‹ Sérothérapie curative antitétanique: Voie sous-arachnoïdienneChapitre 3 sur 19 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Ces vingt dernières années ont vu successivement | la découverte de l’inoculabilité du tétanos (Carle et Rattone, 1884), la découverte de son agent pathogène (Nicolaïer, 1884), et la culture pure du bacille obtenue enfin par Kitasato en 1889.

Ce furent ces découvertes qui amenèrent les travaux de Kund Faber, sur la toxine tétanique (1890), ceux de Behring et Kitasato (1890), de Roux et Vaillard (1892) sur la sérothérapie antitétanique.

Traitement ancien

Ignorant donc la cause du tétanos les anciens chirurgiens étaient fatalement voués à l’empirisme, quand il s'agissait d’instituer un traitement. C’est ainsi que nous voyons À. Paré plonger ses tétaniques dans du fumier, Quant aux remèdes proprement dits, les mercuriaux, les émétiques, les purgatifs eurent tour à tour leur période de faveur.

Puis l'attention des chirurgiens se porta sur la plaie, cause de la maladie et sur les contractures, symptômes d cette même maladie ; c’est alors que

l’on institua le traitement médical et le traitement

chirurgical,

Moyens médicaux

. La première indication était l'isolement du malade :

il était placé dans une chambre obscure, tout bruit lui était évité, et il ne fallait pas l’interpeller brusquement. Disons que ces préceptes, qui font partie du: traitement ancien, sont encore bons à formuler aujourd'hui,

Pour calmer les crises, on prescrivit tour à tour l’opium, la belladone, la jusquiame, l’éther, le chloroforme. Mais ces différents médicaments cédèrent peu à peu le pas au chloral, dont l’action sur l’excitabilité réflexe de la moelle a rendu et rend encore des services signalés pour l’atténuation des contractures,

Moyens chirargicaux

L’amputation, préconisée par Larrey, en Egypte, défendue par le professeur Berger en 1892 devant. l’Académie de Médecine, est un moyen de guérison par trop radical et que l’on ne peut accepter comme règle de conduite générale. Certes, l’idée d’enlever radicalement le foyer traumatique, afin d'empêcher la propagation de la toxine tétanique est fort juste, mais il faudrait pratiquer l'amputation à l’appari-

tion des premiers symptômes. Or, nous. savons aujourd’hui que, même à ce moment, il est déjà trop tard, puisque la toxine a atteint les centres nerveux. Il faudrait alors pratiquer l’amputation à titre préventif ; mais qui osera proposer ou accepter pareil sacrifice pour une blessure insignifiante d’un doigt ou d’un orteil.

Cependant la désinfection de la plaie ne sera pas chose inutile, car nous.savons que le bacille de Nicolaïer végèle mal dans un foyer à ciel ouvert.

Sérothérapie du tétanos

Les travaux de Richet et Héricourt avaient ouvert la voie aux recherches sur le pouvoir immunisant des sérums d’animaux rendus réfractaires à une septicémie spéciale, mais ce furent Behring et Kitasato qui firent l'application de ce principe au tétanos et à la diphtérie. Ces deux auteurs, auxquels revient l'honneur d’avoir découvert le sérum antitélanique, publièrent leur premier mémoire en décembre 1890.

Puis vinrent en 1892 les travaux de Brieger, Kitasato et Vassermann, de Tizzoni et Catani, de Roux et Vaillard.

Sérothérapie préventive

Aflirmée par Behring et Kitasato dans leur premier mémoire, cette propriété du sérum antitétanique a été admise par tous les auteurs qui se sont occupés de la question. Toutes les expériences de laboratoire lui ont été favorables.

En 1893 Roux et Vaillard démontrèrent que les animaux peuvent être préservés du tétanos par l'injection de sérum antitoxique, et ils concluent ainsi :

me 13 —

«La réussite de la prévention dépend de la quantité de sérum injectée, du temps écoulé entre l’injection et l’intervention, du tissu où le bacille végète. »

En 1895, Nocard fait connaître les premiers résultats obtenus en vétérinaire.

Ces résultats furent si merveilleux qu’ils encouragèrent les médecins à marcher dans cette voie.

En 1896, Bazy porte la question devant la Société de Chirurgie. À Îla suite de quatre cas de tétanos qui

se déclarèrent dans son service à Bicêtre, il résolut

d'appliquer l'injection préventive de sérum (10 centimètres cubes) à tous les traumatismes avec plaie. D'autres chirurgiens suivirent son exemple. et sa méthode se répandit dans tous les services.

Les résultats en furent proclamés au Congrès français de Chirurgie de 1902, où nous voyons tour à tour J. Championnière, Bazy, Schwartz, Guinard, Manoury, Vallas, Reboul affirmer ne plus voir le tétanos, grâce à l’injection préventive de sérum chez tous les sujets, porteurs de plaies suspectes, et Vallas concluait ainsi, en terminant son rapport :

« Un fait indubitable se dégage : c’est la prévention possible de cette redoutable maladie. La sérothérapie préventive possède une action certaine. Le traitement préventif est formellement indiqué, dès que l’on se trouve en présence d’une plaie suspecte. L’abstention en pareil cas est une faute. »

En 1906, Kraft, de Lausanne, porta de nouveau la question devant le Congrès français de Chirurgie,

Malgré ces témoignages le doute persiste encore

ie

dans certains esprits, et alors s'engage la lutte entre les partisans et les adversaires de cette méthode prophylactique.

Les partisans des injections préventives s’appuient sur les faits suivants :

1° Sur Ja démonstration fournie par Nocard en médecine vétérinaire ;

2° Sur les résultats obtenus dans leurs services à la suite d’injections de sérum antitétanique à tout porteur d’une plaie suspecte. C’est ainsi qu'ils ont vu disparaître la terrible maladie.

A cela M. Thierry a objecté qu'il obtenait des résultats aussi concluants par l’abstention ; Reynier a réuni un ensemble de 41 cas, dans lesquels le tétanos est apparu plus ou moins longtemps après l’injection de sérum : « Devant ces faits positifs, n'ayant que des faits négatifs à objecter, il faut, dit-il, avoir une foi bien robuste pour continuer à affirmer scientifiquement la vertu prophylactique des injections de sérum antitétanique (1). »

Le même auteur ajoute que l’on ne peut s’appuyer sur la prophylaxie du tétanos en médecine vétérinaire, Car chez les animaux, le sérum est injecté avant une intervention opératoire, tandis que chez l'homme, le sérum intervient toujours quelques heures après le traumatisme.

Enfin Delbet a émis l'opinion que, du fait de sa

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