‹ Serrurerie du moyen-âgeChapitre 41 sur 52 · ANNEAU A MOISSAC · texte numérisé non relu

ANNEAU A MOISSAC

L'anneau représenté ici, et qui décore une porte à Moissac, appartient à un type qui fut en vogue du XIP. au XIV^ siècle. Au lieu d'être fixé sur un sens par une charnière, de manière à ne pouvoir se mouvoir que d'arrière en avant et d'avant en arrière, comme le sont encore les marteaux de nos portes cochères, dont tout le jeu se réduit à un mouvement de bascule et à une oscillation autour d'un pivot, ces grands anneaux suspendus aux portes de quelques églises aux XIP. et XIIP. siècles, flottent librement dans la large boucle de fer dans laquelle ils sont passés. Au lieu de s'abattre sur un point à la manière des marteaux, ils se balancent et restent suspendus à deux ou trois doigts de distance du ventail de la porte, en sorte qu'il est facile de les saisir à pleine main. Une large platine en forme de disque est clouée d'ordinaire sur le bois à l'entour de la boucle qui les retient. L'anneau de Moissac avec ses découpures ou dents de scie parait être du XIF. siècle, mais comme dans le midi de la France l'ornementation romane s'est perpétuée plus longtemps, il pourrait appartenir au siècle suivant. Il y a un anneau de ce genre au côté intérieure d'une porte avec ferrures du XIIP. siècle par laquelle on entre de la cour d'Albane à Rouen dans une salle basse qui dépend de l'ancien cloître de la cathédrale. Cet anneau de Rouen en fer rond, a un diamètre d'environ un demi-pied : sa boucle ou lasseret est côtelée comme celle de l'anneau de Moissac, et comme les vertevelles ou crampons de plusieurs anciens verroux. Nous reproduisons ici un autre anneau de même espèce et également '^lf$:^'^^-^''^% en fer rond déjà pubUé dans le Glossaire, v"". "Escutchon."

MM. Lassus et Viollet-le-Duc ont fait décorer chacun des deux vantaux de la porte de la nouvelle salle capitulaire qu'ils ont construite au midi de Notre- Headington.o.on. Dame de Paris, avec une reproduction de ces grands anneaux flottants en fer rond, et nous-même, nous avons fourni un dessin analogue au

serrurier chargé de ferrer une porte neuve pour l'église de Saint-Taurin d'Evreux.

On peut rapprocher de cet anneau de Moissac un superbe anneau en fer ciselé attaché à Tune des portes intérieure de la cathédrale de Bourges, et figuré dans le Magasin pittoresque, vol. de 1855, p. 157, par M. Guenébault, qui en possède un moulage. Cet anneau de Bourges est l'un des plus riches morceaux du XIIP. siècle, mais il n'est pas flottant comme ceux de Moissac et de Rouen. Une tête de chien le retient entre ses dents : elle est placé au centre d'un disque décoré de quatre feuilles et de trèfles découpés entre lesquels on a exécuté des ciselures variées. L'anneau lui-même en fer prismatique comme celui de Moissac, est couvert de riches broderies, ou d'espèces de galons concentriques, chargés de losanges et d'élégants feuillages.

M. Guenébault a donné aussi dans le même article une belle figure du heurtoir en anneau de la porte principale de la cathédrale de Trani, ville d'Apulie, attribué à l'année 1160, d'après l'ouvrage pubhé par M. Huillard-Breholles aux dépends de M. le duc de Luynes, sous le titre de Recherches sur les monuments et r histoire des Normands et de la maison de Souabe dans V Italie méridionale^. Un autre marteau du XIP. siècle appartenant à la cathédrale de Troja, est également figuré dans les splendides gravures de ce savant ouvrage. Mais ces marteaux étant en bronze ne se rattachent qu'indirectement à l'art de la ferronnerie.

" Quatre volumes in-folio.

SX

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