‹ Séro-diagnostic et séro-pronostic dans la pleurésie tuberculeuseChapitre 6 sur 40 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique de la séro-réaction tuberculeuse.

Bien que nouvelle encore, puisqu'elle n’a vu le Jour qu'en 1898, dans le laboratoire de M. le professeur Arloing, la méthode de la séro-réaction tuberculeuse a suscité déjà de nombreux travaux de la part d'un certain nombre d’esprits chercheurs.

En 1898, M. Arloing rechercha l’aggelutination du bacille de Koch et l’appliqua le premier au séro-diaonostic de la tuberculose. Dans son compte rendu à l'Académie des Scicnces de Paris, en date du 9 mai 1798, il fit connaitre les résultats de ses travaux sur l'obtention des cultures liquides homogènes du bacille de la tuberculose, condition difficile sans doute, mais indispensable à la méthode (1). Dans une seconde communication, il montre que ces cultures étaient agelutinées par le sérum sanguin de certains animaux inoculés avec des bacilles tuberculeux atténués (2). La même année, au Congrès de Montpellier, il prouvait que la séro-agelutination pouvait servir à dia-

(4) S. ARLOING. «€ Sur l'obtention de cultures et d'émulsions homogènes du bacille de la tuberculose humaine en milieu liquide. » C.R. de l’Académie des Sciences. Paris, 9 mai 1898.

(2) S. ARLOING. € Agelutination du bacille de la tuberculose

vraie.» C. 22. de l'Acad. des Sciences. Paris, 16 mai 1898.

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gnostiquer la tuberculose humaine (1) et, dans une communication à l'Académie des Sciences de Paris, il montra que l'introduction dans le sang de la chèvre ae certaines substances chimiques, comme le gaïacol, la créosote, l’eucalyptol, le sublimé corrosif, faisait apparaitre le pouvoir agglutinant (2).

Un peu plus tard, MM. Arloing et Paul Courmont expérimentèrent sur des animaux, pour rechercher les causes qui modifient le pouvoir agglutinant (3). Les résultats de ces expériences furent publiés dans un compte rendu à l’Académie des Sciences de Paris, en septembre 1898. Dans les différents Congrès pour l’étude de la tuberculose à Paris (1898), Berlin (1899) et Paris (1900), l'exposition des résultats cliniques obtenus par application de la méthode de la séroréaction au diagnostic précoce de la tuberculose, fit l’objet de différentes communications du plus grand intérêt de la part de leurs auteurs MM. Arloing et P. Courmont. Le plus grand nombre des faits publiés à ce moment portait sur près de 400 observations de

(1) S. ArLoixG. « Agglutination du bacille de Koch par le sérum sanguin des tuberculeux. » Congrès de méd. interne. Montpellier,

(2) S. ARLOING. « Apparition dans le sérum sanguin, sous l'influence de produits chimiques, d'une matière capable d'agglutiner le bacille de la tuberculose vraie. » C. R. de lAcad. des Sciences. Paris, 31 mai 1898. e

(3) S. ArLoING et Paul Courmonr. « Des causes qui modifient le pouvoir agglutinant dans le sang des sujets expérimentalement tuberculeux. » Journal de physiol. et de pathol., 1900, n°1.

S. ARLOING. « Influence chez le chien d'une inoculation de bacilles de Koch très virulents sur le pouvoir agglutinant. » Soc. de Brol.,

ee) malades étudiés, principalement dans le service de clinique de M. le professeur Bondet, et celui de M. le professeur Teissier, à Lyon. Actuellement le nombre des cas observés par M. Paul Courmont dépasse 1400 (1).

Née à Lyon, la méthode du séro-diagnostic tuberculeux s'était rapidement répandue dans les autres Universités françaises, puis à l'étranger. À Bordeaux, MM: Mongour et Buard, s'inspirant des idées lyonnaises firent des recherches dans le même sens, et leurs résultats publiés dans le Journal de Médecine de Bordeaux et dans les Annales de la Société de Biologie vinrent confirmer ceux obtenus par les auteurs de la méthode.

Dès l’année 1898, à Lyon, M. Paul Courmont, se basant sur le principe établi par M. Arloing, eut l’idée de rechercher (2?) si l’agglutination des cultures liquides homogènes pouvait se produire avec les liquides des épanchements tuberculeux des séreuses comme elle se produisait avec le sang. Il obtint des résultats analogues, publiés depuis dans différentes

(1) S. ARLOING et P. CourMonT. « Recherche et valeur clinique de l’agglutination du bacille de Koch. » C. R. de l’'Acad. des Sce.; Cong. pour l'étude de la tuberculose, Paris 1898. — Séro-diagnostic de la tuberculose. Cong. pour la lutte contre la tuberc., Berlin, mai 1899. — L'agelutination du B. de Koch. Séro-diagnostic, Zeits. J. Tuberk. und Hoeilstættenwesen, 1900, Band I, Heît. I.

(2) Paul CourmonrT. « Action des épanchements des séreuses sur le bacille de Koch en milieu liquide. » Soc. de Biol., 28 mai 1898. — Séro-diagnostic des épanchements tuberculeux, Presse méd., 1 juin 1898 ; Congrès dela tubercul., Paris 1898.— Agglutination de B. de Koch par les épanchements tuberculeux. Séro-diagnostic, Arch. de mèd, expérim. et Soc. de Biol., nov. 1900.

communications à la Société de Biologie (mai 1898), aux Archives de Médecine expérimentale et d'anatomie pathologique (novembre 1900), et dans la thèse inaugurale de Feitu : « L’agglutination du bacille de Koch par les épanchements tuberculeux » (Lyon,1900). MM. Mongour (1), Buard (2) et Rothamel (3), à Bordeaux, Bendix (4), Frænkel (5), Beck et Rabinowitch (6), en Allemagne, Knopf (7), à New-York, signalèrent à leur tour des cas d’agglutination obtenus dans des épanchements tuberculeux des plèvres et du péritoine.

