D GR
gicales que la thérapeutique jugera opportun d'opposer à la pleuro-tubereulose incidentée d’hématance où d’abcès pleural.
« On conçoit comment et combien, dans ce cas, la question pronostique se transforme; on conçoit combien de réserves doit garder le médecin, ignorant si le pleurétique saura faire les frais d’une affection qui menace d’être aussi longue et aussi erave, que, d'ordinaire, la pleurite séro-fibrineuse reste bénigne et simple.
« On conçoit combien d’incertitudes pèsent sur le plus ou moins de destruction organique et fonctionnelle avec lequel se retrouvera le pleurétique, au jour lointain de la guérison, alors qu'il aura eu à compter : parfois avec d’intarrissables suppurations, le plus souvent avec les interventions de la pleurotomie, interventions qui pour donner au pleurétique la vie sauve, ne vont pas d'ordinaire sans imposer à l'appareil respiratoire de partielles et irréparables destructions.
« Ces réserves faites, chez tout malade dont l’épanchement s’est révélé hématique ou purulent, le pronostic de la pleuro-tuberculose séro-fibrineuse, bénin en tant que pronostic immédiat, gardera une certaine sévérité, dès que, par delà la convalescence de la pleurésie, il s'agira d'envisager l'avenir du pleurétique.
I faut en appeler quoad futurum du pronostic toujours favorable que donnaient nos pères de la pleurésie simple, alors qu'ils n’envisageaient pas plus loin que l’épanchement. C’est en cela que les
oi
idées nouvelles concernant l’étiologie de la pleurésie ont une portée pratique considérable. Ayant sur la cause de l’épanchement une idée autre qu’en avaient nos pères, nous ne pouvons, en matière de pronostic, garder l'opinion sereine qu’ils prenaient de tous les malades atteints de pleurésie séreuse a frigore. En tant que /onction de bacillose pleurale, en tant que stigmate tubereuleux, l’épanchement le mieux guéri imprime une mauvaise note au casier sanitaire de l’ancien pleurétique : la valeur de son capital-santé s'en trouve à jamais amoindrie.
« Cette opinion que nous avons des pleurétiques, frayant dans le présent, menacés dans l'avenir de rayer avec la tuberculose, fait que la médecine militaire dans presque tous les pays, met aujourd'hui les pleurétiques en réforme, tout comme elle raie des cadres les tuberculeux atteints de tuberculose ouverte.
« C’est en vertu de cette opinion que nous considérons les anciens pleurétiques (surtout s’il s'agit des femmes) comme risquant d'arriver au mariage avec un état de santé hypothéqué. Nombre de ces malades, loin de brüler les étapes, se sont d'abord arrêtés à leur première affection pleuro-tuberculeuse : c’est seulement des mois et des années après, par l'étape de la tuberculose pleuro-pulmonaire, qu'ils s’acheminent à la phtisie. C’est parce qu'il en est ainsi que trop de pleurétiques guéris deviennent poitrinaires, la pleurésie étant — on ne saurait trop le répéter — celle des affections que lon
« trouve le plus communément dans les antécédents « personnels des phtisiques (1). »
Comme le fait bien remarquer M. Landousy, le médecin est en proie à bien des incertitudes quand il lui faut porter un tel pronostic, en se basant sur l'examen clinique de son malade. Or le Séro-pronos=— tic répondrait précisément aux desiderata de la clinique impuissante jusque là pour porter un pronostic quoad futurum. En pratique M. P. Courmont a plusieurs fois posé le pronostic du malade en se basant sur le taux de son pouvoir agglutinant. Pour le malade de l'observation 55 (tabl. IT) notamment, il porta un pronostic favorable alors que pour deux de ses voisins pleuro-tubercule’x comme lui, mais à agglutination nulle ou faible, le pronostic porté fut beaucoup plus réservé. Or, actuellement le premier malade est bien portant et a repris ses occupations de plâtrierpeintre alors que les deux autres sont morts.
Pour le malade de l'observation 66 (tabl. IT), l’agelutination presque nulle fit noter sur la feuille d’observation un pronostic défavorable qui fut plus tard confirmé par la mort du malade.
Sans vouloir faire de cette méthode un procédé infaillible et sans égal, nous estimons que le praticiens a tout intérêt à en tirer parti aussi bien pour l'avenir de ses malades que pour le souci de sa propre réputation.
(1) L. Lanxpousy et M. LABBÉ. « Traité de Médecine et de Thérapeutique publié sous la direction de P. Brouardel et A. Gilbert. » Paris, 1901.