuberculeuseChapitre 10 sur 40 · B. POUR OBTENIR DES CULTURES ET POUR INOCULER · texte numérisé non relu

B. POUR OBTENIR DES CULTURES ET POUR INOCULER

Dans ce cas, il faut observer une asepsie parfaite ; cette nécessité se comprend d'elle-même si l’on ne veut pas obtenir des résultats tout autres que ceux

VA cherchés. Il faut employer une seringue stérilisée, et, si l’on fait usage de l'aspirateur de Potain avoir soin de le stériliser en entier à l’autoclave avant de s’en servir.

Suivant l'importance de la ponction, M. Paul Courmont opérait de trois façons différentes (1).

1° Ponction eæploratrice simple. — Il se sert d’une seringue à piston d'amiante et contenant 5 centimètres cubes. Pour la conserver parfaitement aseptique il la place dans un tube à essai, l'aiguille plongeant dans de l’eau bouillie pour éviter le dessèchement du piston. Le tube est fermé en haut par une bourre de coton. Le tout est stérilisé à l’autoclave. Le coton qui ferme le tube empêche la contamination de l'instrument par les microbes et les poussières.

La contenance de cette seringue est bien suffisante pour l’ensemencement des cultures et la séro-réaction, mais elle est trop faible pour l’inoculation à un animal.

2° Ponction plus abondante. — On se sert dans ce cas d’une seringue contenant 20 centimètres cubes reliée par un tube de caoutchouc à une aiguille à ponction. Lorsque la seringue est remplie de liquide, il suffit de faire pincer le tube en le laissant en place relié à l'aiguille, de retirer la seringue et d’en vider le contenu dans des tubes ou des ballons à ensemencement, ou encore d’inoculer tout de suite au cobaye. H n'y à plus qu'à réajuster la seringue sur le tube

(4) Voir Ferru. Loc. cit.

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pour pouvoir faire une nouvelle ponction. Il est bien entendu que toutes ces manipulations doivent être faites dans les conditions d’asepsie les plus parfaites comme dans le cas précédent.

3° Ponction d'une grande quantité de liquide. — Le dispositif adopté dans ce cas est un peu plus compliqué, quoique en réalité fort simple. On se sert d’un flacon à trois tubulures. L'ouverture centrale est fermée par un bouchon traversé par un tube de verre qui reçoit le conduit aspirateur du Potain relié au trocart. L'une des tubulures latérales porte un second tube de verre recourbé en U renversé, allant jusqu’au fond du flacon à l'intérieur et terminé au dehors par une pointe eflilée fermée à la lampe; la tubulure du côté opposé est reliée au corps de pompe de l'appareil de Potain. On ponctionne le malade au point voulu et on fait le vide dans le flacon qui se remplit. Quand le liquide recueilli est en quantité suflisante, il suffit de fermer avec une pince le tube de caoutchouc allant au trocart et de comprimer de l’air par l’autre tubulure pour faire monter le liquide dans le tube de verre latéral dont on aura brisé la pointe extérieure. On peut ainsi conserver le liquide à l’abri des contaminations. Toutefois, ce dispositif présente un inconvénient : le caillot fibrineux, formé dans le liquide en repos, ne peut souvent pas passer par le tube eftilé et trop étroit; et c'est justement lui qui convient le mieux à l'inoculation, car il contient une plus grande quantité de germes tuberculeux que le liquide luimême. On y remédiera en employant le liquide le

mnt plus tôt possible, toutes les fois qu’on pourra le faire; dans les autres cas, si le caillot empêche l’écoulement du liquide par le tube, on pourra le dissocier par la méthode des perles de verre bien aseptiques (1).

Pour déterminer la nature tuberculeuse du liquide, trois procédés sont à notre disposition : l’ensemencement de bouillons placés à l’étuve à 37°, l’inoculation au cobaye et la séro-réaction.

Nous ne pouvons, sans sortir de notre sujet, entrer dans la description . détaillée des deux premiers moyens. Nous dirons seulement que l’ensemencement d’un ballon suivi de l'apparition de <ultures de bacilles de Koch ne peut laisser subsister aucun doute sur la nature de l’épanchement.

L'inoculation au cobaye, pour donner de bons résultats, doit être faite dans le péritoine à doses fortes comme le conseille Le Damany (2). En se servant de liquide frais et recueilli aseptiquement, suivant le procédé que nous indiquons plus haut, on obtiendra des résultats très satisfaisants. Toutefois, il vaut mieux, d'après les constatations faites par M. Paul Courmont, attendre deux mois avant de sacrifier l’animal. Avant ce délai les lésions produites sont souvent très peu appréciables ; il ne faut pas oublier, en effet, que la tuberculose des séreuses est en général, assez atténuée. Souvent même il faut inoculer en séries plusieurs cobayes pour acquérir la

(1) Ferru. Loc. cit.

(2) Le Damanv. « Recherches sur les pleurésies séro-fibrineuses. » Thèse Paris, 1897.

tire certitude sur la nature bacillaire du liquide de l’épanchement.

Dans tous les cas l’inoculation positive à un cobaye d’un liquide pleurétique nous permet, si elle détermine des lésions suflisantes, d'affirmer la nature tuberculeuse de l'affection. Mais un résultat négatif « n’a que la valeur d’une présomption contre l'hypothèse de tuberculose et ne nous fait pas considérer comme non tuberculeux des épanchements qui n’ont pas tuberculisé le cobaye » (1).

Reste enfin le dernier moyen, le séro-diagnostie, qui n’a pas non plus une valeur absolue, mais qui a sur les deux autres procédés les avantages suivants: « facilité, rapidité, sensibilité de la réaction dans les cas de lésions discrètes ou latentes » (2).

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