CONCLUSIONS
Injection sous-cutanée. — Les injections souscutanées de sérum antitétanique n’ont de valeur qu’en cas de tétanos à début relativement tardif, à marche lente ou chronique.
Elles sont impuissantes à l'égard des formes aiguës. En cela la clinique se montre d'accord avec l’expérimentation. : |
Néanmoins, nous avons là une méthode simple, expéditive, facile à pratiquer par tous et qui peut rendre de réels services parce qu’elle permet d’injecter le sérum à hautes doses, et d’en renou veler l’emploi aussi souvent qu'il est nécessaire.
Injection intra-veineuse. — Les injections intraveineuses présentent une légère supériorité sur les précédentes en cas de tétanos aigu. Mais nous savons combien peuvent être graves et dangereuses les interventions sur les veines et c’est pour cette raison que nous ne les utiliserons pas.
Injection intra-cérébrale. — Expérimentalement cette méthode est d’une grande efficacité.
Sur 45 cobayes rendus tétaniques et traités ainsi par Roux et Borrel, 35 ont survécu tandis que sur
ir 0e
15 cobayes, qui avaient reçu le sérum sous la peau à doses beaucoup plus fortes, 2 seulement sont restés vivants.
Les résultats obtenus chez l’homme ne sont pas aussi favorables à cette méthode, et maintes fois elle a provoqué des accidents et entraîné la mort des malades.
Cette voie nécessite en effet un acte opératoire toujours sérieux et dangereux, du fait même du traumatisme cérébral inévitable, d’où apparition de troubles cérébraux tels que délire, hallucinations, crises, convulsions, formations d’abcès.
Voilà pourquoi cette voie est à l’heure actuelle à peu près abandonnée.
Injection nerveuse. — Elles n’ont guëre été employées en France. Elles nécessitent une intervention chi-urgicale, souvent difficile et longue.
Injection sous-arachnoïdienne. — Nous donnons la préférence aux injections sous-arachnoïdiennes pour les raisons suivantes :
a) Ces injections sont à la portée de tous et facilement acceptées par les malades ;
b) Elles ne présentent aucun danger ; nous savons, en effet que l’on peut retirer une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien et le remplacer par une égale quantité de sérum, sans préjudice aucun pour le malade ;
c) En injectant notre sérum dans la cavité sousarachnoïdienne, nous l’iujectons « au bon endroit ». C'est, en effet, dans cette cavité que baignent les
Go
racines rachidiennes, conductrices de la toxine tétanique (Expériences de MM. Marie et Morax).
Nous mettons donc en contact direct et immédiat notre toxine et notre antitoxine, notre but est d'empêcher le poison d’arriver au centres nerveux et de produire de nouvelles lésions. Nous lui opposerons une barrière infranchissable sur laquelle il viendra se buter et se détruire.
Elaborée au foyer d'infection la toxine arrive aux centres nerveux par décharges, par intermittences il faudra donc que notre antitoxine soit toujours présente et c’est pour cela que nous renouvellerons les injections ;
d) Les résultats fournis par la clinique lui sont favorables. Rollin rapporte 20 cas de tétanos traités par les injections sous-arachnoïdiennes d’antitoxine, ‘avec 15 guérisons et 5 insuccès, ce qui représente un pourcentage de 55 oJo de guérisons, chiffres supérieurs à ceux donnés par les méthodes sous-cutanée, intra-veineuse ou intra-cérébrale ;
e) Nous ferons notre ponction et notre injection, en suivant les préceptes classiquesentre la troisième et la quatrième vertèbre lombaire, sur le trajet d’une ligne horizontale réunissant les points les plus élevés des crêtesiliaques.
Vu: le président de la thèse, RECLUS Vu : le Doyen, LANDOUZY
Vu, et permis d'imprimer, Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,