‹ Serrurerie du moyen-âgeChapitre 40 sur 52 · PLANCHE XXXII · texte numérisé non relu

PLANCHE XXXII

MUCHELNEY.— HEVER - HA WSTEAD.

Les deux premiers objets représentés sur cette planche offrent un caractère et des procédés de fabrication dont les planches précédentes n'ont pas encore présenté de modèles. Ces poignées sont faites avec des fils de fer élégamment entrelacés et tordus. La première, composée de deux espèces de cœurs passés l'un dans l'autre, est suspendue à la porte du presbytère de Muchelney, dans le comté de Somerset. La seconde terminée par un marteau prismatique, dont la tête est enjolivée de hgnes et de pointillés frappés au pointeau, sert de heurtoir à la grande porte du château d'Hever, dans le comté de Kent. On remarquera qu'il est attaché par deux pivots. Voici un autre marteau trouvé dans le même comté, à Stockbury, qui présente la même particularité.

On trouve aussi en France des exemples analogues de l'emploi du fer tressé. M. César Daly a donné dans sa Bévue de V architecture une planche oii sont figurés six poignées et heurtoirs de porte des XV^ et XVP. siècles. Trois d'entre elles sont en fils de fer entrelacés. L'une d'elles se trouve " à la porte de l'escalier des orgues de l'église S. Jean à Troyes. " C'est," dit M. Daly, " un curieux modèle de simphcité, de bon sens et de gentillesse. Un simple fil de fer est gracieusement tordu en nœud, et voilà une poignée de porte parfaitement entendue." La seconde, stockbu.y, Kent.

oii le fil de fer compose une sorte de tresse, se voit aussi " à Troyes, à la porte de la sacristie de la cathédrale; un morceau de drap rouge sert à donner plus d'importance et de relief à la tête

d'animal qui tient la poignée." La troisième de ces poignées, tressée en fil de fer, est attachée à la porte de "la sacristie de S. Etienne à Toulouse : . . . porte . . doublée entièrement de tôle comme la porte d'un trésor V

On trouvera encore pi. 35, un exemple de ces fils de fer tortillés.

Enfin nous avons trouvé la poignée ci-contre, également en fil de fer, à la porte du porche de réglise de Reuilly, près d'Evreux.

La troisième figure de cette planche représente une poignée marteau en anneau, attaché par une boucle à la porte méridionale de PégUse de Hursted, Sufîblk. Une coquille, une étoile et un T en relief sur cet anneau sont des emblèmes héraldiques. L'étoile et le T se retrouvent efîectivement en chef dans les armoiries de la famille de Drury : or un Drury a été le fondateur de la tour de cette église. Quant à la coquille, sa signification est moins certaine : on peut noter cependant que dans la ville voisine de Bury il y avait une église paroissiale de S. Jacques, et on sait que la coquille est l'attribut ordinaire de ce saint.

En France, beaucoup de heurtoirs ont été également armoiries ; on en voit un au Musée de Troyes qui a été figuré dans l'ouvrage de M. Arnault sur les antiquités de cette ville. Ce beau marteau provient d'une maison, aujourd'hui démolie, qui appartenait à la famille Hennequin. Il représente un jeune enfant debout, tenant un écusson aux armes de cette famille; c'est un intéressant spécimen de l'art de la serrurerie au XV^ siècle "".

1 Revue générale de V Architecture et des travaux " Magasin pittoresque, t. xxiii., p. 255, article

publics, t. X. p. 194, pi. 10. de M. Guenébault.

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