En 1898, dans une note à l'Académie des Sciences, Ferran, de Barcelone, signale la mobilité et l’agglutination des cultures liquides du bacille de Koch; mais il ne se préoccupe pas des applications au séro-

(1) Moxcour et Buarp. Soc, de Biol., 17 juin et 20 déc. 1899. Journal de médecine de Bordeaux, 17 déc. 1898 et 9 juillet 1899.

Moncour. Rapport à la réunion médico-chirurgicale des hôpitaux de Bordeaux, 1899.

(2) Buarp. « Séro-réaction tuberculeuse. Culture du bacille agglutinable. Étude spéciale chez l'enfant.» Th. de Bordeaux 1900. Journ. de physiol. et de pathol., sept. 1900. Séro-réaction tuberculeuse, Gaz. hebd. des se. mèd. de Bordeaux, sept. 1900.

(3) RoTHAMEL. « Agglutination du bacille de la tuberculose prin, cipalement chez les tuberculeux cachectiques. » Th. de Bordeaux, nov. 1899.

(4) Bexpix. € Zur Sero-diagnose der Tuberkulose. » Deutsch. med. Wochen, 5 avril 1900, p. 224.

(5) FRÆNKEL. « Séro-diagnostic de la tuberculose d'après les recherches de S. Arloing et de Paul Courmont. » Hygien. Rundschau, 10 juillet 1900. |

(6) Beck et RaBinowiren. Deutsch. med. Wochen, juin 1900, 11825:

(7) Kwopr. Q Early recognition of pulmonary tuberculosis. » Journ. of the Amer. med. Assoc., déc. 1899,

IDE diagnostic. Dubard (1) de Dijon, apporte au Congrès de Paris, 1898 (sur l’agglutination des bacilles tuberculeux), une longue série de conclusions et d’affirmations qui laissent peu de place à la discussion, sinon à la critique, par leur brièveté et l'absence de détails, et dont il ne déduit d’ailleurs aucune conclusion positive en faveur du séro-diagnostic.

En 1900, M. Paul Courmont, faisant connaître les résultats obtenus en deux ans dans un certain nombre d'épanchements tuberculeux etsurtoutdes plèvres (2), indiquait déjà la coïncidence fréquente des cas graves avec l'absence ou la faiblesse de la séro-réaction, et posait, en quelque sorte, la notion du « séro-pronostic ». Ce sont ces observations reprises par nous et augmentées qui ont servi de point de départ à notre étude.

Depuis cette époque d’autres auteurs ont à leur tour étudié la question de la séro-réaction tuberculeuse et leurs travaux sont venus confirmer pleinement les premiers résultats obtenus.

En 1901, Widal et Ravaut firent connaître les résultats de leurs recherches sur l’agglutination du bacille de Koch comparativement à l'étude cytologique des liquides d’épanchements séro-fibrineux de la plèvre (3).

(1) Paul Courmoxr. « L’agglutination du bacille de Koch par les épanchements tuberculeux (séro-diagnostic). » Archices de Méd. expériment. et d'anat. pathol. n° 6, novembre 1900.

(2) Dusarp. ( Agglutination des bacilles de Koch. » ZV* Congrès de la tuberculose, août 1898.

(3) WipaL et Ravaur. « Recherches sur l’agglutination du bacille de Koch et le cyto-diagnostic dans vingt-quatre cas d'épanchements séro-fibrineux de la plèvre. » Congrès de la tuberc., Londres 1901.

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En 1902, à Lyon, MM. Weill et Descos (1) étudièdièrent la séro-réaction tubereuleuse chez l'enfant. Plus tard, en Italie, Marzagalli et Caffareno (2),

Marchetti et Stefanelli (3), en Belgique, de Nobele et Beyer (4) et, avant eux, Kazarinov (5), en Russie, apportèrent tour à tour à l’appui des idées lyonnaises toute une série d'importants mémoires sur la même question.

(1) E. Waæz et A. Descos. « Cytologie et séro-diagnostic tuberculeux. » Bull. de la Soc. Mèd. des Hôp, de Lyon, 14 mars 1902.

A. Descos. « Le séro-diagnostic de la tuberculose chez les enfants. » Thèse de Lyon, 1902.

(2) MARZAGALLI et CAFFARENO. © Sur l’agglutination du bacille tuberculeux. » XZI° Congrès de la Soc. italienne de méd. interne. Rome, 28-31 octobre 1901.

(3) MARCHETTI et STEFANELLI. ( Sulla siero-reazione tubercolare. » Rivista critica di clinica médica, n° 42, 43 et 44, 1903.

(4) De NoBgce et BEYER. ( Recherches sur la valeur de l'agglutination du baciile d’Arloing et P. Courmont au point de vue du diagnostic précoce de la tuberculose. » Soc. de Méd. de Gand, 3 décembre 1901; et Zmprim. Eug. Van der Hæghen, Gand 1902.

(5) KazARINov (G.-N.). « Contribution à l'étude du séro-diagnostic de la tuberculose. » Rousski Wratch., 15, 17, 27 octobre 1901.

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